Textes et Prédications - Prédication 2018

 

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Prédication 2018

Dimanche 28 janvier 2018  -  par Ruth-Annie Coyault

Culte du 28 janvier 2018. L’autorité de Jésus : Quoi entre toi et moi ?
Dt 18,15-20 ; Ps 95 ; 1 Co 7,32-35 ; Marc 1, 21-28

Le récit de Marc se place tout au début du ministère de Jésus. On connaît la concision de l’évangéliste Marc. Il va droit à ce qu’il considère comme l’essentiel. Pas de récit de la naissance de Jésus. Le récit de la tentation est réduit à 2 versets. Quel est cet essentiel pour Marc ? Quel est le contenu de son premier chapitre ?

1.    Replacer le texte dans les autres textes : une lecture dite canonique pour mieux souligner le message, la pointe du texte

L’évangile s’ouvre sur l’annonce de Jean-Baptiste : « Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi et je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers. Moi je vous ai baptisé d’eau ; lui, il vous baptisera du Saint Esprit.  Puis vient le baptême de Jésus dans le Jourdain. Jean témoigne avoir  « vu les cieux s’ouvrir et l’Esprit descendre su lui comme une colombe. Une voix fit entendre des cieux ces paroles : Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai mis toute mon affection ».

Puis Jésus est poussé par l’Esprit au désert. Il y est tenté 40 jours. En 1 verset, on apprend que Jean est arrêté et que c’est le début du ministère de Jésus. Il commence ici en Galilée : « le temps est accompli (c’est le kairos de Dieu), le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ».

Il appelle deux pêcheurs de la mer de Galilée : Simon et André, puis deux autres : Jacques et Jean. Ils laissent tout et le suivent.

Et voici notre texte. Le retrouve-t-on ailleurs ? Comment commencent les autres évangiles ? Chez Matthieu, non, chez Jean, non plus. Chez Luc oui, mais ce n’est qu’au chapitre 4. Pourquoi Marc place-t-il dans son premier chapitre, ce texte et que veut-il souligner ?

On va le voir, la question fondamentale posée dès le chapitre 1 concerne l’identité de Jésus de Nazareth. Quoi entre nous et toi ? « ti êmiv kaï soï ?» Tout l’évangile de Marc pose cette question et tente de répondre. Qui est-ce ? En quoi est-il différent de nous ? Il a une famille, un métier, il n’est ni spécialement fort ou instruit. Il n’est pas riche. Alors quoi ? Pourquoi parle-t-il ainsi ? D’où lui vient cette autorité ? Car, pense le peuple qui l’écoute, « il ne parle pas comme les scribes » Ils sont frappé de sa « doctrine ».

Jésus par son baptême, a initié le passage de la mort à la vie. Il annonce sa mort et sa résurrection qui vont le révéler parfaitement au croyant : A l’avant dernier chapitre (15), le centurion reconnaît au pied de la croix de Jésus, alors que Jésus vient d’expirer (Mc 15, 39) : « Assurément, cet homme était Fils de Dieu ». Progressivement, tout au long de l’évangile de Marc, (comme tout au long de nos vies), l’identité de Jésus, vrai homme et vrai Dieu va se révéler.

2.    La question essentielle pour Marc : qui est cet homme qui parle avec autorité ?

Récit : Les quatre premiers disciples et Jésus se rendent à la synagogue de Capernaüm, le jour du sabbat.  Jésus enseigne, selon la coutume juive. Il commente la Torah. Ici Marc ne rappelle pas de quel texte il s’agit. Mais il écrit : « ils étaient frappés de sa doctrine ; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes ». Son autorité, sa doctrine ? » Oui, il enseigne (didaskei, Mc 1,21,22). C’est répété deux fois. Les scribes (les grammatikoï, les grammairiens…) enseignent eux aussi, ce sont des savants. Mais ici, avec ce Jésus sorti dont ne sait où, l’enseignement  est différent ( sa doctrine, sa didakê): « Il enseigne comme ayant autorité, et non pas comme les scribes ».

L’autorité ? exousia : le mot signifie « le pouvoir de faire une chose, d’où la liberté, la faculté, le pouvoir de faire », c’est un terme juridique. Il se compose de ek, hors de, à partir de, et de ousia : « l’essence, l’existence première ». Au lieu de parler ici d’autorité, on pourrait traduire « il enseigne à partir de l’essence », ou « il enseigne sur l’essence, sur l’essentiel », ce qui va faire sortir de soi, de son humanité limitée, et même de son tombeau. L’autorité fait grandir, dit-on souvent. C’est un peu cela ici.  

La prédication de Jésus ne laisse personne indifférent, et suscite même une réaction violente d’un homme que Marc dit « impur dans son souffle, dans son esprit » (en pneumati akatharto). Il s’écrie d’une voix forte : « quoi pour nous et pour toi ? Quoi en nous et en toi ? (ti êmiv kaï soï ?)». Qu’est-ce qui est si différent entre nous et toi ? En Marc 5,7, on a exactement les mêmes mots pour l’homme de Gadara, de l’autre côté de la mer. C’est aussi un homme « impur dans son pneuma ». Il sort des sépulcres. Dans ces 2 cas, c’est l’homme à l’esprit impur qui pose la question.

On peut remarquer que dans l’évangile selon Jean, tout au début aussi, après le prologue, la même question est posée par Jésus à Marie, à Cana : « Quoi entre toi, Marie, ma mère, et Moi, Jésus ? Mon heure, mon kaïros n’est pas encore venu ! »

Que ce soit ces deux hommes impurs qui posent la question de la distance entre eux et Jésus, ou Jésus qui pose à Marie la question de la distance entre elle et Lui, c’est bien l’identité de Jésus qui est en jeu ici. Qui est-il ? Il n’est pas seulement le fils de Marie, il est celui à qui les démons, la mer et le vent obéissent.

« Je sais qui tu es, le Saint de Dieu » (v 24) : « oida sé tis eï, o agios tou théou ». C’est juste. Jésus est Le Saint (sacré, consacré, mis à part par l’onction, par l’Esprit Saint, l’auguste de Dieu). Jésus vient en effet de recevoir l’onction du Saint Esprit au baptême. Les cieux se sont ouverts et la voix du Père a authentifié le choix, l’a consacré, comme l’annonçait Esaïe : « Il m’a consacré, mis à part, je suis le Saint, pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres ». Par son essence même, il est mis à part. Il est différent, Tout autre. Il est au milieu, rien ne diffère, cependant tout est Autre : Sa Parole, son enseignement, ses actes en témoignent : « Il dit et la chose arrive, il ordonne et elles existent » disait le psalmiste. Cette Parole est accomplie en Jésus. Sa Parole fait advenir, exister, sortir de la mort. Elle a autorité.

Mais qui a cette connaissance ici ? C’est un homme impur en son pneuma, mais surtout il dit : « Je sais ». Et il ajoute : « tu es venu pour nous perdre ». Qui parle en cet homme ? Qui semble blasphèmer ? Il suggère que Jésus est venu non pour sauver, libérer, guérir, mais perdre ! Mais qui Jésus est-il venu perdre ? Non pas les pécheurs, mais l’auteur du mal, son armée, celui qui est nommé dans la Bible, le diviseur, le menteur, l’accusateur, le démon, le diable…C’est celui qui est à la source de la révolte contre Dieu. C’est le menteur qui donne une image fausse de Dieu : celle d’un Dieu qui se venge, qui envoie la souffrance et le malheur, l’auteur de la mort. Ce menteur projette son image à lui sur celle de Dieu. Bien au contraire, Dieu est créateur et Père, il a envoyé cet homme de Nazareth, Son Fils bien-aimé, pour sauver, guérir et libérer.

Alors que personne encore ne sait qui est Jésus réellement, la voix qui sort de cet homme dit savoir qui il est, le Saint, choisi par Dieu pour perdre les puissances de morts. La voix qui parle ainsi révèle son origine. Ce « nous », c’est celui qui détient cet homme dans les tombeaux, dans la mort. C’est un esprit de mort, de ténèbres, qui secoue l’homme avec violence, crie en sortant de lui, à la voix de Jésus.

Jésus, par ces quelques mots « Tais-toi, sors de cet homme » (v 25), libère l’impur dans son pneuma. Il le fait sortir du tombeau. C’est le même mot que prononce Jésus devant le tombeau de Lazare, son ami : « Lazare sors, sors de la mort, relève toi » (Jn 11,43).  

3.     Qui Jésus est-il venu sauver et libèrer ?

Dans ce texte, il est parlé d’un homme impur dans son pneuma. Il l’est tellement que le mal parle à travers lui et qu’il vit dans des lieux de mort. Le possédé de Gadara l’est aussi. Mais les rapprochements que nous avons faits au début, avec Lazare en particulier qui sort du tombeau, et tout le reste de l’évangile,  montre que Jésus est venu pour tous les hommes, d’hier et d’aujourd’hui.

En tout homme et toute femme, se font entendre des voix de mort ou de tentation de mort, plus ou moins fortes : des voix de doute sur la bonté de Dieu, sur Sa paternité, sur le Salut apporté par Jésus. Il y a aussi des voix insidieuses de tentation pour faire pencher vers ce qui ne conduit pas à la vie, mais enchaîne peu à peu et sépare de Dieu. Il y a aussi cette tristesse qui le matin, pointe son nez, le découragement, l’amertume, la comparaison mortifaire, le regret… Combien sont nombreuses en chacun de nous ces voix qui ne mènent pas à la vie. Nos paroles le montrent bien souvent. Si nous les laissons s’installer chez nous, elles nous envahissent peu à peu. « Qui me délivrera de ce corps de mort ? » s’écrie Paul (Rm 7,24). Et très vite il répond au verset suivant: « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! ».

Comme Paul, nous pouvons nous écrier aussi « qui me délivrera ? », mais très vite aussi nous devons affirmer « Grâces soient rendues à Jésus Christ ».

Quand j’étais petite, nous avions un disque pour enfant qui disait « Quand le diable vient te dire, sois méchant  il faut lui dire : non non non, vilain satan, je marche en avant »…

Aujourd’hui encore, par notre baptême, nous avons été plongés dans la mort et la résurrection de Jésus-Christ. En Lui, par Lui et pour Lui, nous nous regardons comme morts au péché et vivants pour Dieu, en Jésus-Christ » (Rm 6,11). Nous avons reçu autorité en Son Nom pour refuser d’écouter ces voix, les refuser dès qu’elles tentent de s’infiltrer et de s’installer en nous. Dans les premiers temps de l’Eglise, le baptisé adulte prononçait avec force sa renonciation à Satan. C’est encore le cas aujourd’hui, en particulier dans l’Eglise catholique, même pour des enfants. Chaque confession de foi de chaque dimanche, est aussi le renouvellement du choix que nous faisons pour nos vies.

Peut-être me direz-vous ? Mais Dominique, on ne croit plus au diable, aujourd’hui ! Tout cela, ce sont des représentations de temps d’obscurantisme. Eh bien, je vous dirai que tout me dit le contraire. Dès que j’ouvre ma radio, ma télévision, mon smart phone, dès que j’écoute un peu ceux qui m’entourent, qui souffrent, tout le mal qui sévit sur la terre, cet esprit et ces structures de mort et d’injustice dont parlait le Pape Jean-Paul II, je dis non. Le diable n’a sans doute pas les pieds crochus et les représentations du Moyen Age ne sont sans doute pas exactes. Mais la réalité est là. Il y a des puissances de mort à dénoncer avec l’autorité de Jésus.

Ce texte est là pour ouvrir une réflexion à poursuivre ensemble. Aujourd’hui, l’Eglise occidentale s’interroge sur ce thème de l’autorité de Jésus, de sa parole sur le mal qui est en nous et autour de nous. L’Eglise veut retrouver sa mission première qui est d’annoncer la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui ne fait pas que parler, mais qui agit, et transforme le cœur de l’homme.

L’annonce de la bonne nouvelle du salut au monde, à nos enfants, collègues, amis non croyants, petits enfants, est joyeuse car Jésus libère aujourd’hui encore de ce qui nous entrave. Il parle encore avec autorité, et redonne la vraie essence, l’être fondamental de vie à chacun. Il fait sortir des tombeaux et ouvre à la vie, au pardon, à la réconciliation, vis-à-vis de nos familles, de nos couples, amis, paroisses et entre les Eglises. « Car rien n’est impossible à Dieu, en Jésus ressuscité et vivant aujourd’hui parmi nous. »

A chacun de nous est posée cette question : Crois tu que ce Jésus parle encore avec autorité, que sa parole est agissante  et libère comme elle le faisait en Galilée, au bord du lac ? Veux-tu entrer dans cette espérance et cette assurance de la foi en Jésus Sauveur et libérateur ?

Silence et cantique.

Je vous invite à dire maintenant ensemble à voix forte, « Je crois en Dieu… », comme une proclamation de notre foi et une ouverture nouvelle à l’action de Dieu dans nos vies.

 

 

 

 

Publié le 07/02/2018 @ 19:25  
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