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Dimanche 26 juin 2016 - par Flemming Fleinert-Jensen

PREDICATION DU 26 JUIN 2016 AU TEMPLE DE VERSAILLES
Luc 9, 51-62   -  Le bon sens

Cette prédication a pour titre « le bon sens » - expression à double signification. Elle signifie soit la bonne direction, soit ce qui est raisonnable, le « common sense » anglais ou « c’est du bon sens » français. Ces deux significations sont engagées dans le texte de l’évangile pour aujourd’hui. Elles concernent d’abord Jésus lui-même et ensuite nous qui écoutons ses paroles.

Jésus. Sans vouloir commenter le texte de A à Z, je voudrais m’arrêter sur une phrase tout à fait au début : « Jésus prit résolument la route de Jérusalem ». Vous ne soupçonnez pas la pauvreté de cette traduction. Il s’agit en effet d’un hébraïsme que le texte grec traduit par « il affermit sa face pour aller à Jérusalem ». Il affermit sa face : c’est une expression extraordinaire pour désigner la volonté, la résolution et la concentration absolue. On en trouve un exemple similaire chez Esaïe, lorsque le prophète dit : « J’ai rendu mon visage dur semblable au granit » (Es 50, 7).
Jésus prend donc la route, direction Jérusalem. Or, était-ce la bonne direction ?  Pourquoi Jésus a-t-il choisi de se rendre à Jérusalem pour la fête de la Pâque ? Le bon sens, le « common sense », lui aurait conseillé de rester tranquillement dans le nord du pays, en Galilée, pour continuer à enseigner et à faire du bien à ceux qui souffraient. Au lieu de se rendre dans un endroit où ce serait lui qui allait souffrir, sans avoir personne pour lui enlever la souffrance. Pourquoi a-t-il fait ce choix ? Il le savait risqué puisque Jérusalem était le centre du pouvoir religieux et politique, et surtout à la Pâque juive, les autorités veillaient à ce qu’il n’y ait pas de débordements de foule  - traduit en langage moderne : qu’il n’y ait pas de manifestations qui troublent l’ordre public…
Néanmoins, c’est comme s’il fallait exposer son enseignement à cette dernière épreuve au milieu de son peuple, comme s’il fallait mettre sa vie en jeu pour confirmer la vérité et la crédibilité de ce qu’il enseignait. Il est impossible de séparer sa vie de son message. Il avait parlé de la venue imminente du règne de Dieu, il avait appris à ses disciples à prier en disant « que ton règne vienne » - et nous les imitons tous les jours. Or pour un Juif, le lieu où ce règne se manifesterait, comment serait-il autre que Jérusalem, la ville sainte, la ville que le prophète Ezéchiel appelait « le nombril du monde » ? Cela ne veut pas dire que Jésus savait déjà ce qui se passerait. Le résultat de son voyage n’était pas préprogrammé. Il n’a pas pris la route muni d’une stratégie théologique en se disant : « Si je meurs, ce sera pour le salut du monde ». Ou encore : « Si je meurs après avoir souffert, ce sera un moment difficile, mais il faut tenir bon, car ensuite je vais ressusciter ». C’est pourtant ce que sous-entendent les prédictions que les évangélistes attribuent ailleurs à Jésus concernant ses souffrances, sa mort et sa résurrection. Ou comme la liturgie orthodoxe autour de Pâques fait dire à Marie s’adressant à son fils : « Hâte-toi de ressusciter » ! Non, ce serait trop beau, trop lisse pour être vrai, d’autant plus que les prédictions citées ont été formulées bien plus tard.
A vrai dire, je suis à peu près certain que Jésus ne savait avec certitude ni ce qui lui arriverait ni comment et sous quelle forme. Ce que je sais c’est que sa décision de rencontrer son peuple à  Jérusalem montrait une confiance absolue en Dieu : « Mon avenir ne dépend plus de moi, mais uniquement de Dieu ». Confiance confirmée de façon tout à fait inattendue à Pâques où il fut révélé à un petit groupe d’hommes et de femmes déboussolés que Dieu n’abandonne pas l’homme dans la mort, que la mort inévitable qui nous fait disparaître de cette terre n’est pas plus grande que Dieu, que la mort, une fois son travail achevé, finit, elle-même par être achevée.

Nous. Cet aboutissement du voyage à Jérusalem, qui est le cœur même de la foi chrétienne, correspond-t-il au bon sens ? La première réponse est non. Je dirai aux grands et aux jeunes parmi vous : n’oubliez jamais que la foi n’est pas une évidence. Confrontée aux arguments de la raison, la foi va forcément perdre la partie. Pour la raison pure, il est absurde de prier. La prière n’est qu’un monologue de l’intéressé avec soi-même, une illusion pure et simple. Pour la raison pure, il est absurde de croire à une transfiguration de la vie au-delà de la mort. Une telle croyance n’est qu’une construction imaginaire montée par peur de la mort et par incapacité à accepter qu’après la réduction de notre corps en cendres et poussière, il n’y aura que le néant. Quittons donc ces chimères, ces fantasmes religieux, et vivons avec joie et reconnaissance les jours qui nous sont donnés. Voilà ce qui pour nombre de nos contemporains relève du bon sens, d’un réalisme qui saute aux yeux.
Cependant, il existe aussi une deuxième réponse. C’est que miser sur la foi reste un pari. Déjà Pascal le savait. Certains d’entre vous ont lu autrefois ce qu’il a écrit sur la nécessité du pari, d’autres vont étudier ce texte en classe.  « Il faut parier », dit Pascal face aux sceptiques de son temps. « Cela n’est pas volontaire : vous êtes embarqués » – ces derniers mots sont presque devenus un proverbe. Et pour résumer une pensée trop subtile pour être résumée, si vous faites le pari que Dieu est – moi je dirais plutôt : si vous faites le pari que le nom de Dieu a du sens –  alors, « si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter ».
Je ne suis pas sûr que les jeunes chrétiens d’aujourd’hui convainquent leurs camarades de classe en citant Pascal, mais je le dis pour souligner de nouveau que la foi ne peut jamais devenir une évidence. Or, le règne de la raison n’en est pas la seule raison. Car se déclarer chrétien est aussi vouloir aller dans le même sens que Jésus, de vouloir le suivre. Cela n’est pas évident non plus. Notre texte en donne trois exemples.
Chemin faisant, quelqu’un dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras ». Déclaration presque touchante qui, toutefois, n’en mesure pas les conséquences, puisque Jésus lui répond : « Les renards ont des terriers et les oiseaux du ciel des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où poser sa tête ». Cela ne veut pas dire qu’il faut devenir SDF pour suivre Jésus. La réponse suggère que pour celui qui veut porter le nom de chrétien, tout n’est pas forcément facile, qu’il y a des choix à faire, qu’il faut savoir renoncer à certaines choses qui ont cours dans le monde, mais qui correspondent mal à une existence chrétienne.
Le deuxième exemple est de la même veine. Jésus dit à quelqu’un d’autre : « Suis-moi ». Comme il l’avait dit au début à Pierre et son frère André au bord du lac de Tibériade et comme il dit de nouveau à Pierre après Pâques : « Toi, suis-moi », selon l’évangile de Jean le dernier mot de Jésus (Jn 21, 22). Sachez cependant que jamais deux personnes ne sont appelées à suivre Jésus de la même manière. Pierre le fit jusqu’au martyre à Rome. Dans notre exemple, Jésus dit un peu rudement à cet homme endeuillé qui voulait d’abord enterrer son père : « Laisse les morts enterrer les morts, mais toi, va annoncer le règne de Dieu ».
L’appel que les paroles de Jésus adressent à chacun ne sera jamais exactement le même. A ce propos j’ai beaucoup pensé aux confirmands de cette année. Aller à la suite de Jésus, qu’est-ce que cela veut dire pour eux ? Encore une fois, il n’y a pas de modèle type et chacun suivra son chemin, mais la direction restera la même puisque Jésus a bien dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). Lui nous a précédés. C’est pourquoi il faut tenir le cap, tenir bon malgré toutes les raisons imaginables et inimaginables qui s’imposent pour lâcher prise. Et cela est valable pour toutes les tranches d’âge.  « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le Royaume de Dieu », dit Jésus dans le troisième exemple. Aujourd’hui on le dirait sans doute un peu différemment, mais l’idée demeure la même : il ne faut ni écouter les sirènes de ce monde qui tiennent la foi pour une absurdité, ni se conformer comme des moutons à ce que font les autres, si cela nous éloigne progressivement de la vie chrétienne. Il faut savoir discerner. Etre chrétien a un côté exigeant. On a beau dire que « tout est grâce », comme le dit Bernanos à la fin du Journal d’un curé de campagne, – et il a raison –la grâce a des conséquences sur notre manière de vivre. Elle implique une fidélité. Une fidélité à cette parole de saint Paul : « Jésus est Seigneur » (1 Co 12, 3). Elle n’est pas une phrase magique. Elle résume tout, mais c’est comme pour un livre : pour en profiter, il ne suffit pas de lire le résumé. Il faut l’ouvrir et le lire page après page. De même, il faut ouvrir cette phrase, « Jésus est Seigneur », et petit à petit découvrir ce qu’elle contient pour nourrir notre vie et pour lui donner une dimension de profondeur qui échappe à ceux qui se contentent de surfer sur la surface des eaux.

Flemming Fleinert-Jensen

Publié le 29/06/2016 @ 20:06  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 05 juin 2016 - par Jacques Bosch

Prédication de Jacques Bosch au temple de Versailles – 5 juin 2016

Ps 47A  str123
41-03 p str123
45-10 str123  Thème : « Ne pleure plus».
1 Rois 17 v17 à 24
Galates 1 v11 à 19
Luc 7 v11 à 17

Evangile selon Luc chapitre 7, versets 11 à 17

L’épisode de l’Evangile de Luc que nous venons de relire nous rapporte que Jésus, ses disciples et la foule qui les suit, ont quitté Capharnaüm et se préparent à entrer dans la bourgade de Naïn, située au pied du Mont Tabor.
Tout près de la porte de la ville, ils croisent ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui un convoi funéraire, celui d’un jeune homme, fils unique d’une veuve.
Inutile de rappeler qu’à l’époque de Jésus, la situation des veuves étaient très difficile, elles ne bénéficiaient d’aucun secours officiel et pour survivre elles dépendaient de la charité publique et du soutien éventuel de leurs fils.
Pour une veuve, perdre son fils unique représentait donc le summum de la détresse, une surenchère dans le malheur qui forçait la compassion générale.
A cette compassion se mêlait parfois de façon insidieuse la question tacite : «  quelle faute a-t-elle bien pu, elle ou ses parents, commettre pour être ainsi frappé, puni par Dieu ? »
Il arrivait souvent que l’intéressée se pose elle même cette question.
En effet, à l’époque, maladie, accident, décès d’un proche était considéré comme un châtiment divin justifié par une faute.
Ne pensez-vous pas, Frères et sœurs, qu’aujourd’hui cette interprétation a encore cours ? En effet n’avez-vous pas souvent entendu dans la bouche de quelqu’un dans l’épreuve dire : « qu’ai-je donc fait au bon Dieu pour que pareilles choses m’arrivent ? »

Cette veuve, durement frappée, est en tête du convoi funéraire juste derrière les porteurs de la civière sur laquelle a été placé le corps de son fils, enveloppé d’un linceul.

Petite remarque de traduction : sans doute pour actualiser la scène, la TOB utilise le mot de cercueil.
Je pense qu’il faut prendre le terme au sens symbolique car le cercueil tel que nous le connaissons aujourd’hui était rare et surtout utilisé par les Egyptiens et Assyriens fortunés.

La veuve de Naïn pleure … pleure … vraisemblablement déchirée par la mort de son fils, mort qui ravive la souffrance du décès de son mari … Elle pleure peut-être aussi sur son sort à elle, désormais privée de son seul amour, de son seul soutien…
Devant ce désespoir, … devant ces larmes, Jésus est profondément ému … mais ce ne sont pas des paroles de compassion qu’il lui adresse mais une sorte d’injonction :
« Ne pleure plus ».
On pourrait comprendre et interpréter ces paroles comme la promesse implicite d’une intervention de sa part pour atténuer sa détresse … mais Jésus est seul à connaître l’avenir et l’issue qui se prépare …
On peut aussi voir dans ces paroles le refus de reconnaître à la Mort son pouvoir destructeur, pouvoir que traduisent et soulignent les larmes du désespoir.
« Ne pleure plus ».
… et pourtant, les larmes ne sont-elles pour nous, faibles humains, la seule réaction possible face à la mort d’un être cher, le seul exutoire à la souffrance ?

Ce n’est pas à la foule mais à la mère que Jésus s’est adressé et pourtant la Force et l’Autorité de ces paroles ont arrêté la marche du convoi … arrêté les cris des pleureuses.
« Ne pleure plus ».
Mais qui est-il cet homme … qui ne respecte pas le rite funéraire ? … Qui est-il ?
Il n’est pas du village. Il ne fait partie ni de la famille, ni des amis.
Certains, dans la foule, outre les disciples, croient le connaître ou tout au moins ont entendu parler de cet agitateur qui critique et enfreint la loi de Moïse mais qui, il est vrai, fait par ailleurs des miracles extraordinaires.
Qui est-il cet étranger ? … qui maintenant se dirige vers les porteurs qui ont posé la civière au sol ?
Ne touche-t-il pas le linceul ? le mort ? … devenant impur lui-même, pensent et disent à haute voix les pharisiens présents dans la foule ? … jusqu’où va –t-il pousser son irrespect de la loi ?

S’adressant au mort, Jésus lui dit : « Jeune homme, je te l’ordonne : réveille toi ! »
La foule s’est tue … Chacun retient son souffle … Que va-t-il se passer ?
Dans le silence total, le mort s’assoit et se met à parler … Stupeur de la foule, la mort n’a pu le retenir.
Le prenant par la main, Jésus le rend à sa mère comme Elie avait rendu son fils à la veuve de Sarepta.

Le silence n’a duré que quelques secondes, des cris de joie, des cris de foi, des cris de louange éclatent. L’émotion est à son comble.
« Gloire à Dieu, Gloire à Dieu … un grand prophète s’est levé parmi nous. Dieu a visité son peuple. »

Ignorant les cris, le brouhaha, la veuve étreint en silence son fils, laissant couler ses larmes, des larmes qui sont devenues des larmes de joie.
La Grâce qui lui est faite, c’est le retour à la vie de son fils, retour qui marque aussi son retour à sa vie à elle.
Ce fils qui vient de lui être donné par Jésus, de lui être à nouveau donné par Dieu, comme  lors de sa naissance, elle le reçoit comme une Grâce qui balaye toutes les questions qu’elle se posait sur les fautes réelles ou imaginaires qu’elle aurait pu commettre.
Elle se sait pardonnée, appelée à vivre, à retrouver la vie devant Dieu et devant les hommes.
Sa Grâce, elle vient de la vivre, de la découvrir, de la recevoir au travers de sa rencontre avec Jésus.
D’après plusieurs sources apocryphes, la veuve de Naïn n’aurait pas été une inconnue pour Jésus … leurs familles respectives auraient volontiers marié les deux jeunes gens autrefois quand ils étaient jeunes. Certes ne sont que des sources apocryphes non vérifiées mais elles ne me paraissent nullement choquantes, je trouve même qu’elles nous aident à mieux percevoir le côté humain de Jésus. Jésus pleinement homme et pleinement Dieu.
Sa compassion pour cette femme à laquelle le rattachait peut-être des souvenirs de jeunesse ne nous rend-elle pas Jésus plus proche ?
Quant au miracle lui-même du retour à la vie de ce jeune homme … remarquons que je n’ose pas employer le mot de Résurrection qui me paraît devoir être réservé à la Résurrection de Jésus …
Quant à ce miracle, est-il la réponse de Dieu à une foi secrète, non exprimée par la veuve qui n’a rien demandé ? … contrairement au Centurion romain (Luc 7 versets 6 & 7).
Ce miracle est aujourd’hui pour nous un signe qui nous est donné et qu’il nous appartient de décrypter dans la foi.
Le monde aujourd’hui, il est difficile de dire qu’il est pleinement gouverné par Dieu. La violence, le mal, la souffrance se déchaînent autour de nous.
« Le mal est là et Satan le gronde, dites amis avez-vous peur »
Les plus anciens parmi nous se souviennent peut-être de ce chant que nous aimions beaucoup pendant les années de guerre.
Satan gronde mais Dieu reste auprès de nous, reste avec nous et nous donne des signes de sa présence, des signes parfois modestes, parfois plus frappants, plus miraculeux allant jusqu’à bouleverser les lois de la biologie, telles celles de l’irréversibilité du cours de la vie et de la mort.
Recevons ces signes dans la reconnaissance et la foi.
Ces signes ne nous appellent-ils pas, dans le monde de désespérance et de doute qui nous entoure, à être des porteurs d’espoir, des porteurs de paix, des porteurs d’amour ?

Amen. Jacques Bosch

Publié le 31/05/2016 @ 19:52  Prévisualiser  Imprimer l'article
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