Textes et Prédications

 

Rubriques


Derniers billets
31/05/2016 @ 19:52
Dimanche 05 juin 2016 ...
31/05/2016 @ 19:52
Dimanche 29 mai 2016 ...
06/05/2016 @ 17:37
Dimanche 1 mai 2016 ...

Tous les billets
DébutPrécédent [ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ] 10 pages suivantesSuivantFin

Dimanche 05 juin 2016 - par Jacques Bosch

Prédication de Jacques Bosch au temple de Versailles – 5 juin 2016

Ps 47A  str123
41-03 p str123
45-10 str123  Thème : « Ne pleure plus».
1 Rois 17 v17 à 24
Galates 1 v11 à 19
Luc 7 v11 à 17

Evangile selon Luc chapitre 7, versets 11 à 17

L’épisode de l’Evangile de Luc que nous venons de relire nous rapporte que Jésus, ses disciples et la foule qui les suit, ont quitté Capharnaüm et se préparent à entrer dans la bourgade de Naïn, située au pied du Mont Tabor.
Tout près de la porte de la ville, ils croisent ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui un convoi funéraire, celui d’un jeune homme, fils unique d’une veuve.
Inutile de rappeler qu’à l’époque de Jésus, la situation des veuves étaient très difficile, elles ne bénéficiaient d’aucun secours officiel et pour survivre elles dépendaient de la charité publique et du soutien éventuel de leurs fils.
Pour une veuve, perdre son fils unique représentait donc le summum de la détresse, une surenchère dans le malheur qui forçait la compassion générale.
A cette compassion se mêlait parfois de façon insidieuse la question tacite : «  quelle faute a-t-elle bien pu, elle ou ses parents, commettre pour être ainsi frappé, puni par Dieu ? »
Il arrivait souvent que l’intéressée se pose elle même cette question.
En effet, à l’époque, maladie, accident, décès d’un proche était considéré comme un châtiment divin justifié par une faute.
Ne pensez-vous pas, Frères et sœurs, qu’aujourd’hui cette interprétation a encore cours ? En effet n’avez-vous pas souvent entendu dans la bouche de quelqu’un dans l’épreuve dire : « qu’ai-je donc fait au bon Dieu pour que pareilles choses m’arrivent ? »

Cette veuve, durement frappée, est en tête du convoi funéraire juste derrière les porteurs de la civière sur laquelle a été placé le corps de son fils, enveloppé d’un linceul.

Petite remarque de traduction : sans doute pour actualiser la scène, la TOB utilise le mot de cercueil.
Je pense qu’il faut prendre le terme au sens symbolique car le cercueil tel que nous le connaissons aujourd’hui était rare et surtout utilisé par les Egyptiens et Assyriens fortunés.

La veuve de Naïn pleure … pleure … vraisemblablement déchirée par la mort de son fils, mort qui ravive la souffrance du décès de son mari … Elle pleure peut-être aussi sur son sort à elle, désormais privée de son seul amour, de son seul soutien…
Devant ce désespoir, … devant ces larmes, Jésus est profondément ému … mais ce ne sont pas des paroles de compassion qu’il lui adresse mais une sorte d’injonction :
« Ne pleure plus ».
On pourrait comprendre et interpréter ces paroles comme la promesse implicite d’une intervention de sa part pour atténuer sa détresse … mais Jésus est seul à connaître l’avenir et l’issue qui se prépare …
On peut aussi voir dans ces paroles le refus de reconnaître à la Mort son pouvoir destructeur, pouvoir que traduisent et soulignent les larmes du désespoir.
« Ne pleure plus ».
… et pourtant, les larmes ne sont-elles pour nous, faibles humains, la seule réaction possible face à la mort d’un être cher, le seul exutoire à la souffrance ?

Ce n’est pas à la foule mais à la mère que Jésus s’est adressé et pourtant la Force et l’Autorité de ces paroles ont arrêté la marche du convoi … arrêté les cris des pleureuses.
« Ne pleure plus ».
Mais qui est-il cet homme … qui ne respecte pas le rite funéraire ? … Qui est-il ?
Il n’est pas du village. Il ne fait partie ni de la famille, ni des amis.
Certains, dans la foule, outre les disciples, croient le connaître ou tout au moins ont entendu parler de cet agitateur qui critique et enfreint la loi de Moïse mais qui, il est vrai, fait par ailleurs des miracles extraordinaires.
Qui est-il cet étranger ? … qui maintenant se dirige vers les porteurs qui ont posé la civière au sol ?
Ne touche-t-il pas le linceul ? le mort ? … devenant impur lui-même, pensent et disent à haute voix les pharisiens présents dans la foule ? … jusqu’où va –t-il pousser son irrespect de la loi ?

S’adressant au mort, Jésus lui dit : « Jeune homme, je te l’ordonne : réveille toi ! »
La foule s’est tue … Chacun retient son souffle … Que va-t-il se passer ?
Dans le silence total, le mort s’assoit et se met à parler … Stupeur de la foule, la mort n’a pu le retenir.
Le prenant par la main, Jésus le rend à sa mère comme Elie avait rendu son fils à la veuve de Sarepta.

Le silence n’a duré que quelques secondes, des cris de joie, des cris de foi, des cris de louange éclatent. L’émotion est à son comble.
« Gloire à Dieu, Gloire à Dieu … un grand prophète s’est levé parmi nous. Dieu a visité son peuple. »

Ignorant les cris, le brouhaha, la veuve étreint en silence son fils, laissant couler ses larmes, des larmes qui sont devenues des larmes de joie.
La Grâce qui lui est faite, c’est le retour à la vie de son fils, retour qui marque aussi son retour à sa vie à elle.
Ce fils qui vient de lui être donné par Jésus, de lui être à nouveau donné par Dieu, comme  lors de sa naissance, elle le reçoit comme une Grâce qui balaye toutes les questions qu’elle se posait sur les fautes réelles ou imaginaires qu’elle aurait pu commettre.
Elle se sait pardonnée, appelée à vivre, à retrouver la vie devant Dieu et devant les hommes.
Sa Grâce, elle vient de la vivre, de la découvrir, de la recevoir au travers de sa rencontre avec Jésus.
D’après plusieurs sources apocryphes, la veuve de Naïn n’aurait pas été une inconnue pour Jésus … leurs familles respectives auraient volontiers marié les deux jeunes gens autrefois quand ils étaient jeunes. Certes ne sont que des sources apocryphes non vérifiées mais elles ne me paraissent nullement choquantes, je trouve même qu’elles nous aident à mieux percevoir le côté humain de Jésus. Jésus pleinement homme et pleinement Dieu.
Sa compassion pour cette femme à laquelle le rattachait peut-être des souvenirs de jeunesse ne nous rend-elle pas Jésus plus proche ?
Quant au miracle lui-même du retour à la vie de ce jeune homme … remarquons que je n’ose pas employer le mot de Résurrection qui me paraît devoir être réservé à la Résurrection de Jésus …
Quant à ce miracle, est-il la réponse de Dieu à une foi secrète, non exprimée par la veuve qui n’a rien demandé ? … contrairement au Centurion romain (Luc 7 versets 6 & 7).
Ce miracle est aujourd’hui pour nous un signe qui nous est donné et qu’il nous appartient de décrypter dans la foi.
Le monde aujourd’hui, il est difficile de dire qu’il est pleinement gouverné par Dieu. La violence, le mal, la souffrance se déchaînent autour de nous.
« Le mal est là et Satan le gronde, dites amis avez-vous peur »
Les plus anciens parmi nous se souviennent peut-être de ce chant que nous aimions beaucoup pendant les années de guerre.
Satan gronde mais Dieu reste auprès de nous, reste avec nous et nous donne des signes de sa présence, des signes parfois modestes, parfois plus frappants, plus miraculeux allant jusqu’à bouleverser les lois de la biologie, telles celles de l’irréversibilité du cours de la vie et de la mort.
Recevons ces signes dans la reconnaissance et la foi.
Ces signes ne nous appellent-ils pas, dans le monde de désespérance et de doute qui nous entoure, à être des porteurs d’espoir, des porteurs de paix, des porteurs d’amour ?

Amen. Jacques Bosch

Publié le 31/05/2016 @ 19:52  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 29 mai 2016 - par Pierrick Leprince

Prédication de Pierrick Leprince au temple de Versailles – 29 mai 2016
 

Luc 9 – 12 à 17
La dernière fois que je suis venu animer le culte, c’était au tout début de cette année pour les noces de Cana, là il était question de vin.
Aujourd’hui j’ai la chance et l’avantage de venir vous parler du plus populaire des évangiles, celui dit de la multiplication des pains, cet évangile universellement connu, cité 6 fois dans la bible et dans chacun des évangiles, ce qui veut dire que Marc et Matthieu l’ont cité 2 fois !
Que vais-je donc pouvoir vous dire que vous ne savez déjà ?
J’aurais bien tenté de revisiter le texte, vous savez revisiter, c’est l’expression que l’on utilise en gastronomie pour rajeunir la recette d’un met ancien en tentant d’en préserver l’essentiel du gout et de la texture. Dans la multiplication des pains, je ne vois pas trop comment revisiter le pain dans ce miracle qui a dû avoir un très grand retentissement pour se trouver cité 6 fois dans 4 évangiles.
De nos jours on pourrait représenter ce miracle comme un repas extraordinaire donné par Jésus à ceux qui le suivent : un banquet géant pour ceux qui n’ont rien à manger, un rassasiement pour ceux qui ont faim, une abondance pour ceux qui n’ont rien. Voilà un don prodigieux dont les quantités dépassent nos capacités d’ingestion. On se croirait presque à un déjeuner paroissial ou l’on apporte pour soi plus une personne.
Voilà une générosité divine qui n’a de limite que celle de ses bénéficiaires.
En fait, Dieu le père créé le miracle quotidien de la pluie, du beau temps et de la moisson donc il n’est pas illogique que Dieu le fils puisse également et de temps en temps accomplir un miracle. C’est simple, facile à comprendre et si tentant de s’arrêter là. Oui je sais vous auriez une prédication expresse bienvenue qui de plus préviendrait tout risque d’assoupissement.
Mais au fait, le texte de ce jour, est-ce celui de la multiplication ou celui du partage ? Telle est l’accroche de la feuille de culte que vous avez entre vos mains. Oui parce que vous le savez très bien, dans la bible à aucun moment on parle de multiplication mais bien de distribution du pain ; c’est une perspective intéressante dans un monde où nous sommes dans le domaine du toujours plus. Distribuer c’est bien partager et partager c’est diviser, le contraire de multiplier. Dois-je alors parler de division des pains pour revisiter ce texte et de distribution puis de récupération des morceaux recueillis dans les grands paniers pour être redistribués ?
Division, entre nous, cela sonne mal et donne l’impression de querelle et de séparation. Cela pourrait être une prophétie de ce que deviendra l’église divisée puis subdivisée à coup d’excommunications. Alors plutôt que d’avoir à constater cela, la multiplication, franchement çà sonne mieux.
Si nous préférons parler de multiplication, alors il faut prendre conscience que nous passons à une thématique de l’abondance qui pourrait basculer dans le gaspillage. A quoi bon faire des économies de pain ou d’énergie si nous croyons en un Dieu qui peut à tout instant multiplier les pains et les ressources énergétiques alors que se profile à l’horizon des lendemains de pénurie. Heureusement Jésus et ses disciples économes ont eu l’idée de ramasser ce qu’il y avait en trop pour le donner à ceux qui n’en avaient pas eu. Il n’y aura pas de gaspillage ce jour-là. Il n’y a pas non plus de fondement scripturaire au gaspillage des ressources que Dieu nous donne en partage.

Si nous regardons notre monde aujourd’hui et ses ressources, savez-vous qu’il faudrait 1.4ha de terre arable par habitant pour faire vivre toute la planète ?
Oui mais voilà, si l’on en croit les chiffres établis par l’organisation internationale WWF :
Chaque Européen consomme en moyenne l’équivalent du produit de 4ha et chaque Américain l’équivalent du produit de 10ha.
Vous voyez ou je veux en venir : on ne peut pas multiplier à l’infini et là il faudrait diviser pour partager. Car les uns meurent de faim quand les autres meurent d’excès alimentaires. Et ne parlons pas du gaspillage et des fameuses DLC (date limite de consommation) qui pourraient nourrir 150 foyers par les surplus jetés de chaque hypermarché ; franchement comme croyants, ou tout simplement comme être humain à peu près censé, comment ne pas s’offusquer, comment ne pas se révolter de telles aberrations ?
Et comme le dit le proverbe anglais « as one person, I can’t change the world but I can change the world for one person » que l’on peut traduire ainsi :
« En tant que personne seule, je ne peux changer le monde
Mais je peux changer le monde pour une seule personne »
Dans cet évangile de Luc que nous pourrions relier à celui de Jean dans lequel on parle d’un garçon inconnu qui avait accepté de partager ce qu’il avait, ce que fait Jésus, ce jour-là, il n’est ni le seul ni le premier à le faire. Jésus partage car déjà il a reçu. Or s’il a reçu, c’est bien qu’un autre a donné, un autre a partagé avant lui et pour lui !
Les cinq pains ne sont pas sortis tout cuits de ses manches. Ils ne sont pas non plus tombés du ciel. On ne nourrit pas 5000 hommes avec 5 pains. Ce geste de ce garçon dans l’évangile de Jean  qui voulait partager ce qu’il avait, ce geste était bien dérisoire mais c’était un commencement et Jésus partagea un peu plus ce qui avait déjà été partagé. Jésus est donc un des maillons de cette chaîne de partage. Il est précédé par le garçon inconnu et suivi par les disciples qui distribuent le pain à d’autres encore et ces autres à la foule. Or dans cette chaîne, qui peut dire à quel moment ou entre quelles mains les pains sont-ils devenus suffisamment nourrissants pour la foule ? Qui a fait le miracle ? Personne ne le sait et le miracle n’est pas localisable. Le miracle en tant que signe de l’amour de Dieu n’apparait pas à tel ou tel moment de la distribution. Il apparait aux yeux des lecteurs quand tout est terminé. Il n’est lisible que rétrospectivement quand on quitte la scène et qu’on regarde dans le rétroviseur. Il apparait quand on est amené à se poser la question : comment se fait-il qu’on ait pu nourrir autant de gens avec si peu de pains et de poissons ?
Dans cette histoire, Jésus n’apparait que comme un des acteurs. Il est totalement comme nous et nous, nous pouvons, si nous entrons dans cette chaîne de solidarité, nous imaginer semblable à lui. Il est des nôtres. Nous sommes les siens.
C’est pour cela qu’il est essentiel que nous apprenions à relire ces récits comme des écrits de partage et non de multiplication.
Ah la multiplication, encore une fois nous savons la faire. Nous savons beaucoup mieux que Jésus multiplier les pains et les poissons. Nous savons traquer les bancs de poissons et élever dans le Nil des perches en grand nombre qui se retrouvent très vite sur les étals de nos supermarchés. Nous savons inonder les marchés du monde de nos produits moins chers si bien que l’on s’étonne d’apprendre en ces temps de grande abondance qu’il y a encore des zones de famine, des peuples sans eau et sans grain. Si la question des disciples de Jésus pouvait être « comment nourrir tant de gens avec si peu », la question que nous devons nous poser est certainement celle-ci : comment parvenons nous à ne pas nourrir tout le monde avec tant de gaspillage ?
C’est peut-être qu’ayant appris à multiplier à l’infini, nous n’avons pas bien compris la nécessité de partager, de diviser, de redistribuer.
Pourtant, notre service d’entre aide, nos indéfectibles amis de la miss pop à Trappes, ceux de la cimade, donnent tant avec si peu et parfois moins. Ils sont parfois si peu nombreux et se sentent parfois si peu considéré alors qu’ils font tant pour tant de nos semblables.
Il n’y a donc pas de fatalité et nous savons nous aussi ce qu’il convient de faire.

Chers Sœurs et Frères, le royaume de Dieu n’est pas un monde imaginaire et chimérique tel qu’il est parfois dépeint sur les vitraux des cathédrales ou dans la presse satirique ; non, le royaume de Dieu c’est ici et maintenant. Et son centre, c’est celui des plus pauvres, dont le Christ s’est montré si proche ; les plus démunis, pour lesquels Jésus a trouvé du temps et de la nourriture. Le véritable miracle il est là.

Il est là dans ce Royaume de Dieu que Jésus n’annonce plus dans l’au-delà ni dans l’après mais qui est déjà là, présent, qui déjà nous saisit. Dont la réalité transforme déjà notre présent, je devrais plutôt dire, dont la réalité nourrit déjà notre présent.
Comme l’écrit Martin Luther King : ça suffit de parler. Ca suffit de prêcher. Ca suffit de sermonner. Il faut agir. Nous aussi, nous devons prendre notre part à la construction du Royaume car nous croyions aussi fortement en la présence de Dieu dans l’histoire des hommes que dans la capacité des hommes à œuvrer pour le plus grand bien du royaume de Dieu.
Nous avons tous les moyens pour le faire mais l’absence de courage continue de nous aveugler. Nous savons tous que le modèle actuel productiviste nous mène droit dans le mur mais le triomphe de la cupidité nous empêche de le voir.
Nous savons tous que 800 millions de femmes et d’hommes dans le monde souffrent de malnutrition et vivent dans des conditions incroyables de précarité, d’insalubrité et de saleté. Et pourtant nous consommons toujours plus et dès que l’on parle de reprise économique et de sortie de crise, c’est toujours par la croissance, par la multiplication.

Pour que les hommes qui vivront après nous puissent un jour voir le  Royaume de Dieu que nous, nous ne verrons pas sur cette terre, il est temps, grand temps que nous partagions nos richesses et notre pain comme nous le faisons à chaque sainte cène ou, avec quelques tranches de pains, nous nourrissons 50-60 personnes et devons constater à chaque fois des excédents.

Croyez-le ou non, un jour dans la campagne de Galilée, un peu loin de tout, Jésus et ses disciples ont dû faire face à un important problème d’intendance. Ensemble avec la foule ils ont mis en œuvre le partage.

Croyez-le si vous le voulez bien : ça a marché !

Amen
 

Publié le 31/05/2016 @ 19:52  Prévisualiser  Imprimer l'article
DébutPrécédent [ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ] 10 pages suivantesSuivantFin
Archives
05-2016 Juin 2016 07-2016
L M M J V S D
    01 02 03 04 05
06 07 08 09 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      


^ Haut ^