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Dimanche 26 mai 2018 - par Jean Philippe Barde

EPU VERSAILLES

27 mai 2018

Mt 28, 16-20 / Mc 16, 14,20 / Lc 24, 46-53 /Jn 21, 24-25

 

 Prédication Jean-Philippe Barde

 

« Tout pouvoir m’a été donné »

 

Ce dimanche dernier, nous avons célébré la Pentecôte, cette grande effusion de l’Esprit Saint sur les disciples de Jésus, et donnée à tous ceux qui voudront le suivre.

  • La Pentecôte, c’est une réalisation : celle de la promesse du Christ, notamment dans Jean 14 et 15 « l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera ce que je vous ai dit (Jn 14, 26) ».
  • La Pentecôte, c’est un envoi en mission : le début de l’Église du Christ.
  • La Pentecôte, c’est la promesse d’une puissance par le nom de Jésus-Christ.

C’est pleinement dans cette dynamique - envoi, puissance, mission - que se situe cet évangile de Mt 28 qui nous est proposé dans la liste de lectures dominicales. Et si j’ai ajouté à ces lectures celles des finales des trois autres évangiles, c’est pour souligner ces convergences et ces complémentarités sur lesquelles je reviendrai.

Je voudrais ce matin brièvement souligner six points résumés en six mots :

  1. Mission
  2. Nations
  3. Doute
  4. Autorité
  5. Obéissance
  6. Présence

Je vous propose de faire une lecture de ce texte de Mt 28 en relation avec les  « finales » des trois autres évangiles.

 

1.        Mission

Ce chapitre 28 de Matthieu est le récit de la résurrection du Christ. Apparition à Marie de Magdala et « l’autre Marie » (sans doute la mère de Jésus ?)

Mission ? Vous avez dit mission ? Matthieu rapporte trois envois successifs. D’abord, envoi de l’ange qui parle à Marie de Magdala et « l’autre Marie » : « Allez promptement dire à ses disciples qu’il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée, c’est là que vous le verrez » (v.7). C’est déjà un premier et fondateur envoi en mission : d’abord l’affirmation de la résurrection, puis, allez annoncer la résurrection ; allez à la rencontre du ressuscité ; il vous précède, vous le verrez !

Les deux Marie courent, pleine de joie et Jésus lui même vient à leur rencontre : « Ne craignez pas ; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée ; c’est là qu’ils me verront (v. 9). » Deuxième envoi missionnaire.

Enfin un troisième envoi lorsque Jésus dira aux disciples, dans le texte de ce jour : « allez… »

Lorsque notre Seigneur insiste, il le fait vraiment…Cela rappelle  l’interpellation de Jésus : « Pierre m’aimes-tu ? » répétée trois fois avec l’envoi : « Pais mes brebis »…

 

2.        Envoi : dans toutes les nations.

« Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus avait désignée (v. 16) ».

 En convoquant, en envoyant ses disciples en Galilée, Jésus définit clairement et immédiatement l’universalité de la mission qu’il nous confie : annoncer l’Évangile dans la « Galilée des nations » réputée comme terre païenne dont les habitants ont des pratiques impures.

L’injonction de Jésus au verset 19 : « Faites de toutes le nations des disciples » souligne et confirme cette mission universelle. Si le Christ est venu d’abord pour les brebis perdues d’Israël, il élargit maintenant son ministère, et donc celui des disciples, puis le nôtre, à toutes les nations. Ce sera un thème récurrent dans les Actes des apôtres  et dans les Épîtres de Paul.

Jésus fixe un rendez-vous « Sur la montagne » : C’est souvent sur une montagne que Dieu se révèle dans les Écritures. On pense naturellement à Moïse sur le mont Sinaï. Ainsi, le Christ se révèle ici comme le nouveau Moïse. La loi n’est pas abolie, elle est accomplie, sublimée par l’Évangile, offerte à tous.

 

3.        Le doute et la foi

Mais voilà, même en présence de cette bouleversante théophanie, surgit le doute : « Quand ils le virent, ils l'adorèrent. Mais quelques-uns eurent des doutes (v.17) ». L’évangile de Marc 16, au verset 14 confirme ce doute : « … il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité ».

 Le texte nous met en garde : le doute peut nous assaillir à tout moment.

« Incroyable incrédulité », si je puis utiliser ce paradoxe sémantique. Les deux Marie ne doutent pas : elles ont vu et entendu (l’ange), elles ont vu le Christ, elles ont cru ! Elles témoignent, mais cette rencontre du ressuscité est tellement inouïe qu’elle reste difficile à croire. Pour les autres.

Au demeurant, ce témoignage est celui de deux femmes ; à l’époque la parole d’une femme ne pesait pas autant que celle d’un homme. Pourtant, relisez dans le chapitre 20 de l’évangile de Jean la place absolument centrale donnée à Marie de Magdala que l’Église catholique désignera comme « l’apôtre des apôtres ». C’est bien à des femmes que Jésus choisit de se révéler.

 Les disciples sont convoqués en un lieu précis ; Jésus les y attend, ils le voient ! Pourtant une incrédulité subsiste.

Frères et sœurs, comment en présence même de Jésus ressuscité, peut on douter ? Qui ne serait bouleversé par cette révélation, cette divine rencontre ? Pourtant, ce texte nous averti bien que la foi est toujours au risque du doute, même ici, avec l’évidente présence de Jésus.

Nous voici prévenus : notre foi, pourtant reçue par grâce, pourtant vécue, restera toujours la cible de l’adversaire, jusqu’à notre dernier jour. Veiller et prier, rester sur nos gardes, prudents comme des serpents…

Cet avertissement me paraît particulièrement pertinent en ces temps où nous vivons ; en ces temps où le monde va à contre courant de l’Évangile. La planète dépérit, les repères se perdent, la fraude, les mensonges et autres « fake news » font partie de l’ordinaire quotidien ; les chrétiens sont souvent moqués et méprisés, quant ils ne sont pas persécutés dans de nombreuses parties du monde.

Et voici que se développe maintenant une aspiration à un « transhumanisme», une réactualisation du mythe faustien, qui promet (je cite) : « une ingénierie d’un paradis de l’esprit » ; l’homme se voit presque l’égal de Dieu et en tous cas, fait tout pour lui échapper…

Oui, veiller et prier, rester sur nos gardes, vigilants, sur la brèche.

 

4.        L’autorité au nom du Christ

« Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre (v.18) ». La NBS traduit par « autorité », car, selon certains commentateurs, le Christ reçoit son autorité du Père, le « tout puisant ». Mais l’important est que Jésus délègue cette autorité et invite ses disciples, et donc nous-mêmes, à l’exercer en son nom. Tout pouvoir (autorité) m’a été donné…ALLEZ…faites de toutes les nations (les « Galilée ») des disciples…

La finale de l’évangile de Marc (ch. 16) va encore plus loin en soulignant l’autorité en Christ de ceux qui annonceront la bonne nouvelle par la puissance du Saint-Esprit.

« Allez par tout le monde et prêchez la bonne nouvelle à toute la création…Voici les miracles (signes) qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons…Ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris (Mc 16 15-17) »

Soulignons le : «… ceux qui auront cru » et « en mon nom ».

Car, bien entendu, au centre nous retrouvons la foi. La foi de celui qui prie, et la foi de celui qui demande et reçoit cette prière. « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » dit Jésus à Marthe devant le tombeau de Lazare.

Car Dieu est glorifié par notre foi en action. Nous l’avons chanté ce matin : « glorifie ton Nom… dans nos vies, dans l’Église… »

De même pour la finale de Luc (ch 24) : « J'enverrai sur vous ce que mon Père a promis, mais vous, restez dans la ville, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut (v. 49) ». Cette puissance manifestée et transmise à la Pentecôte.

« …Faites de toutes les nations des disciples et baptisez les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit … ». Le texte de Mt 28 souligne la dimension baptismale de cet envoi, de notre ministère dans le monde : allez par la force de l’Esprit. Puissance du baptême d’Esprit, du baptême de feu !

Frères et sœurs, ces paroles, ces exhortations, notre ministère de disciple du Christ, aujourd’hui, ici et maintenant, s’adressent à nous. Car c’est véritablement un ministère de puissance, qui nous a été transmis par le Christ lui-même,  pour annoncer l’Évangile. 

Et surtout pas, une puissance qui viendrait de nous, mais une puissance qui nous vient de Dieu, au nom du Christ Jésus. Sauvés par grâce, nous sommes également puissants par le nom de notre Seigneur.

Paul nous alerte dans l’Épître aux Éphésiens : « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes (Ep 6, 12) ».

C’est un combat difficile, mais une ardente obligation. Prier pour la libération de toutes les oppressions, pour la guérison des malades.

 

5.        Obéir à l’injonction du Christ

Il y a urgence ; les besoins sont énormes ; il n’est que de regarder autour de nous, d’écouter. Dans les rassemblements de prière, les foules se pressent. Je lisais récemment, dans le journal « La Croix », que les demandes de prière de délivrance explosent dans les églises.

Il faut l’audace de la foi. Mais si on ne fait rien il ne se passera rien : c’est inéluctable ! Un pasteur me disait récemment : « lorsque je ne priait pas pour les malades, il ne se produisait aucune délivrance, ni guérison ; maintenant que je prie, il se produit des délivrances et des guérisons, même si c’est en trop petit nombre ». Cela ne nous appartient pas.

Comme l’écrit le pasteur Gilles Boucomont : « Dieu sauve, Dieu guérit. Encore faut-il se rendre disponible pour ces guérisons et ce salut »[1].

Permettez moi un bref témoignage personnel. Mon épouse et moi, depuis de nombreuses années, sommes témoins de délivrances de toutes sortes : libérations d’addictions de tous ordres, libérations de dépression, délivrances d’infestations causées par des pratiques occultes, volontaires ou involontaires ; la liste est longue…

Nous avons vu et voyons encore, des sourds entendre, des handicapés se lever de leur fauteuil roulant, des maladies guéries, des dépressions chassées. Les guérisons ne sont pas toutes spectaculaires ou physiques ; la Parole est aussi, et peut-être d’abord, guérison « intérieure », guérison de l’âme, des terribles blessures d’enfance, des séquelles de viols, d’incestes, d’abandon, de paroles qui tuent ; nous en avons tant et tant entendu !

Pour autant, il n’y a pas de prière « presse bouton » ; rien n’est automatique ;  tous ne sont pas délivrés, libérés, tous ne sont pas guéris. Nous constatons que de nombreuses prières de guérison ne produisent pas d’effet, ou en tous cas, pas d’effet apparent (je souligne cet adjectif « apparent »).

C’est une école d’humilité, de dépouillement, d’obéissance, faite de joies et de souffrances. Dieu seul guérit et nous ne sommes rien par nous-mêmes. Mais le Seigneur attend de nous que nous mettions notre foi en action.

Le Seigneur dit à ses disciples (Mt 10,8) : « Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ».

Alors j’obéis, simplement, humblement, dans un dessaisissement total. C’est Dieu qui agit, pas moi qui ne suis rien sans Lui. L’important, c’est de prier, conformément aux Écritures, dans la foi,  l’amour et la compassion.

Frères et sœurs, comment l’Évangile s’est-il répandu dans le monde, sinon par la puissance du Saint Esprit et par les signes qui l’accompagnent ? Nos églises, surtout celle que l’on définit comme « historiques » savent-elle répondre à cet appel ? Savent-elles proclamer cette puissance de guérison et de libération ? En cette ère « post chrétienne » dans laquelle nous baignons, en ces temps d’apostasie et de rejet de Dieu, posons-nous cette question !

« Tout pouvoir m’a été donné…allez… ». Cette autorité, Christ nous la transmet…Nous devons nous en saisir.

J’en arrive à mon dernier point qui sera ma conclusion de ce matin.

 

6.        Présence : demeurer dans la certitude de la présence du Christ

« Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde (v.20) ».

Ce verset porte un double message.

En premier lieu, Cette affirmation, cette promesse,  « je suis avec vous tous les jours » signifie que dans ce ministère d’annonce de l’Évangile, Christ ne nous lâche pas : il nous accompagne quotidiennement, à chaque instant. Sans Lui, nous ne sommes rien et ne pouvons rien faire. Mais par Lui, par son autorité qu’il nous a transmise, sa force guérissante et libératrice peut se manifester à travers nous.

Car nous sommes ses mains, ses pieds, sa bouche si nous nous soumettons à Lui.

Le dernier verset de l’évangile de Jean  atteste de cette continuité, de cette permanence et cette universalité du ministère de Jésus : « Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pourrait contenir les livres qu'on écrirait (v.25) »

Cela signifie que la présence et la puissance du Christ ressuscité n’ont jamais cessé. 

La deuxième affirmation, « jusqu’à la fin du monde », introduit cette dimension ultime eschatologique, cette attente de l’accomplissement, du retour du Christ, le messie d’Israël, tant de fois mentionné, attendu dans TOUTES les Écritures. Comme nous le dirons en célébrant la Sainte Cène, en citant Paul : « Toutes les fois que vous mangez de ce pain et que vous buvez de cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne ».

Frères et sœurs, le « je suis avec vous » de Jésus atteste l’un des noms du Christ : « Emmanuel », Dieu avec nous, ce nom que lui a donné l’ange qui annonce sa naissance à Marie. Annonce prophétique : dès sa naissance, et pour l’éternité Christ est avec nous.

Et son deuxième nom, celui que lui a donné Joseph, son père terrestre, « Jésus », qui signifie « Dieu sauve », « Dieu guérit ». Autre annonce prophétique.

Oui, avec et en Christ, Dieu est avec nous, il nous sauve, il nous guérit !

Seigneur Jésus, en me prosternant au pied de ta croix victorieuse, je me soumets à ta volonté ; je crois, je sais que je sais que je sais que ton nom est tout puissant, que ton nom est guérison.

Grâce te soit rendue ! A toi la gloire !

 

AMEN !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


[1] Gilles Boucomont : Au nom de Jésus, libérer le corps l’âme, l’esprit (Ed Première Partie 2010)

 

Publié le 02/06/2018 @ 12:10  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 20 mai 2018 - par Ruth-Annie Coyault

Prédication du dimanche 20 mai 2018 à Versailles

PENTECÔTE – BAPTÊME ET CONFIRMATION DES CATÉCHUMÈNES

Jean 16, 12-15 « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire… »

 

J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. Tout ce que le Père a est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prend de ce qui est à moi, et qu’il vous l’annoncera.

 

PRÉDICATION

Quelles sont donc ces choses que le Seigneur veut dire à ses disciples, mais pas pour maintenant ? Est-ce que ce sont de nouvelles révélations sur Dieu, des secrets de la foi totalement inédits que Jésus va dévoiler ?

Depuis le chapitre 13 avec le lavement des pieds, Jésus parle à ses disciples, il répond à leurs questions, il leur dit beaucoup de choses, mais apparemment ce n’est pas suffisant...

 

En général, c’est l’homme qui a des choses à dire à Dieu et sur Dieu. L’homme parle à Dieu (c’est la prière), et l’homme parle au sujet de Dieu (c’est la théologie). L’homme parle à Dieu quand il veut exprimer son incompréhension, ses doutes, ses révoltes, sa reconnaissance, sa louange…

L’homme parle de Dieu pour partager l’expérience qu’il vit avec lui, pour dire ce qu’il a trouvé bon dans le Seigneur, de sorte que cela puisse encourager d’autres dans leurs difficultés (c’est le témoignage de la foi).

L’homme a besoin de mettre des mots sur ce mystère qu’on appelle « Dieu », donc il a des tas de choses à dire sur Dieu, il a des questions qu’il voudrait lui poser, par exemple : ‘Si vraiment Dieu existe, j’aimerais bien en avoir la preuve, j’aimerais savoir comment Dieu est présent dans ma vie et de quelle manière il intervient pour me secourir. Que fait-il exactement pour nous ? Quand je réussis mon examen, de quelle manière Dieu est-il intervenu pour m’aider ? Et quand je me plante, ça veut dire que Dieu n’a pas voulu m’aider, alors que Jésus dit dans la Bible : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » ? Pourquoi Dieu m’a-t-il laissé me planter, pourquoi n’était-il pas avec moi ? Quand je suis dans la souffrance, quand je perds quelqu’un qui m’est cher (un parent, un ami), quand j’ai un accident, de quelle façon es-tu présent à mes côtés, Dieu ?

 

On a des choses à dire à Dieu, et on aimerait entendre sa réponse. Et bien Dieu aussi a des choses à nous dire, et c’est dans le cœur qu’il veut parler à chacun, c’est par son Esprit qu’il veut nous enseigner, Pentecôte c’est Dieu qui veut parler aux hommes… Au-delà de notre connaissance théologique et de notre expérience dans l’église, au-delà de notre vocation et de nos charismes particuliers, il y a encore beaucoup à apprendre… Malgré tout ce que les disciples ont appris en suivant le Maître depuis la Galilée jusqu’à Jérusalem, ils avaient encore beaucoup à apprendre, et à nous qui sommes disciples du Seigneur aujourd’hui, l’Esprit Saint a encore beaucoup de choses à enseigner, à nous et à nos jeunes baptisés/confirmés qui s’engagent sur le chemin de la foi…

 

« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire... » Dieu n’aurait donc pas tout dit, il aurait confié la suite de la révélation au Fils qui l’a lui-même confiée au Saint-Esprit ? Y aurait-il des mystères divins auxquels on ne peut accéder que par la communication du Saint-Esprit ? Des mystères en plus de ce que Jésus a dit ? Dieu a parlé par la bouche des prophètes (c’est la révélation première), ensuite Jésus a annoncé la bonne nouvelle (c’est la révélation bis), et enfin le Saint-Esprit dévoile des vérités cachées, c’est la révélation dernière ??? Il y aurait donc une parole du Père, une parole du Fils et une parole du Saint-Esprit ?

Pas du tout, Jésus dit que l’Esprit prend ce qui est à lui pour l’annoncer, il communique ce qu’il a entendu de la bouche du Père… Donc il n’y a pas une parole différente qui vient du Père, du Fils et du Saint-Esprit, il n’y a pas de mystères pour plus tard, il n’y a pas de vérités supérieures que Dieu réserve aux disciples accomplis qui ont atteint les degrés les plus élevés de la foi et peuvent entendre les mystères divins que l’on cache aux bébés spirituels. Non, c’est la même Parole que le Père, le Fils et le Saint-Esprit transmettent…

 

Si le Seigneur Jésus a encore beaucoup à dire aux disciples, ce ne sont pas des choses nouvelles qui viennent compléter ce qu’Il leur a déjà dit, le Seigneur a encore beaucoup à dire pour faire comprendre ce qu’il a enseigné, il n’est pas en train de leur promettre que l’Esprit-Saint viendra donner une autre révélation sur Dieu, des vérités/mystères/secrets de plus concernant le salut et la vie éternelle. Pas du tout, l’Esprit conduit les disciples dans toute LA vérité, la seule et unique vérité qui est Jésus : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jean 14, 6). L’Esprit nous guide dans notre marche spirituelle pour que nous apprenions à mieux connaître Celui qui est la seule et unique révélation de Dieu, c’est le Seigneur Jésus. Le travail du Saint-Esprit consiste à nous conduire dans notre méditation et dans nos réflexions afin que nous puissions mieux comprendre la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ.

 

« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire... » Le Sauveur, le Roi qui porte un nom au-dessus de tous les noms (Philippiens 2, 9) veut parler aux hommes, il veut bien s’abaisser jusqu’à nous. Il ne consent pas à nous parler comme si ça lui était pénible, il désire parler à l’homme qu’il a créé, quel privilège inouï, quelle grâce !

 

Il est important de noter que Jésus s’adresse aux apôtres, c’est-à-dire à ceux dont il a dit lui-même qu’il ne les appelle plus « serviteurs » mais « amis », ce sont donc ses intimes à qui il ne cache rien, ceux qui connaissent son enseignement, ceux à qui il explique tout en privé… Mais même pour eux, il y a encore du boulot ! On peut être dans l’église depuis très longtemps, on peut avoir une longue pratique de la lecture de la Bible, des diplômes en théologie, des années de ministère pastoral, on peut avoir comme disait l’apôtre Paul « la science de tous les mystères et toute la connaissance », et pourtant il y a tant de vérités salutaires qu’on ne comprend pas encore…

 

Saint Augustin a écrit sur ce texte que la faiblesse de l'esprit humain n'est pas capable de comprendre les vérités salutaires que l’Esprit Saint enseigne. Vu sous cet angle, le constat n’est pas très encourageant, on a l’impression qu’on ne pourra jamais tout comprendre de ce que la Bible enseigne, il y aura toujours une part inaccessible… Je pense que Saint Augustin veut encourager les chrétiens à recevoir avec humilité la parole du Christ et à reconnaître que sans l’aide de l’Esprit Saint, on ne peut pas comprendre les vérités bibliques, même si on capable de les expliquer intellectuellement…

 

Par exemple, on est capable d’expliquer intellectuellement l’histoire du salut … sans en saisir le sens profond… On peut expliquer, en se basant sur le texte biblique, pourquoi Jésus est venu, pourquoi il est mort à la croix et ressuscité, pourquoi il a promis le Saint-Esprit, on peut maîtriser la théologie et expliquer intellectuellement l’œuvre de Dieu à partir de ce qu’on connaît de la Bible, mais ça n’a rien à voir avec ce que l’Esprit de Dieu enseigne lui-même, ça n’a rien à voir avec l’éclairage nouveau que donne l’Esprit de vérité qui suscite la foi, qui opère la nouvelle naissance. L’Esprit allume dans le cœur une flamme qui renouvelle entièrement notre intelligence, comme les disciples au jour de Pentecôte (le fait de parler en d’autres langues, c’est l’expression de cette intelligence nouvelle, donnée par le Saint-Esprit, qui permet aux disciples de comprendre les merveilles de Dieu et d’en témoigner). Par nous-mêmes, nous ne pouvons pas comprendre qui est Dieu et ce qu’il fait, même si nous comprenons intellectuellement la construction théologique du salut chrétien, on a besoin que l’Esprit Saint nous révèle Dieu, dans le cœur, et là c’est tout autre chose…

 

« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. » L’Esprit Saint est comme un enseignant qui s’adapte à la situation de l’élève : on ne demande pas à un élève de CP de comprendre ce qu’on fait en CM2, on attend qu’il grandisse et acquiert certaines connaissances pour lui donner des exercices adaptés à son niveau. C’est pareil pour le Saint-Esprit : il nous enseigne selon ce que chacun peut comprendre. Parfois on est confronté à des situations qui font qu’on a du mal à recevoir l’enseignement de Jésus, on n’est pas dans les bonnes dispositions pour entendre ce que dit l’Esprit du Seigneur, alors il attend le bon moment, quand nous serons prêts, quand nous serons disposés à recevoir son message et quand nous serons capables de porter la parole du Christ, d’en accueillir la force, le changement radical, le bouleversement qu’elle suscite, comme l’ont vécu les disciples le jour de la Pentecôte (le bruit violent qui remplit la maison, le feu qui se pose sur chacun, la glossolalie, c’est un grand bouleversement)…

 

Saint Augustin a encore écrit : ‘L'Esprit Saint enseigne aux fidèles les choses spirituelles d'une manière proportionnée à leurs dispositions.’  L’Esprit de Dieu est un éducateur patient et persévérant, il prend le temps qu’il faut pour instruire chacun dans la connaissance de la Parole de Dieu. Sans juger ni condamner, il instruit inlassablement, en allant au rythme de chacun, pour que nous comprenions toutes choses. Si on est prêt ou non, le Seigneur le sait ; dans le texte Jésus dit à ses disciples : ‘Maintenant vous ne pouvez pas supporter mes paroles’, donc il sait dans quel état d’esprit ils sont.

 

L’Esprit que Jésus a promis ne parle pas de sa propre initiative pour dire ce qu’il veut, il enseigne en conformité parfaite avec la Parole de Jésus qui est la Parole de Dieu. Ça signifie que l’Esprit-Saint éclaire la parole de Dieu, il agit en communion avec le Père et le Fils. C’est à cette communion que nous sommes appelés dans l’église. Que notre témoignage fasse entendre non pas nos propres paroles mais celles du Christ. Parfois on s’écoute parler au lieu d’être à l’écoute du Seigneur, pour que l’Église soit édifiée dans la communion fraternelle…

 

La finalité de ce que l’Esprit Saint annonce, dit le texte, c’est de glorifier Jésus, et on ne comprend pas bien pourquoi Jésus doit être glorifié alors que l’objectif de départ était de faire entendre des choses incomprises. La subtilité de l’évangile de Jean, c’est que l’action de glorifier le Christ est intimement liée à la croix, elle consiste précisément à parler de la croix : le Christ est glorifié à la croix où il met le comble à son amour en donnant sa vie ; il est célébré comme le Fils qui donne gloire au Père, qui manifeste l’amour infini du Père par ses souffrances et sa mort. Ça signifie que la mission du Saint-Esprit, c’est de faire connaître le Christ, parce que c’est à travers lui que Dieu dit son amour au monde.

 

Revenons un moment sur l’Esprit qui conduit dans la vérité. La vérité dans les évangiles, c’est ce qui est dévoilé, donc l’Esprit nous conduit au dévoilement. La vérité, c’est mettre à la lumière ce qui est caché, c’est sortir de l’obscurité pour être en pleine lumière avec Jésus, dans la sincérité/honnêteté. Car celui qui marche dans l’obscurité de l’erreur ne sait pas où il va, il tâtonne, se cogne, tombe, se fait mal, il est perdu… Quand on se laisse conduire par l’Esprit de Dieu, il dévoile ce qui est obscur, il nous fait comprendre nos erreurs et nos égarements, et il nous fait comprend aussi ce qui nous paraît compliqué dans l’évangile, ce que notre esprit était incapable de concevoir, de sorte que la parole du Christ devient lumineuse, avec l’aide du Saint-Esprit…

 

L’Esprit nous conduit tout doucement, il dévoile la vérité de l’évangile petit à petit, il n’est pas pressé. De toute façon, si ça va trop vite, on ne comprend rien. Ce n’est pas le lycée Hoche ou Sainte Geneviève, c’est l’école du Saint-Esprit qui prend le temps nécessaire pour dévoiler la vérité. Et cette vérité, ce ne sont pas des dogmes ou des points de doctrine défendus bec et oncles.  Non, la vérité dans l’évangile, comme je vous disais tout à l’heure, c’est le Christ qui a dévoilé la profondeur insondable de l’amour de Dieu en donnant sa vie pour le monde.

La vérité, mon frère/ma sœur, c’est que tu es aimé d’un amour éternel, indéfectible, inconditionnel, et cet amour ne changera jamais, quels que soient tes péchés… Quel que soit le mal que tu feras, l’amour de Dieu pour toi ne changera jamais… Rappelez-vous la parabole du fils prodigue qui prend son héritage et va le dilapider en faisant n’importe quoi, et quand il décide de rentrer à la maison il est persuadé que son père ne lui pardonnera pas, et il se punit lui-même, il se destitue lui-même de sa place de fils pour se mettre au rang des serviteurs… Mais quand il arrive à la maison, ce n’est pas la punition qui l’attend, c’est l’amour de son père qui lui a déjà pardonné et qui le prend dans ses bras, et il est heureux d’avoir retrouvé son enfant…

 

Voilà la vérité à laquelle l’Esprit veut nous conduire aujourd’hui : rien ne peut changer l’amour de Dieu pour chacun de nous, même si on rejette le Seigneur, même si on ne veut pas croire en sa Parole, même si on fait n’importe quoi, Dieu ne cesse jamais de nous aimer. Même si on est persuadé qu’on mérite la punition la plus sévère parce qu’on a péché, même si on pense qu’on a perdu notre place dans le cœur de Dieu, ce n’est pas vrai, Dieu continue de nous aimer avec le même amour… C’est cet amour-là que Jésus a manifesté à la croix quand il a supplié Dieu en disant : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font », dans la prière de Jésus, le monde pécheur est déjà sous le pardon de Dieu, sous la grâce, le monde pécheur est dans les bras d’amour du Père… C’est l’amour sans limites de Dieu qui est manifesté au monde, et nous ne sommes pas capables de concevoir, de supporter la profondeur d’un tel amour parce que quelque part, nous sommes enfermés dans le schéma culpabilisant du pécheur qui a une dette à payer à Dieu avant d’être pardonné, qui doit se mortifier pour apaiser la colère de Dieu… L’amour inconditionnel de Dieu, ça fait trop à recevoir d’un coup, c’est plus que notre intelligence ne peut supporter, parce que notre amour à nous a ses limites et pose ses conditions… Alors l’Esprit Saint vient pour nous l’expliquer. L’amour de Dieu est incommensurable, il est profond et insondable comme l’océan. Imaginez qu’on vous jette dans l’océan, c’est la panique, mais si la traversée se passe dans un bateau ou un sous-marin, ça sera beaucoup plus pratique pour découvrir l’océan : l’amour de Dieu est un océan à découvrir, et on a besoin que l’Esprit Saint nous conduise, pas à pas, à la découverte de cet amour, à la découverte de cette vérité : nous sommes aimés de Dieu inconditionnellement…

Il est donc essentiel de se laisser conduire par l’Esprit Saint, pour être vraiment dans cette relation de père et enfant avec Dieu, comme nous le fait comprendre l’apôtre Paul qui écrit aux chrétiens de Rome : « Car tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. » (Romains 8, 14).

 

Le Saint-Esprit nous conduit dans la vérité, ça veut aussi dire qu’en révélant l’amour de Dieu, l’Esprit nous amène à vivre la vraie liberté. La vraie liberté, ce n’est pas de faire tout ce qu’on veut sans tenir compte des autres, sans égards pour la vie d’autrui. La vraie liberté se vit dans l’amour, le pardon et la joie de Dieu, elle EST source d’amour, de pardon et de joie dans nos relations les uns avec les autres... Voilà la vérité que nous découvrons progressivement à l’école du Saint-Esprit.

 

L’évangile de Jean est peut-être celui qui parle de l’Esprit-Saint et de la trinité avec le plus de pédagogie et d’éléments explicatifs. Il explique qui est Dieu : Dieu est la Parole qui crée toutes choses au commencement, et puis la Parole prend chair, elle devient un homme, Dieu devient un Fils d’homme comme nous, il vient habiter sur la terre, il meurt et ressuscite, et comme les hommes n’ont toujours pas compris son message, Dieu revient en Esprit, et patiemment il explique, il redit, il rappelle tout ce qui a été dit depuis toujours, il rappelle l’amour dont il a aimé le monde… L’évangile de Jean explique pourquoi il y a Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, il explique comment Dieu est à la fois Père, Fils et Esprit : ce que le Père a (son amour inconditionnel pour les hommes), c’est exactement ce que le Fils a et manifeste à tous, et c’est cela que le Saint-Esprit vient redire et éclairer... Le Saint-Esprit ne fait pas autre chose que d’annoncer l’amour fidèle du Père et du Fils pour chacun de nous. Cet amour est difficile à comprendre et à recevoir, malgré et même en raison de notre éducation religieuse (!), c’est pourquoi le Seigneur Jésus dit qu’il a encore beaucoup à expliquer/enseigner, avec le concours du Saint-Esprit, pour que la grâce devienne audible et accessible à l’intelligence de la foi…

 

Conclusion :

Pentecôte, c’est l’Esprit qui glorifie Dieu, qui raconte à l’homme les merveilles de son amour.

Pentecôte, c’est l’Esprit qui souffle et murmure inlassablement à l’oreille des humains pour leur faire entendre le message de la grâce.

À Pentecôte, l’Esprit-Saint est venu pour nous guider et non pas nous faire la morale. Nous guider dans la compréhension de sa Parole.

L’Esprit-Saint est venu pour nous aider à marcher comme des enfants de Dieu, pour nous aider à vivre en ce monde comme témoins de Jésus-Christ, témoins de la vérité, témoins de l’amour de Dieu. Amen.

 

Publié le 21/05/2018 @ 18:24  Prévisualiser  Imprimer l'article
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