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Juillet 2017 - Déjeuner sur la plage avec Jésus - par Ruth-Annie Coyault

DÉJEUNER SUR LA PLAGE AVEC JÉSUS Jean 21, 1-14

« Lorsqu'ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés, du poisson dessus, et du pain… Jésus leur dit : Venez, mangez… » Un barbecue sur la plage, avec du poisson fraîchement pêché, un repas partagé entre amis, c’est le rêve de tout vacancier que Jésus fait vivre à ses disciples, sur le bord du lac de Tibériade. On n’imagine pas passer les vacances avec Jésus, en tout cas pas de cette façon-là, à se détendre au bord de l’eau en présence du Seigneur, allons donc, ce serait pure rêverie de chrétien naïf…

Pourtant, quelle belle histoire nous relate l’évangéliste Jean dans cette rencontre sur la plage avec le Ressuscité ! La plage, lieu de villégiature préféré des Français, devient dans l’évangile le lieu où le Christ attend ses amis pour les encourager et les nourrir. Ils ont travaillé dur pendant toute la nuit sans prendre un seul poisson dans leurs filets. Mais au matin, une voix retentit pour leur donner une heureuse consigne qui change l’échec en pêche miraculeuse. Alors, tout joyeux, les disciples plongent dans les eaux du lac pour rejoindre Jésus sur la plage.

Le Seigneur n’est-il pas présent dans nos lieux de vacances ? Ne nous attend-il pas là où nous ne pensons pas entendre sa Parole, parce que nous n’avons pas forcément prévu d’aller au culte durant l’été ? Mais Dieu, lui, n’est jamais en vacances, disait un prêtre italien à ses ouailles, il nous rejoint dans notre repos, non pas pour nous gâcher le plaisir avec une morale chrétienne rigide et rétrograde qui nous empêcherait de jouir de la vie, mais bien au contraire pour nous nourrir spirituellement, pour nous redonner force et courage dans toutes les choses pénibles que nous avons eu à porter tout au long de l’année et que nous n’arrivons pas toujours à déposer au cours des vacances bien méritées… Après l’effort, le réconfort ; après les combats, la couronne, dira l’apôtre Paul (2 Timothée 4, 7).

On pourrait voir dans ces retrouvailles au bord du lac de Tibériade une allégorie du paradis que la Genèse décrit comme un pays d’où jaillissent les quatre fleuves qui arrosent la terre (Genèse 2, 10-14), donc un lieu de délices entouré d’eau. Sur les rives éternelles, le Seigneur attend ses amis pour les réjouir et leur donner le repos après leurs durs travaux. Mais avant le repos éternel, il y a la détente nécessaire après le labeur de toute une année, et dans ce temps-là, nous sommes vivement invités à nous reposer en Dieu :

❖ Lâcher les tensions qui ont oppressé, les revers difficiles à vivre, rendre grâce à Dieu pour tout ce qu’il a permis d’accomplir avec succès (les disciples ont finalement pêché beaucoup de poissons),

❖ et enfin se restaurer (c’est le sens du repas sur la plage) dans la Parole et la présence du Seigneur pour pouvoir redémarrer à la rentrée, reposé, rafraîchi intérieurement et prêt à donner le meilleur de soi-même. Sur la plage, Jésus vous attend. Il a tout préparé, le poisson à la braise est bien cuit, le pain de sa Parole est prêt pour que vous mangiez et preniez toutes les forces dont vous aurez besoin pour vivre une autre belle année. Bon repos avec le Christ et bonne rentrée !

Ruth-Annie Coyault

 

Publié le 08/07/2017 @ 13:56  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 21 mai 2017 - par Pierrick Leprince

Jean 14 – 15-21 et 25-26 – JE NE VOUS LAISSERAI PAS

Marguerite Yourcenar qui n’est jamais rentrée dans un temple a écrit : je ne sais si Dieu existe mais les écritures sur la venue et la vie de Jésus ont tant bouleversé le monde que l’on doit tout de même admettre qu’elles restent la seule révolution toujours en marche depuis 2000 ans et qui aura tant changé le monde.

Chers frères et sœurs,

Il faut bien s’accrocher à l’évidence d’une agnostique pour aborder cette lecture un peu ardue, ce texte obscur et abstrait qui nous est proposé en ce 6ème Dimanche après Pâques.

Obscur parce que nous sommes situés au fin fond de la trilogie Chrétienne. Le père, le fils et l’esprit saint. Cette 3ème dimension, celle de l’esprit est probablement la plus difficile à percevoir et pourtant c’est bien l’esprit de Dieu qui nous réunit ce matin et qui affirme la présence de Dieu.

 

Dieu, Dieu le père qu’Abraham père des croyants a révélé au monde entier. Avec  le calendrier hébraïque du Roi David, nos frères aînés ont fêté cette année, l’année 5777. Dieu le père, référence incontestable et figure tutélaire de toutes les religions monothéistes c’est-à-dire environ 3.7Mias d’habitants sur Terre. Ce Dieu que personne n’a jamais vu et que seuls quelques-uns ont entendu.

Dieu le Fils, notre seigneur Jésus Christ, donné par Judas, renié par Pierre, crucifié sous Ponce Pilate, ressuscité à Pâques et toujours reconnu 2017 années après par 2Mias de Chrétiens, dont 65 fidèles ici à Versailles ce matin. Dieu qui s’est fait homme et compagnon avec ses disciples et ses apôtres, le Dieu qui a été vu, entendu et reconnu.

Si ce texte parait abstrait c’est qu’il inaugure les discours qui parlent de l’après, c’est-à-dire quand Jésus ne sera plus là. À l’heure où Jésus va passer de ce monde à son père. C’est en quelque sorte un discours d’adieu que l’on pourrait résumer par : Je m’en vais…mais je reviendrai !

 

Cela ne vous rappelle rien ? Cet évangile n’est pas sans rappeler les paraboles et on y entend les mêmes accents.

Parabole du vigneron : un homme loua sa vigne et partit en voyage…parabole des Talents : un homme partant en voyage, appela ses serviteurs et leur confia tous ses biens…parabole des mines : un homme de haute naissance s’en alla pour un pays lointain…parabole du Maître qui sert à table ses serviteurs : attendre le Maître parti au loin pour célébrer ses noces…C’est vrai encore des paraboles des 10 Vierges, du portier , du maître des noces et aussi du berger abandonnant son troupeau pour partir lui aussi dans le désert. Tous sont partis et tous sont revenus

Dans cet évangile on comprend que Jésus veut raffermir la foi de ses disciples qui sont doublement ébranlés : par l’annonce de son départ,  par le reniement de Pierre et la trahison de Judas.

Il ne faut jamais oublier quel drame les disciples ont vécu. Celui en qui ils avaient mis leur foi, celui qu’ils espéraient comme devant être le messie-sauveur de la nation, celui-là à leurs yeux semblent avoir échoué.

Je ne vous laisserai pas orphelins…j’intercèderai auprès du père…il vous donnera un autre paraclet pour qu’il soit avec vous pour toujours dit l’évangile.

Ainsi pour aider ses disciples, voilà ce que Jésus leur promet : un autre paraclet. Mais qui est-ce ce paraclet ?

En vérité dans la traduction ordinaire de la Bible, on ne parle pas de paraclet mais de défenseur. C’est une définition bien incomplète qu’elle nous propose, c’est pourquoi j’ai conservé le mot d’origine et j’ai trouvé 2 belles définitions du mot Paraclet.

En araméen, la langue parlée en Palestine au temps de Jésus, le Paraklita était celui qui traduisait la bible de l’hébreu qui n’était plus parlé, à l’araméen qui était devenu la langue pratiquée. Le mot est la simple transposition d’un mot grec : paraklétos, dont la définition est celui « qu’on appelle auprès de soi » comme un conseiller, un avocat, ou un interprète.

Comment en effet garder la pensée du père et la parole du fils et comment les porter dans l’actualité de notre vie ? C’est en étant en communion avec l’esprit de Dieu que les disciples puiseront leur sagesse de vie. Voilà ce que Jésus révèle.

Le véritable « esprit de Dieu» se lit comme est un processus d’unification de la terre d’aujourd’hui au ciel infini. Non seulement l’esprit va rappeler les paroles de Jésus mais, comme un paraclet, il va les interpréter, les traduire pour notre aujourd’hui, dans le contexte de la vie quotidienne de chaque disciple, car c’est à cela que nous avons été appelés: A la source de la transmission de l’être.

Utilisons les données de l’univers pour leur donner un but. Soyons, dans ce monde profane et dans l’histoire, selon la mesure qui est la nôtre et aussi modeste que soit notre place, des ouvriers avec Dieu. Sinon nous tournerons en rond. Non seulement l’esprit va traduire ces paroles mais encore il va les faire vivre !

On ne garde bien dans sa mémoire que ce que l’on a acté, que ce que l’on fait, que ce que l’on vit, que ce que l’on active. Autrement la parole reste une parole morte.

On ne garde la parole qu’en la faisant, on ne garde la sagesse de vie qu’en l’appliquant.

Tel est le pouvoir que nous donne l’esprit. Il consiste à faire avancer l’humanité vers l’état ultime de la création en appelant les hommes et les femmes au meilleur d’eux-mêmes.

Lorsqu’on bénit l’assemblée à la fin d’un culte, on appelle toutes les potentialités de ceux qu’on bénit à se réaliser. On pourrait aussi bien prononcer de la part de Dieu les mots suivants : Vous êtes appelés au meilleur de vous-mêmes ! Que tout ce qui, en vous, est positif, créatif, s’épanouisse sans entrave et dans l’esprit !

La sagesse transmise par les paroles de Jésus est comme un logiciel d’ordinateur ;

Elle peut informer nos pensées et nos gestes.

Car elle est une information qui peut donner forme à notre vie et la façonner.

Et c’est l’esprit du père qui active cette information, l’esprit qui est la force d’amour.

C’est pourquoi jésus fait un lien entre garder la parole et aimer.

Si vous m’aimez, vous garderez mes préceptes car c’est l’amour qui conduit à mettre en pratique la sagesse qui vient du père divin. C’est cela être disciple de Jésus : aimer et vivre au nom du fils, comme le fils vit et aime au nom du père. Et cette vie dans l’amour nous est possible par l’esprit car il est le trait d’union dont nous avons besoin.

 

Les prophètes juifs avaient perçu que, pour vivre la Tora, il fallait que Dieu leur en donne la force.

Je mettrai mon esprit en vous, vous garderez et pratiquerez mes préceptes (Ezéquiel 36,27).

Jésus fait cette même promesse et c’est en son nom que le père enverra le paraclet.

L’évangile que nous lisons chaque dimanche peut être lu comme un écrit inactif, dépassé, lointain.

Et chaque dimanche il est dit et redit par des personnes vivantes, animées de l’esprit de Jésus.

Voilà pourquoi il faut écouter la parole de Dieu dans les temples afin qu’elle soit relayée par sa famille, sa famille spirituelle : celle composée de tous ceux qui sont à l’écoute de la parole du père divin.

Qui sont ma mère, mes frères, mes sœurs ? dira Jésus (Luc 8.21), ce sont ceux qui écoutent la parole du père et la font, la mettent en application.

Voilà pourquoi il faut écouter la parole avec d’autres disciples, entre chrétiens.

A travers eux, la parole de Dieu est vivante et elle nous façonne.

La tradition Juive encore s’exprime ainsi : quiconque fait apprendre les leçons de la Tora au fils de son prochain, cela lui est compté comme s’il l’avait déjà engendré.

Le père qui engendre selon la chair est remplacé par le père qui engendre selon l’esprit.

Paul rappellera cette filiation dans la première lettre aux corinthiens chapitre 4 versets 15-16 et chapitre 11 verset 1:

« Quand bien même vous auriez 10'000 pédagogues en christ, vous n’aurez pas plusieurs pères.

C’est moi qui, par l’évangile, vous ai engendrés en Jésus Christ,  par l’esprit soyez donc mes imitateurs comme moi j’imite le Christ »

 

En vérité, Dieu a besoin d’un signe de la part de l’homme. Il a besoin de pouvoir compter sur Lui. Il a besoin que l’homme Lui fasse don de son cœur, de son âme, de sa force, de sa pensée. Il a besoin de nos mains à son service. Et c’est bien dans l’esprit que nous pouvons Lui donner tout cela. Nous établissons une relation de confiance avec Lui et nous Lui faisons savoir que nous avançons ensemble. Dieu a besoin aussi de se savoir aimer de ses créatures. C’est cet amour partagé qui est le moteur de son projet. Sans son esprit, le projet de Dieu est bloqué. Et nous tournons en rond.

Le dessein de Dieu pour l’Homme c’est un espace de liberté pour qu’il ne soit plus écrasé par une puissance extérieure.

Le Maître s’en va et me remet toute son autorité. Il m’émancipe, me rend adulte, majeur et responsable. Il m’établit comme homme libre, dans l’esprit (entendons grâce à l’esprit). Seul un amour immense, un amour de Dieu peut ainsi conduire  vers la liberté.

Aimer non pour posséder, maîtriser, maltraiter, exploiter, avilir, mais pour rendre libre. Non pour séduire, appâter, flatter mais pour épanouir et faire grandir. L’esprit de Dieu te fera grandir et tu pourras compter sur lui.

Chers sœurs et frères, nous sommes au bénéfice d’un don et d’une promesse. Ce qu’il appartient à Dieu de faire, nul homme ne le pourrait. Et ce qu’il appartient à l’homme de faire, Dieu le lui laissera. Comme si chacun avait sa place et devait s’y tenir !

C’est aussi cela le message que nous devons entendre en ces dimanches après Pâques. Dieu a un projet pour nous et il entend que nous puissions le vivre pleinement et sans lui. Osons abandonner à Dieu ce que nous sommes dans la confiance, pour faire grandir en nous le Christ ressuscité et laissons l’esprit transformé notre existence.

C’est Dieu qui le demande. Parce que nous sommes simplement celles et ceux auxquels il répète avec insistance: Ensemble, faisons l’homme à notre image !

Amen                                                                                 

Pierrick LEPRINCE 18/05/2017

Publié le 24/05/2017 @ 20:10  Prévisualiser  Imprimer l'article
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