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Dimanche 13 aout 2017 - par Jacques Bosch

Jésus marche sur l’eau Matthieu 14

Les miracles se suivent mais ne se ressemblent pas. A quelques heures d’intervalle les disciples ont été témoins et participants actifs à deux miracles médiatiquement très différents. La multiplication des pains, titre aujourd’hui remplacé dans la TOB par « Jésus nourrit une grande foule » et « Jésus marche sur la mer ».

Dans chacun de ces récits, on a l’impression très nette que Jésus n’accepte de faire un miracle, d’user de son pouvoir que contraint et forcé.

-       Forcé par la demande d’un malade ou de sa famille

-       Forcé aussi et surtout par son amour pour les hommes dont la détresse ne peut le laisser insensible

-       Forcé enfin par la foi, la confiance que mettent en lui les malades et leurs proches.

Jésus redoute que dans ces miracles demandés et redemandés par les foules avides de sensationnel, ce ne soit que cet aspect magique, ce côté spectacle qui soit recherché.

Frères et sœurs, vous le savez, chaque miracle est porteur d’un message, constitue un signe, auquel le bénéficiaire, la foule qui l’entoure et nous-mêmes sommes invités à être attentifs ;

Le miracle ce n’est pas d’abord qu’un lépreux soit guéri ou qu’un aveugle retrouve la vue, mais qu’au travers de cette guérison, l’amour de Dieu soit révélé. Que son  attente à notre égard soit rappelée et qu’à l’intérieur du cœur de l’homme, quelque chose soit changé.

Ceci étant dit, ne trouvez-vous pas que la marche de Jésus sur l’eau nous laisse perplexes et nous interpelle ?

S’il est un miracle qui suscite incrédulité, dérision, sarcasmes ironiques, aussi bien chez les incroyants que chez les autres, c’est bien celui-là. N’apparait il pas en effet au premier abord comme un miracle inutile, spectaculaire et gratuit, dont l’enseignement n’apparait pas évident.

Essayons d’en discerner certains aspects.

 

Après une journée chargée,

…  désirant échapper à la foule des 5000 hommes et femmes qui viennent de vivre la multiplication des pains

désirant échapper à cette foule qui voudrait le faire roi, dans un premier temps, Jésus oblige ses disciples à le laisser seul à remonter dans la barque pour le précéder sur l’autre rive du lac afin que lui-même, après avoir renvoyé la foule, puisse monter dans la montagne pour prier seul… Seul avec Dieu.

Pendant ce temps la barque des disciples s’est éloigné du rivage et lutte contre le vent contraire qui s’est levé avec la tombée de la nuit.

Jésus a laissé ses disciples confrontés seuls aux difficultés de la tempête et de la nuit…. Il les laisse « ramer » au physique comme au figuré….ce n’est certes pas un abandon mais sans doute une épreuve nécessaire à leur croissance spirituelle.

D’ailleurs, même lorsqu’il semble absent, lorsqu’ on le croit absent, il demeure présent.

En effet, au milieu ou à la fin de la nuit, il les rejoint marchant sur les eaux.

Jésus marche sur les eaux…..

Réalité physique ou image symbolique ? Cette marche qui échappe aux lois de la gravitation universelle et qui laisse beaucoup de monde pour le moins sceptique, n’est-elle pas la préfiguration de la victoire du Christ sur la mort ?

La préfiguration de Pâque ?

En effet, ce sont les forces de mort représentées par l’eau et les ténèbres qui semblent dominer.

Revenons au texte lui-même. Paradoxalement, alors que les disciples luttent contre la tempête, regrettant l’absence de Jésus, lorsque celui-ci les rejoint, son apparition suscite panique et affolement.

Il est vrai que les disciples ne s’attendaient pas à le voir arriver dans ces conditions. C’est un fantôme disent-ils et de pousser des cris d’effroi.

Jésus essaye bien de les rassurer confiance…c’est moi….n’ayez pas peur ! Mais sans grand succès semble-t-il !

Il est vrai que garder confiance…. Ne pas avoir peur…. Dans une barque qui à chaque instant menace de se renverser…. De sombrer …. Est plutôt difficile….difficile, même si une voix vous y invite. D’ailleurs cette voix, comment l’identifier ? Comment la reconnaître dans la tempête ? La reconnaître avec certitude ? Comment savoir que celui qu’ils voient ou croient voir n’est pas un fantôme mais bien Jésus leur maître bien aimé ?

Et c’est Pierre l’impulsif, l’enthousiaste qui clarifie la situation … La clarifie en mettant Jésus au défi.

                                   Au défi de se révéler

                                   En le mettant à l’épreuve

                                   En tentant Dieu

 

·      Si c’est toi……Si

Vous vous souvenez certainement du récit de la tentation,

Si tu es le fils de Dieu dit Satan, ordonne que ces pierres deviennent des pains

Si tu es le fils de Dieu jette toi en bas du haut du temple …

Mais Jésus réplique à Satan, « tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ».

Et pourtant, cette nuit-là, Jésus accepte que Pierre le mette à l’épreuve

Si c’est toi, ordonne-moi de te rejoindre…. De te rejoindre sur l’eau.

C’est vrai…. Pierre tente Jésus, le met à l’épreuve, mais en même temps, il s’implique lui-même

… il prend des risques, le risque de croire….d’engager sa vie.

Réponse de Jésus, un seul mot, Viens !

Une parole qui le met en marche, comme l’avait mis en marche le

                                   Suis moi !

Qui a marqué le début de son aventure avec Jésus.

Viens…. Un mot….un appel… reçu dans la foi … et Pierre sort de la barque….Dans la nuit….dans le vent

Frères et sœurs, il fallait le faire !

Et Pierre lui aussi marche sur l’eau,…va vers Jésus… mais lorsqu’il cesse de régarder à Jésus, lorsqu’il réalise que lui Pierre marche sur l’eau et que le vent est fort….

Alors il commence à couler

Seigneur, sauve moi !.... pas de reproche mais un cri, un cri de détresse mais qui est aussi un cri de foi…

Il ne doute pas que Jésus puisse et veuille le sauver.

Tendant la main, Jésus le saisit. « Homme de peu de foi…. Pourquoi as tu douté ? »

Peu de foi ? Sincèrement, frères et sœurs, ne trouvez-vous pas ce reproche excessif ?

Car ce peu de foi devait quand même être gros comme un grain de moutarde car s’il n’a pas suffi à déplacer une montagne, il a permis à Pierre de se dépasser lui-même, de dépasser sa peur dans un élan de foi extraordinaire et d’aller rejoindre Jésus ?

Peu de foi ? Mais, qu’est-ce que c’est que la foi ?

En simplifiant, on peut dire que le mot foi revient de deux mots grecs traduits de l’hébreu,

le 1er de ces mots a donné en français le verbe « se fier »… se fier à quelqu’un, avoir confiance en lui. On retrouve l’idée en français dans le mot « fiancé ». Fiancés,  deux êtres qui se font mutuellement confiance pour décider de partager leur vie

Le 2ème mot se traduit par le mot croire, croire c’est avoir foi en quelqu’un.

Revenons à Pierre, la foi qui le pousse à risquer sa vie en sortant de la barque pour aller à la rencontre de Jésus est comme une petite étincelle de confiance qui jaillit dans son cœur et le pousse en avant.

Comme toute étincelle elle connait un sommet de brillance qui après un temps fort peut diminuer d’intensité et être suivie d’obscurité.

Après sa sortie de la barque, il y a eu doute….début de noyade…. et main secourable de Jésus.

Le doute est le compagnon inséparable de la foi…. Il la suit comme son ombre. N’en est-il pas de même très souvent, de notre foi ?

Jésus aidant Pierre, tous deux regagnent la barque, précision très importante, soulignant à mon point de vue que Jésus invite Pierre à regagner sa vraie place d’homme

- c’est-à-dire en gardant les pieds sur terre, terme imagé pour une barque, la barque, symbole de l’Eglise, son mât figurant la croix.

- sa vraie place qui n’est pas de marcher sur l’eau, mais d’essayer de vivre sa vocation d’homme.

 

Nous aussi, frères et sœurs, ne sommes-nous pas ainsi invités à rester les pieds sur terre, à y travailler, en particulier dans l’Eglise, cette image ne serait-elle pas le premier enseignement de ce miracle ?

Le deuxième,

 si nous sommes dans la détresse, qu’elle qu’en soit l’origine et la cause, souvenons-nous que le Seigneur attend notre appel et n’y restera ni insensible, ni inactif. 

Publié le 12/11/2017 @ 11:41  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 01 ocotbre 2017 - par Jacques Bosch

Matthieu 21 versets 28 à 32 – Parabole des deux fils – Prédication du 1er octobre 2017

 

Quel est votre avis ?  C’est ainsi que Jésus s’adresse à la foule qui l’entoure…

 Il n’était pas fréquent d’après les Evangiles, que Jésus demande à la foule son avis sur une question importante, mais par contre, il interrogeait volontiers ses disciples dans un cadre plus intime.

Pour l’heure, Jésus essaye de capter l’attention, de piquer l’intérêt de son auditoire, mais sans encore préciser le sujet de son enquête. Pour ce faire, conformément à son habitude, il va utiliser une parabole. Une petite histoire empruntée à la vie de tous les jours des femmes et des hommes de son époque, une vie qui s’avère très semblable à la nôtre, avec entre autre, les difficultés relationnelles entre parents et enfants…

… En l’occurrence, un père demande à ses deux fils d’aller travailler dans sa vigne.

Remarquons

-        Que la demande n’est pas lancée de loin comme un ordre, mais le père se déplace, va vers chacun de ses fils pour leur parler

-        L’image utilisée, travailler dans la vigne, remonte à Esaïe pour désigner le peuple d’Israël. Cette image n’est pas limitative et évoque dans son ensemble, le service de Dieu auquel tous les hommes sont appelés.

-        La vigne, objet de toute la sollicitude de Dieu, de tous ses soins, est une image très forte de son amour pour les hommes et en particulier pour le peuple d’Israël avec lequel il a conclu une Alliance, la Première Alliance.

Le 1er fils accepte, dit oui… mais ne fait pas

Le 2ème fils refuse, commence par refuser en mettant peut être en avant toutes sortes de raisons bonnes ou mauvaises, mais après réflexion, remords, accède à la demande de son père et va travailler à la vigne.

QUESTION… posée à la foule et à chacun de nous :

Quel est  à votre avis celui des deux fils qui a fait la volonté de son Père ?

-        Celui du oui qui est devenu non ?

-        Celui du non qui est devenu oui ?

Réponse unanime de la foule : celui qui est allé travailler dans la vigne quel qu’ait été son refus initial.

Avant de poursuivre notre méditation, quelques rappels politico-religieux de l’époque 

-        La fracture entre les autorités religieuses et Jésus n’est pas encore totale

-        Le dialogue n’est pas encore rompu, mais l’opposition est vive et explique la question pour le moins agressive posée à Jésus aux versets 23 et 24, « de qui tiens tu ton autorité ? du ciel… autrement dit de Dieu…. ? ou des hommes … ?

A cette question, Jésus répond par une autre question :

                  « Le baptême de Jean Baptiste, d’où vient-il ? Du ciel ou des hommes ? »

-        Après avoir soupesé les conséquences possibles d’une réponse,

Après avoir hésité…

La réponse des autorités religieuses est : « Nous ne savons pas ».

-        Jésus devant leur refus de répondre à  sa question, refuse de répondre à la leur.

Les auditeurs de Jésus ont vraisemblablement essayé de personnifier les 2 fils. De même les premiers lecteurs de l’Evangile de Matthieu :

                                   - dans le 1er fils, ils ont vu le peuple d’Israël

- dans le 2 è fils, les peuples voisins non héritiers de la Promesse de l’Alliance, mais qui étaient très marqués par la culture et les pratiques religieuses juives : par exemple, les Samaritains ou encore les Syro Phéniciens.

Les spécialistes ont remarqué que dans certains manuscrits de l’Evangile de Matthieu, les positions initiales prises respectivement par les deux fils, avaient été inversées.

De là à conclure que Jésus soulignait la désobéissance effective du peuple d’Israël,

… la question reste ouverte.

 

En répondant à la question des Autorités religieuses relative à sa propre autorité, par la question relative à l’autorité, la validité du Baptême de Jean-Baptiste, Jésus semble déplacer le problème, semble « botter en touche », mais en fait il éclaire, il explicite le sens des mots :

« Faire la volonté du Père »…. Et cela en introduisant l’idée maitresse de CROIRE

 

Faire la volonté du Père, ne peut se limiter à une ou plusieurs actions concrètes… mais implique, nécessite de … CROIRE à cette volonté, à sa validité, sa valeur… de lui faire CONFIANCE,  de la prendre au sérieux.

Cela implique une conversion, un changement de regard, de comportement, comme croire au baptême de Jean Baptiste.

Cela implique d’AIMER cette volonté exprimée dans sa PAROLE qu’elle soit annoncée par Moïse, Jean-Baptiste ou un autre prophète.

 

Essayons de réfléchir aux « NON » qui sont devenus des « OUI » et aux « OUI » initiaux qui sont devenus des « NON » effectifs, mais, je l’espère, provisoires.

-        Dans le changement d’attitude des premiers, je distinguerais volontiers la main même du Seigneur, du Père qui pardonne et reste toujours prêt  à accueillir un de ses enfants, toujours prêt à l’embaucher, à l’envoyer dans sa vigne.

Cette offre de salut, d’appel au changement, à la repentance, cette offre d’accueil, peut prendre des formes diverses. Jean-Baptiste a de nombreux successeurs, les voies du seigneur sont nombreuses et parfois surprenantes.

-        Quant aux « OUI » qui sont devenus des « NON ». Seul le Seigneur connait les raisons profondes de ces résistances qui tiennent à l’histoire de chacun, au poids des héritages, familiaux, culturels, religieux.

Ce qui me parait devoir être affirmé, c’est que la Parabole des deux frères n’est pas

 UNE PAROLE DE JUGEMENT, DE CONDAMNATION,         MAIS D’ESPERANCE.

Ne nous y trompons pas, ce n’est pas parce que les collecteurs d’impôts collaborent avec les Romains ou que les Prostituées mènent une vie dissolue que Jésus les donne en exemple, mais parce que certains d’entre eux ont pris au sérieux le message de Jean-Baptiste, celui de Dieu !

                         Ils se sont convertis, ont changé de vie après avoir reçu le baptême !

Vous l’avez certainement compris, la Parabole est une Parole d’actualité qui nous concerne toutes et tous aujourd’hui comme hier et demain.

Elle nous interpelle et nous invite à réfléchir à la réponse que nous avons donnée et que nous donnons à l’appel que Dieu adresse à chacun, individuellement, de travailler à sa vigne, de répondre à son appel.

 

AMEN

                 

 

 

Publié le 12/11/2017 @ 11:36  Prévisualiser  Imprimer l'article
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