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Dimanche 24 octobre 2010 - par Philippe Grand d'Esnon

 

Culte de la Réformation
Romains 1, 1-17
 
Le Juste vivra par la foi.
De tous temps les hommes se sont préoccupés du sens de leur vie et de leur salut.
Mais au Moyen-âge cette question du salut était même la seule question qui semblait compter. Tout le monde alors se préoccupait de la question du salut et sa place devant Dieu.
Le moine Martin Luther se posait ces questions et il eut l’idée d’aller chercher dans la Bible réponse à ces questions.
Luther, dans ses mémoires, parle de ses recherches continuelles pour comprendre la parole de Dieu : « enfin, Dieu ayant pitié, et alors que je méditais jours et nuits, je remarquai l’enchaînement des mots, à savoir : « la justice de Dieu est révélée en lui », comme il est écrit : « Le juste vivra par la foi » ; alors je commençai à comprendre que la justice de Dieu est celle par laquelle le juste vit du don de Dieu, à savoir de la foi, et que la signification était celle-ci : par l’Evangile est révélée la justice de Dieu, à savoir la justice passive, par laquelle le Dieu miséricordieux nous justifie par la foi, selon qu’il est écrit : le juste vit par la foi.
Alors je me sentis un homme né de nouveau et entré, les portes grandes ouvertes, dans le paradis même. Dès lors l’Ecriture tout entière prend à mes yeux un aspect nouveau.»
 
L’homme n’est pas justifié par ses œuvres devant Dieu, mais c’est Dieu librement qui justifie l’homme.
La conviction de Luther est que le salut ne s’obtient pas par des œuvres humaines, comme le disait alors l’Eglise mais qu’il est entièrement reçu de Dieu.
 
Le besoin de s’assurer de son salut par des œuvres humaines avait conduit inévitablement à son exploitation financière : le système des indulgences, qui garantissait un accès plus rapide au paradis moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.
En achetant à l’Eglise des indulgences on obtenait des remises de peines pour soi-même ou pour ses proches, remises de peine qui permettait d’accéder au paradis.
Selon le beau slogan publicitaire de l’époque : « Aussitôt que l'argent tinte dans la caisse, l'âme s'envole du Purgatoire».
Le marketing n’est pas une invention de l’époque moderne.
Luther s’insurgea contre ce système en publiant en 1517 ses 95 thèses dans lesquelles il affirme qu’il est vain de croire à un salut acquis par l’achat des indulgences et que l’achat de ces indulgences ne peut avoir qu’une seule efficacité : remplir les caisses du pape.
Luther affirme que toute œuvre humaine est inutile pour le salut.
La grâce de Dieu ne s’achète pas, elle n’est pas une marchandise.
Dieu pardonne sans cesse gratuitement par sa grâce inestimable.
Les choses ont bien évolué depuis la Réforme.
Le 31 octobre 1999, à Augsbourg, en Allemagne, les représentants de l'Eglise catholique et des Eglises luthériennes ont signé un accord sur la justification.
" Notre foi commune, dit le texte, proclame que la justification est l'oeuvre du Dieu trinitaire. Le Père a envoyé son Fils dans le monde en vue du salut du pécheur. L'incarnation, la mort et la résurrection du Christ sont le fondement et le préalable de la justification... Nous confessons ensemble : c'est seulement par la grâce par le moyen de la foi en l'action salvifique du Christ, et non sur la base de notre mérite, que nous sommes acceptés par Dieu et que nous recevons l'Esprit Saint qui renouvelle nos coeurs, nous habilite et nous appelle à accomplir des oeuvres bonnes... "
Cette déclaration a constitué un pas considérable pour le mouvement œcuménique.
Mais, bien sûr, toutes les divergences n’ont pas disparu.
Les indulgences même existent toujours aujourd’hui au sein de l’Église catholique, mais le système a été largement modifié. Mais elles ne sont plus vendues, le but financier a disparu. Et le Catéchisme catholique nous indique que l’indulgence libère seulement de la « peine temporelle » du péché et non de la « peine éternelle » — c'est-à-dire de la privation de la « vie éternelle », de la communion avec Dieu. Selon le catéchisme catholique : L’indulgence produit la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l'action de l'Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints. Ce n’est pas très simple à comprendre. J’imagine une comparaison : après une faute de conduite et qu’on ait perdu tous ses points du permis. La grâce est de pouvoir conduire de nouveau en récupérant ses points, mais il faut quand même payer l’amende.
Et lors du jubilé de l'an 2000, l'Église catholique a attribué des indulgences, malgré les protestations protestantes. La réponse de l'Église catholique était que la pratique des indulgences ne concerne que la remise des peines temporelles et ne remet donc pas en question la doctrine de la justification.
Mais comme Luther revenons au texte biblique.
Le Juste vivra par la foi.
Par ces paroles l’apôtre Paul conclue l’introduction de son épître aux Romains et résume le sens de tout ce qu’il va dire dans ce texte.
Ces paroles en fait ne sont pas de Paul mais proviennent d’un prophète, plus très connu : Habacuc.
Habacuc écrit vers 600 avant Jésus-Christ, au moment où l’effondrement de l’Etat judéen devant la puissance babylonienne suscite le désespoir chez les juifs. La réponse de Dieu que transmet Habacuc est que malgré l’effondrement politique, le juste vivra et vivra malgré cela par la constance, la fermeté, la foi. Le mot hébreu amounah en hébreu (même racine qu’amen) il a été traduit en grec version utilisée par Paul, par pisteos qui veut effectivement dire foi.
Le Juste vivra par la foi.
Pas par ses mérites ni par ses réalisations personnelles qui pourraient le faire valoir aux yeux du monde, simplement par la foi.
Et pas par les œuvres de la loi nous dit Paul. Il déclare dans cette même Epître aux Romains : Nous estimons que l’être humain est justifié par la foi, en dehors des œuvres de la loi(3,28).
Aujourd’hui nous n’avons plus les œuvres de la loi que critiquait Paul pour nous justifier mais nous avons bien d’autres choses semblables. Nous avons tout autant le besoin naturel de nous faire valoir de nous justifier dans nos activités professionnelles ou privées, besoin qui se manifeste par l’activité, la fébrilité et des complexes de supériorité ou d’infériorité qui nous rendent malheureux ou insupportables aux autres.
Des millions de personnes pensent aujourd’hui qu’une vie ne vaut d’être vécue que si on passe à la télé. Que si on offre une image de réussite aux yeux des autres, que si on réussit sa carrière professionnelle, que si on laisse un nom dans un domaine quelconque, que cela soit la littérature ou la téléréalité.
Voilà ce que sont devenues les œuvres de la loi. Toutes les tentatives de justifier notre existence en ignorant précisément que notre existence a déjà été justifiée par Dieu dans son amour sans limites.
Des parents qui aiment leur enfant n’ont pas besoin pour l’aimer que celui-ci soit le premier de la classe.
Ils l’aiment tout simplement.
Dieu n’a pas besoin pour nous aimer que nous fassions quoique ce soit pour cela, il nous l’a déjà prouvé et cet amour doit nous conduire à considérer que c’est cela le plus important, pas le regard des autres sur notre propre réussite, une réussite qui n’est qu’illusoire car reposant uniquement sur le regard inconstant de nos contemporains.
Le juste vivra par la foi.
Ce cri a fait basculer l’histoire de l’Europe au XVIème siècle, en réintroduisant un face-à-face direct entre l’individu et le Dieu d’amour de l’Evangile. Plus besoin d’intermédiaires et de procédures lourdes et complexes pour accéder à l’amour de Dieu.
Ce cri garde aujourd’hui toute sa nécessité.
1er siècle de notre ère, sous l’apôtre Paul, XVIème siècle sous Luther ou aujourd’hui.
Trois époques différentes mais toujours l’inquiétude est là d’assurer notre salut, de justifier notre existence.
Et toujours est là la tentation naturelle de l’assurer par nos propres moyens, par nos propres mérites en ignorant l’amour de Dieu.
Amour de Dieu qui doit au contraire nous conduire à une nouvelle vie entièrement tourné vers lui, si nous écoutons cette parole qui nous est donnée :
Le juste vivra par la foi
Amen
Publié le 24/10/2010 @ 19:39  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 10 octobre 2010 - par Philippe Grand d'Esnon

11   Tandis que Jésus faisait route vers Jérusalem, il passa le long de la frontière qui sépare la Samarie et la Galilée.
12  Il entrait dans un village quand dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils se tinrent à distance
13  et se mirent à crier : Jésus, Maître, aie pitié de nous !
14  Jésus les vit et leur dit : Allez vous faire examiner par les prêtres. Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris.
15  L’un d’entre eux, quand il vit qu’il était guéri, revint sur ses pas en louant Dieu à haute voix.
16  Il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et le remercia. Cet homme était Samaritain.
17  Jésus dit alors : Tous les dix ont été guéris, n’est–ce pas ? Où sont les neuf autres ?
18  Personne n’a–t–il pensé à revenir pour remercier Dieu, sinon cet étranger ?
19  Puis Jésus lui dit : Relève–toi et va ; ta foi t’a sauvé.

Jésus est en voyage vers Jérusalem. Pour se rendre dans la capitale, Jésus passe entre la Samarie et la Galilée. C’est là qu’il rencontre dix lépreux. La lèpre est une maladie de la peau, particulièrement déformante et génante qui peut être mortelle et qui est surtout très contagieuse. C’est pour cela que dans l’antiquité on avait relégué les lépreux hors de la société, selon les règles données dans le Lévitique (13, 45) : "Le lépreux, atteint par le mal, aura les vêtements déchirés et les cheveux défaits; il se couvrira la moustache et criera : Impur ! Impur ! Aussi longtemps que le mal sera sur lui, il sera impur. Etant impur, il habitera seul ; son lieu d’habitation sera hors du camp".
La lèpre n’a pas disparu de la surface de la terre mais elle a disparu de nos sociétés, enfin la lèpre comme maladie contagieuse de le peau. Les lépreux eux sont toujours là, tous ceux que nous essayons de maintenir à distance : dans les camps de Roms, dans les centres de rétention, dans les prisons, dans les cliniques spécialisées ; nous avons aussi nos lépreux, ceux qui nous font peur, ceux devant lesquels nous craignons pour notre vie et que essayons d’éloigner le plus possible de nous.

A l’époque de Jésus déjà, les lépreux guérissaient parfois, ils devaient alors subir un examen par les prêtres qui seuls avaient le pouvoir de les déclarer guéris, permettant ainsi leur réintégration dans la société.

- Ces dix lépreux, apercevant Jésus, viennent à sa rencontre, tout en restant à une distance respectable selon les prescriptions.
Jésus, Maître, aie pitié de nous, disent-ils.
Jésus s'arrête. Il accepte d'entrer en relation avec eux. Il parle aux dix lépreux. Il les voit. Il les entend. Il répond à leur cri.
Et Jésus leur répond par un ordre conforme aux prescriptions telles qu’on les trouve dans le Lévitique. Il les envoie se faire exmaminer par les prêtres.
Le miracle vient de cette simple parole. Il n'y a pas de geste, pas même d’eau pour purifier comme les eaux du Jourdain pour le général Syrien Naaman, aucune apparition miraculeuse, aucune manipulation spectaculaire.
Simplement une parole.

La caractéristique de cette parole, c’est qu’elle transporte les lépreux dans l’avenir.
Cette parole leur donne une direction alors qu’ils n’en avaient aucune. Elle leur donne un espoir alors qu’ils n’en avaient plus.

Après cette rencontre, ils repartent, toujours lépreux, mais confiants dans les promesses qui leur sont faites, car se montrer aux prêtres signifie que l’on est guéri.

Ce n’est pourtant pas encore la guérison. Mais les lépreux croient Jésus et vont vers les prêtres. Et cette confiance est justifiée. Alors qu’ils se sont engagés sur le chemin qui les conduit vers les prêtres, le miracle se produit. Dieu intervient, répondant ainsi à l’attente confiante exprimée par l’appel au secours. On peut remarquer ici que Dieu intervient alors que les premiers pas dans la confiance aux promesses sont déjà faits, selon le proverbe : Aide toi et le Ciel t’aidera.

- Ils étaient lépreux; et ils sont purifiés, guéris.
Dix lépreux sont guéris, mais un seul revient pour remercier.
« L’un d’entre eux, quand il vit qu’il était guéri, revint sur ses pas en louant Dieu à haute voix. Il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et le remercia. Cet homme était Samaritain. Jésus dit alors : Tous les dix ont été guéris, n’est–ce pas ? Où sont les neuf autres ? ».
On pourrait être étonné de l’étonnement de Jésus. Après tout, les neuf autres n’ont fait qu’obéir à l’ordre que Jésus leur avait donné : aller chez les prêtres.

Un seul est revenu et c’était un Samaritain. Les Samaritains étaient des voisins et cousins des juifs, des cousins qui avaient mal tourné, selon les juifs. A la suite de l’exil et des déportations, les populations avaient été mélangées et les pratiques religieuses étaient devenues différentes. C’était des hérétiques.
Ils adoraient bien le même Dieu que les juifs mais pas comme il fallait.
Toutes proportions gardées, c’étaient un peu comme les protestants vu du coté catholique.  Enfin vu du côté catholique il y a quelques années.
Si le Samaritain a pu revenir, c’est aussi qu’il n’était pas dans la même position que les autres et n’avait pas les mêmes obligations vis-à-vis des prêtres.

L’étonnement de Jésus est donc un peu surprenant.
Il nous déçoit même un peu. Cette façon de penser « ils auraient au moins pu dire merci ». Cela ne cadre pas avec l’idée de grâce, de don gratuit.
« ils auraient au moins pu dire merci » C’est la réaction que l’on entend souvent : ces immigrés qui viennent profiter de nos allocations sociales et de notre système de santé, ils pourraient au moins dire merci. Ces africains qui reçoivent de l’aide financière de l’Europe …
Jésus est-il vraiment comme cela, dans une susceptibilité blessée de dame patronnesse qui trouve que les pauvres ne sont pas assez bien élevés ?
Je ne le pense pas. La raison de la déception exprimée par Jésus n’est pas la suceptibilité mais le regret pour les lépreux.

Pour qu’un miracle soit pleinement achevé, puisse produire pleinement ses effets, il faut qu’il soit reconnu, il faut que celui qui en a bénéficié puisse entrer dans la reconnaissance.
C’est cette absence de reconnaissance qui manque chez les 9 autres lépreux.

Et là où nous sommes franchement surpris c’est quand à la suite de ce retour du Samaritain venu le remercier, il lui dit : «  lève-toi et va, ta foi ta sauvé ».
Dire « ta foi t’a sauvé » à un hérétique, comment cela pourrait-il être possible ?
Le Samaritain n’a exprimé aucune intention de se convertir, de changer de religion, ou de passer du statut d’étranger à celui de quelqu’un d’intégré dans la société juive ce qui revenait au même.
Il est resté un Samaritain, un étranger, un hérétique.
« Ta foi t’as sauvé », mais cette foi, c’est la foi d’un hérétique.

Alors si Jésus lui dit « ta foi t’a sauvé », c’est que la foi dont parle Jésus n’est pas l’appartenance à une religion, l’obéissance aux prescriptions religieuses ni même l’adhésion à un dogme reconnu ou à la parole de ses chefs religieux.
La foi identifiée par Jésus dans ce Samaritain, c’est la confiance et la reconnaissance.
La reconnaissance, c’est la seule chose qui distingue le Samaritain des neuf autres lépreux et c’est donc cela que Jésus appelle la foi.

Jésus nous indique ainsi le chemin de la foi : c’est celui de la reconnaissance pour l’action de Dieu et pour l’amour qui nous a été témoigné.
Jésus-Christ a été jusqu’à la mort pour nous, jusqu’à la mort sur la croix.
Cet amour, qui dépasse toute compréhension, nous offre une vie différente, une vie nouvelle.
La foi c’est croire dans l’amour qui nous a été témoigné par Dieu en Jésus-Christ, et vivre pour cela dans la reconnaissance.

Amen.

Publié le 12/10/2010 @ 23:14  Prévisualiser  Imprimer l'article
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