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Dimanche 23 août 2009 - par Claire Mourier

 PREDICATION
 

C’est alors que le conseil presbytéral s’efforçait d’organiser le planning des cultes pour  la période estivale

que l’un des conseillers m’a demandé si je voulais bien assurer un des dimanches du mois d’août pour lequel le conseil n’avait pas trouvé de meilleure solution !

Certainement, ce conseiller n’avait pas regardé de près les textes prévus pour ce dimanche, et moi non plus, sinon bien sûr, nous n’aurions pas pris cette décision.

 En effet, la lecture de ces quelques versets de Paul aux Ephésiens n’est certainement pas le texte qui aurait, en première approche, retenu l’attention d’une paroissienne ayant participé à presque tous les défilés de suffragettes organisés dans la capitale depuis 1968 !

Mais, l’engagement étant pris, il faut bien se mettre au travail, et joyeusement, parce que c’est bien pour être interpellés que nous relisons sans cesse les écritures.

 

Aussi, avant de nous attacher à la soumission des femmes, reprenons les évènements dans l’ordre.

Le premier texte qui nous est proposé ce matin est extrait du livre de Josué et en constitue un passage essentiel. De passage, en effet, il est  bien question.

Rappelons nous que Moïse a libéré le peuple du joug de Pharaon après que Dieu se soit manifesté à lui dans le buisson ardent. Puis, plusieurs fois ensuite. Moïse on le sait n’entrera pas en terre promise, il la voit au loin. Et c’est à Josué que Moïse confie la conduite du peuple.

Plus tard, les Hébreux sont installés, Dieu a tenu sa promesse !

 

Au cours des nombreuses péripéties que nous connaissons, conduisant le peuple vers la terre promise, Moïse s’entretient souvent avec Dieu. Parfois même peut on lire dans les écritures, les chefs aussi,  sont appelés à se présenter devant Dieu.

 Au terme de sa vie, Josué rassemble toutes les tribus à Sichem, qui est un lieu sacré. Il convoque les représentants et les anciens. Tous se présentent devant Dieu. Dans la traduction d’andré Chouraqui, il est dit qu’ils se postent en face de l’Elohim. Dans la traduction Second, ils se tiennent debout devant le Seigneur ! Josué veut s’assurer de l’engagement du peuple élu dans l’alliance avec Dieu. Il faut transmettre, renouveler la promesse de vivre selon les lois que Dieu a données !

 Et oui, le temps n’est plus à la conquête qui soude et unit pour un projet commun partagé ! le peuple vit en paix,  les tribus sont installées dans le pays où coule le lait et le miel, et …. On peut penser que certains  ont déjà commencé à oublier l’alliance pour s’associer à d’autres peuples qui adorent d’autres dieux et ainsi se soumettre à d’autres lois. Josué rappelle alors les engagements pris, l’alliance avec Dieu qui a conduit le peuple à la victoire et le danger qu’il y a à rompre ce lien en se dispersant parmi les autres peuples à la faveur des alliances, des unions, des naissances. Et oui, l’esprit est prompt, la chair est faible, l’homme est inconstant ! et les femmes dans ce beau pays sont bien attrayantes !

 

Aussi, aux jours de quitter la vie, Josué, met le peuple devant ses responsabilités et lui demande de renouveler l’alliance portée par Moïse avant lui ! Il précise,  et ce point est essentiel : » mettez vous au service du Seigneur (verset 14). Si cela ne vous convient pas, alors choisissez aujourd’hui les dieux auxquels vous rendrez votre culte. Mais ma famille et moi nous servirons le Seigneur. » Et ce ne sont pas les anciens seulement, mais tout le peuple qui proclame son engagement à ne servir que le Seigneur Dieu qui l’a fait sortir de l’esclavage, en disant : « nous aussi nous servirons le Seigneur car c’est lui qui est notre Dieu. » Alors, dit le texte, Josué établit pour le peuple une loi et des règles de conduite et les inscrivit dans le livre de la loi de Dieu.

En prenant cet engagement, le peuple déclare s’interdire de servir d’autres dieux et s’engage à n’écouter que Sa voix, celle de Dieu. Cet engagement vaut pour eux-mêmes et leur famille.

 

On voit bien comment le peuple est invité à faire un choix ! Depuis le début de l’alliance avec Abraham Dieu laisse de l’espace libre, il ne s’impose pas. Souvenons nous en Genèse 12 , il est dit : Dieu ordonne à Abram de quitter son pays et Abram accepte. Déjà, depuis le début de l’histoire de l’alliance entre l’homme et  Dieu, cette relation de liberté est posée : viens, je te propose un chemin dit Dieu. Mais, comme on le sait, parfois, nous nous écartons de ce chemin.

 Dieu, ne demande pas des sacrifices humains,il ne demande pas de nous prosterner devant des représentations de sa divinité, il ne nous demande pas d’être saisis d’effroi devant les manifestations de sa puissance ! Dieu accepte d’être avec l’homme dans un vis-à-vis, il veut un homme debout, digne, libre, prêt à se mettre en marche sur le chemin qu’il lui propose ! Mais il attend un engagement clair, fiable, durable, fondé non sur la crainte et la soumission mais sur une intelligence responsable.

 

Et c’est bien parce que cet engagement concerne tout un peuple, mais aussi  chacun de ses membres, qu’il est dit dans le texte que nous avons lu : le peuple répondit nous aussi nous servirons le Seigneur, car c’est lui qui est notre Dieu. Par cette déclaration, ils se soumettent librement !

ils acceptent de se placer sous la loi de Dieu pour vivre selon ses commandements. Cet engagement est gravé dans la pierre par Josué lui-même. Ainsi, nul ne peut s’en dédire.

Encore aujourd’hui, c’est debout que nous-mêmes nous écoutons le rappel de la loi ou les commandements de Dieu ou comment Dieu demande à être servi !

 

Lorsque  Jésus sort de la synagogue suivi par de nombreux disciples troublés, nous nous trouvons encore devant les mêmes responsabilités.

Tout d’abord, chacun aura remarqué que la racine du nom de Josué et de Jésus est la même. C’est déjà un signe que ce qui se joue là s’inscrit dans cette même histoire, dans l’accomplissement de l’alliance !

Jésus vient de donner son enseignement à la synagogue et ce qu’il a dit provoque des interrogations, de la réprobation : il est dit au verset 58 : «  le Père qui m’a envoyé est vivant et je vis par lui, de même celui qui me mange vit par moi. Voici le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui qu’ont  mangé vos ancêtres, qui sont morts. Celui qui mange ce pain vivra pour toujours. »

Dans ce texte, Jésus trouble ceux qui le suivent, il vient d’affirmer qu’il est envoyé par le Père, mais ce qu’il dit met en cause la tradition. Il souligne que l’ancienne alliance a été oubliée : « le pain qu’on mangé vos ancêtres » - la manne dans le désert, envoyée par Dieu – vos ancêtres qui sont morts – qui n’ont pas transmis les termes de l’alliance avec Moïse. Ils ont oublié, ils se sont écartés de la loi ! Moi, dit Jésus, je m’inscris dans l’alliance que mon Père a proposée aux ancêtres et je vous l’offre à nouveau en son nom.

A ce moment, c’est bien le même engagement qui est offert à ces hommes debout qui sortent de la synagogue. Ils ont reçu l’enseignement, c’est à eux de décider et Jésus les laisse libres de choisir quand il leur demande : cela vous choque ? ou encore dans la traduction de Chouraqui : est ce que cela vous fait trébucher ? Une voie s’ouvre devant eux : suivre Jésus parce qu’ils reconnaissent en lui la Parole vivante de Dieu, dire oui parce que là,      ils sont debout devant Dieu,

 ou choisir de se retirer parce qu’ils restent attachés aux traditions et à l’ancienne loi . Celle qui a été oubliée.

Mais que les autorités religieuses prétendent représenter exlusivement.

Alors quand Jésus se tourne vers les 12 disciples et pose la question comme Josué l’avait posée aux 12 tribus d’Israël : Et vous aussi vous voulez partir ?  Il dit bien vous pouvez partir, vous êtes libres.

Aucune menace n’est prononcée. Il n’y a pas de contrainte, pas de malédiction ! Suivre Jésus, c’est un choix librement consenti ! et Pierre pour lui-même et les autres accepte en affirmant : «Seigneur, à qui irions nous ? tu as les paroles qui donnent la vie éternelle ». Ce que disant, il reconnait que Jésus est fils de Dieu et que les paroles prononcées dans la synagogue ne sont pas une cause de chute c'est-à-dire une trahison de la première alliance, mais l’accomplissement de la volonté du Père, car comme le dit Jésus au verset 65 : personne ne peut venir à moi si Dieu ne lui en a pas donné la possibilité.

Et pour affirmer ce lien entre lui et le Père, Jésus dit : n’est ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ? Il rappelle ainsi que c’est Dieu qui le premier a offert l’alliance avec le peuple, il rappelle ainsi que c’est lui, Jésus qui a proposé aux disciples de le suivre dans la nouvelle alliance ! Debout devant Dieu, debout devant Jésus : oui, nous nous soumettons à Ta Parole ! Oui, nous acceptons.

Nous savons que la trahison est toujours proche, elle est annoncée à la fin du passage car Jésus dit : l’un de vous va me trahir ! Mais laissons à Pierre et aux disciples cet élan du cœur et de l’esprit qui les conduit à ACCEPTER !

 

Alors, si les 12 tribus se soumettent à la loi, si Jésus se soumet à la loi, si en se soumettant à la Parole de Jésus, les 12 disciples se soumettent à la loi, que dit la lettre aux Ephésiens  en évoquant la soumission ? La question fait débat.

Selon les experts, cette épitre ne serait pas de Paul ! certains soulignent que Paul n’a pas tenu de tels propos à l’endroit des femmes ! On précise même que le texte serait d’un disciple zélé de Paul, un secrétaire !

Le texte serait une circulaire adressée à d’autres que ceux d’Ephèse. Paul de son côté en d’autres passages aurait  reconnu le rôle éminent des femmes dans la vie de l’Eglise ! Un commentateur protestant dans une revue autorisée soulignait avec soulagement que comme nous autres protestants n’avons pas une lecture littérale de la Bible,

on pourrait attribuer ces propos à une époque aujourd’hui révolue, permettant  ainsi de classer sans suite le passage.  

Tel autre mettait l’accent sur la symbolique du texte affirmant que l’ensemble de la lettre aux Ephésiens constitue une exhortation à vivre selon la foi dans une union en Eglise, semblable à l’amour fusionnel des époux. Ainsi, l’amour qui unirait les hommes au Christ serait le ciment d’une Eglise unie consacrée à la gloire de Dieu.

Il serait bien prétentieux de porter la contestation à d’aussi érudites démonstrations.

 

Cependant, rappelons nous le texte de Josué. Je cite Josué au chapitre 24 versets 14 et suivants : « A vous maintenant de reconnaitre l’autorité du Seigneur pour le servir de tout votre cœur, avec fidélité. Débarrassez vous des dieux que vos ancêtres adoraient quand ils étaient de l’autre côté de l’Euphrate (c'est-à-dire du temps d’Abraham) ou en Egypte (c'est-à-dire avant Moïse) et mettez vous au service du Seigneur. Et il précise : « ou alors, si cela ne vous convient pas vous pouvez aussi prendre les dieux des amorites dont vous habitez le pays ».

Gageons que les Amoritaines présentaient des qualités qui pouvaient conduire à jeter

 Dieu par-dessus les moulins, à renier Père et mère, et  à consentir à …. Dieu sait quoi ! Quant aux femme d’ Ephèse, de Corinthe et d’ailleurs, je vous laisse imaginer…

Dans les sociétés traditionnelles, la femme est donnée par son père à un époux et selon les traditions, soit elle suit les usages de la famille de son mari qui l’accueille, soit c’est elle qui conserve et fait adopter les lois de sa famille d’origine. Parfois, ils conviennent d’adopter ensemble la même foi et se soumettent à la même loi.

Dans tous les cas, le rôle qu’ELLE  joue dans l’éducation des enfants est décisif pour le chemin qui va être pris par la descendance.

Les exemples abondent dans la Bible !

Il importe donc que l’alliance soit celle qui a été donnée aux pères et qu’ils se sont engagés à respecter au nom de toute leur famille, y compris celle qui viendra ! l’épitre aux Ephésiens le souligne, c’est à l’église du Christ que les époux seront fidèles !

 

Ne nions pas que la formulation de ce texte tient compte de la part prise par les hommes dans l’organisation sociale : ils poursuivent le gibier, elles font la cueillette aux abords tout en gardant l’œil sur les enfants. Sans compter les turpitudes que leurs mauvais instincts ou la sottise inhérente à leur sexe les conduit à commettre ! La loi de «l’imbecillitas sexus » est inscrite dans les textes les plus anciens !

Elle a permis de priver la femme de tout droit en raison de la stupidité inhérente à son sexe, la conduisant à ne disposer d’aucune capacité de discernement.

Cependant, il ne faut pas se tromper de lecture ! la question ici n’est pas de savoir si c’est l’homme ou la femme qui renouvelle l’engagement de l’alliance et se soumet à la loi. La question est aujourd’hui de notre capacité à réaffirmer cet engagement ! L’offre tient toujours, l’alliance encore aujourd’hui est proposée aux hommes et aux femmes, malgré nos trahisons, malgré notre tiédeur, malgré nos négligences et nos oublis

 C’est pourquoi, le dimanche matin cette alliance est rappelée dans la liturgie et que nous l’entendons debout.

 

 C’est pourquoi, des parents acceptent de s’engager à accompagner les jeunes dans leur parcours catéchétique. Même si, aujourd’hui ce n’est plus le chef de tribu qui prend l’engagement pour tous et que dès lors les choix sont plus compliqués!

Admettons en effet, que nous avons bien des difficultés à poser les choix pour nous-mêmes et nos enfants. A cet égard, une relecture du passage qui nous est proposé peut apparaître utile à une méditation familiale, conjugale, personnelle.

Si nous voulons nous aussi renouveler l’engagement de nos Pères, et de nos Mères, n’avons-nous pas des décisions à prendre ? Qu’avons-nous que nous n’ayons reçu ?

 

Je vous propose également comme un clin d’œil, de comparer les traductions du passage de cette épitre aux Ephésiens. Ainsi, il est écrit dans la traduction en français courant comme dans la Second : il faut que chaque mari aime sa femme comme lui-même et que chaque femme respecte son mari. L’édition de la pléiade propose : » que la femme soit dans la crainte de son mari ». Mais la traduction de Chouraqui propose : chacun de vous aimera ainsi sa femme comme lui-même, et la femme, qu’elle frémisse du mari. (verset 33 ) et dans la même traduction au verset 21 il est dit «soyez soumis les uns aux autres dans le frémissement du messie. »

 

A la fin de la bible traduite par André Chouraqui , le dictionnaire d’équivalence propose pour le verbe frémir : ressentir le sacré. Voilà certainement également matière à des méditations …CONJUGALES , PERSONNELLES…

 
Attentifs à ce frémissement qui nous parcourt, nous sommes invités  à renouveler pour nous-mêmes , mais aussi pour ceux qui nous suivent cette alliance qui nous est offerte ! Le reste nous sera donné par surcroît
Publié le 11/11/2009 @ 22:08  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 25 octobre 2009 (Réformation) - par Michel Wagner

Assemblée de Néhémie (Néhémie 8 v. 1 à 12)

Église réformée de Versailles Dimanche 25 Octobre 2009 (Réformation)

Pasteur Michel Wagner


1 Tout le peuple rassemblé sur la place, face à la porte des Eaux

Tous : hommes, femmes, et enfants en âge de comprendre, depuis l’aube jusqu’au milieu du jour

Et tous, précise le récit, attentifs à la lecture du grand Livre !

Imaginez un instant tous les Versaillais hommes, femmes et enfants, assemblés depuis l’aube sur la place d’armes, pour écouter attentivement la lecture de la Bible !

Ce n’était pas à Versailles... mais à Jérusalem. Pas en 2009, ni même au temps de la Réforme mais en 445 avant Jésus-Christ. La foule est accourue à l’appel du gouverneur : Néhémie et s’est assemblée, comme un seul homme, sur la Grand-Place.

Jérusalem, la ville du grand roi, (non pas Louis le 14°, mais David premier et seul du nom !)

Jérusalem n’a pas vraiment l’allure d’une capitale.

Des murailles, à peine reconstruites, entourent une ville aux maisons en ruines

Figuiers sortant par les toitures, mauvaises herbes au long des rues, fontaines à sec, chiens errants en quête de nourriture.

C’est qu’elle revient de loin, Jérusalem !

Près de 50 ans de déportation à Babylone pour plus de 4.000 de ses citoyens.

Rares, parmi les rentrants au pays, ceux qui avaient connu Jérusalem au temps de sa gloire !

Néhémie, le gouverneur et Esdras, le scribe, aussitôt les murailles relevées, ont pour premier souci de rassembler le peuple pour la lecture solennelle de la Torah, la Bible juive. depuis l’aube jusqu’au milieu du jour...

Estimons-nous heureux, mes amis, de ne pas avoir été convoqués ce matin à l’aube par le conseil presbytéral pour évoquer la mémoire de la Réforme du 16° siècle, en relisant toute la Bible !

2 Trois aspects de cette redécouverte des Écritures m’ont sauté aux yeux dans l‘assemblée de Néhémie

- La Parole y est proclamée ! - La Parole y est expliquée, jusqu’à ce qu’elle soit comprise !

- La Parole invite à la fête : pas de larmes, mais un repas savoureux au milieu des ruines.

Une Parole proclamée :

En fait, la Réforme du 16° siècle n’a rien inventé, ni même l’église des premiers siècles.

La lecture des Écritures de la Bible a toujours été au centre des célébrations du peuple de Dieu.

Sans temple, sans, synagogues, ni lieux où se rassembler, les exilés de Babylone ne pouvaient se réunir que sur les rives du fleuve, comme en témoignent les Psaumes pour y pleurer la Jérusalem lointaine vivant leur exil comme un abandon par Dieu.

Quelle surprise, dès le retour, que la convocation par Néhémie de cette assemblée au milieu des ruines, pour redonner à la Bible son rôle central dans la vie du peuple.

Quand les premières églises, nées de la prédication des apôtres, puis écartées des synagogues, eurent à inventer la forme de leurs cultes, c’est tout naturellement que la lecture des Écritures y prit sa place en début de célébration, avant que la Cène ne vienne remplacer les sacrifices prescrits par la Loi de Moïse.

Une parole proclamée, et non une vénérable relique !

Les Bibles qui ornent le centre de nos temples sont en général illisibles en raison de leur langage vieilli.

Avec quelle impatience, j’attends de nos sociétés bibliques la publication d’une Bible contemporaine à la taille d’un lutrin, pour être lue au centre de nos cultes.

Combien de réformes aura-t-il fallu tout au long de l’histoire de l’église, de Saint Jérôme à Vatican 2?

3 En passant par Luther et Calvin, pour rendre aux Écritures leur rôle irremplaçable dans la vie des communautés chrétiennes ?

Une parole faite pour retentir dans nos vies. Où est rangée notre Bible dans nos appartements modernes ?

Séjour... sommet d’un placard, ou cave ? Lors de visites pour la préparation de baptêmes, je suscite souvent un peu d’embarras, quand je demande aux parents d’apporter leur Bible de mariage, pour y noter le baptême lors de sa célébration. Une Bible proclamée !

Notre premier mouvement en ce culte de la Réformation sera celui d’une très grande reconnaissance, envers nos re-découvreurs de la Bible au 16° siècle, mais aussi à toute la recherche biblique qui anime le mouvement œcuménique depuis près d’un demi-siècle :

T.O.B., Expo-Bibles, Institut Biblique à Versailles et ailleurs... Une Parole proclamée donc, puis ensuite expliquée : Une Bible présente, accessible, consultée, c’est déjà bien. Mais à quoi sert-elle, si personne ne comprend ce qu’elle dit ?

Vous avez sans douté été frappés, comme moi, au fil du récit de Néhémie, du soin qu’il prend à ce que la Parole soit expliquée et comprise par tous.

Les scribes s’approchent de chaque groupe, commentent, expliquent, jusqu’à prolonger l’assemblée aussi longtemps qu’il faudra pour que la Parole ait rejoint chacun, dans sa vie, son actualité.

Une église sans écoles bibliques, sans catéchismes, sans prédications, sans études bibliques, risque d’être une église en coma dépassé.

A quoi servirait une communauté du ronron religieux, où chacun pense tout savoir, avoir déjà tout compris ?

Quelle tristesse que celle d’une église qui aurait fermé la porte aux surprises que la Bible réserve à ceux qui la fréquentent !

4 Dès le 4° siècle, Saint Jérôme a traduit la Bible en latin, les mélodies grégoriennes l’ont ensuite chantée, les litanies orthodoxes la proclament depuis des siècles, les poètes de la Réforme : Marot, Théodore de Béze, Du Bartas... l’ont redonnée au peuple.

Ses musiciens : Bach, Buxtehude, Goudimel et les autres... l’ont fait chanter à nos oreilles.

Le Common Prayer Book l’a placée au centre de la liturgie anglicane.

Le peuple esclave des noirs d’Amérique y a trouvé l’expression de sa douleur et de son espérance.

Les Gospels d’aujourd’hui en ont pris le relais...Le concile de Vatican 2 a renouvelé l’étude de la Bible.

Comprendre ce que dit la Bible, c’est bien. Encore faut-il qu’elle redise pour aujourd’hui ce qu’elle a dit pour hier, et lors de son écriture.

Sur le fondement biblique, Luther, puis Calvin, ont scruté l’horizon de leur époque,tenté de discerner l’actualité de la Parole biblique. Célébrer une année Calvin, c’est bien, faire pour aujourd’hui ce que Calvin a fait pour son temps c’est encore plus utile.

Calvin a salué de loin le monde nouveau qui allait surgir. Sur le fondement de la même Écriture, nous avons à discerner aujourd’hui la Parole du Seigneur : face à une mondialisation essentiellement commerciale, face à la pollution et au mépris de l’avenir de la planète, face à l’abîme entre Nord et Sud, parachutes dorés et famines généralisées.

“Ainsi parle le Seigneur...” osaient dire les Prophètes, prenant soin d’appeler le peuple à en tirer les conséquences.

Écouter la Parole, la comprendre et ensuite prendre le risque de la mettre en œuvre dans notre aujourd’hui, Telle est la tâche des enfants de la Réforme !

Enfin, une Parole qui conduit à la fête :

La dernière et sans doute la plus inattendue des interpellations de ce texte.

5 A l’écoute du rappel de la Parole du Seigneur, le peuple fond en larmes et sombre dans la déprime.

La Bible : un livre redoutable, dépassé, dit-on parfois. La rigueur de Calvin, l’austérité du puritanisme, nous auraient-elles fait oublier, comme à ce peuple en larmes, l’essentiel de la Bible ?

“ Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu" rappelle Néhémie.

Allez, mangez de bons plats, buvez d’excellentes boissons et portez en à ceux qui n’ont rien pu préparer. Ne soyez pas dans la peine, car la joie du Seigneur , voilà votre force. “...!

La bonne nouvelle proclamée dès l’Ancien Testament, rappelée sans relâche dans l’évangile par le Christ, annoncée au monde par les apôtres, prêché par les réformateurs de tous les siècles, pouvait-il plus clairement nous ramener à cet essentiel.

Le salut, par la seule grâce de Dieu. Oui, l’évangile conduit à la fête. Ce message fondamental, redécouvert au 16° siècle, accueilli depuis, par toutes les églises, dans sa fraîcheur originale. nous conduit à la reconnaissance joyeuse, à l’espérance et à la fête.

L’écoute de la Parole entrouvre pour nous le festin du Royaume, les saveurs de mets délicieux, les arômes de grands vins, le partage équitable des ressources de la planète, la vie éternelle, commencée dès ici bas.

Un protestant qui fait la tête... C’est qu’il n’a pas lu la Bible. Il a oublié, qu’elle invite à la fête.

Souriez : vous êtes graciés !


Amen !

Publié le 11/11/2009 @ 21:50  Prévisualiser  Imprimer l'article
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