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Dimanche 23 juillet 2017 - par Jacques Bosch

Prédication au temple de Versailles

23 juillet 2017

Matthieu chapitre 13, versets 18 à 33

Il y a quelques années, des fouilles archéologiques dans la région de Capharnaum ont mis à jour, sur les bords du lac de Tibériade, les vestiges de petites maisons de pêcheurs datant du début de notre ère. Il est très vraisemblable que l’une d’elles était semblable à celle de Simon Pierre, la maison dans laquelle logeait Jésus et dont, ce matin là, nous dit Matthieu, il est sorti avec quelques disciples et amis pour aller s’asseoir au bord du lac.

La tranquillité du petit groupe a dû être de courte durée car la renommée de Jésus était telle que rapidement le cercle d’auditeurs a grandi et que très vite c’est une véritable foule qui les a entourés … contraignant presque Jésus à monter dans l’une des barques qui se trouvaient là, au bord de l’eau, pour s’éloigner de la foule et du rivage.

La voix porte loin sur l’eau … alors, profitant de cette amplification naturelle, Jésus a poursuivi depuis la barque son enseignement sur le Royaume de Dieu.

La foule étant composée essentiellement de bergers, paysans et gens familiers des problèmes de la terre, de la culture, c’est dans leur quotidien que Jésus choisit les exemples de ses paraboles.

Et ce matin là, des semailles à la moisson, il leur parle de tout ce qui peut arriver à un grain de blé, à une graine de semence avant qu’il puisse germer et donner un épi. Lancés à la volée, les grains portés par le vent risquent parfois de tomber sur le chemin, dans les rocailles, les épines, … mais aussi dans la bonne terre … et les résultats au moment de la moisson vont croissant avec la qualité des terrains.

De zéro lorsque les grains sont dévorés par les oiseaux, ils atteignent un rendement élevé lorsqu’ils sont tombés dans la bonne terre.

Poursuivant son enseignement au travers d’une deuxième parabole, Jésus montre que ce ne sont pas seulement par les oiseaux, les pierres, les épines que les grains de semence sont menacés, mais par une autre semence qui vient se mêler au bon grain, se sur-ajouter : l’IVRAIE.

Cette graminée, cette mauvaise herbe dont les racines s’entremêlent avec celles du bon grain, risque de l’étouffer, de gêner sa croissance, et surtout de contaminer la farine, car l’ivraie est toxique. Elle possède en effet un alcaloïde qui agit sur le système nerveux et peut provoquer une sorte d’ivresse … d’où le nom d’ébraica (ébriété), et le nom d’ivraie. Autre expression issue de ce mot : semer la zizanie – mot d’origine sémitique, transcrit en grec par zizanion.

Les graines, les semences de cette mauvaise herbe sont analogues à celles du blé et il est très difficile de les distinguer à l’œil nu. Ce qui explique la surprise des serviteurs qui découvrent la présence de l’ivraie au milieu du champ quelques temps après les semailles : « Maître, comment se fait-il qu’il y ait de l’ivraie ? N’as-tu pas utilisé des semences de bonne qualité ? »

Que l’ivraie ait été semée par un intervenant mal intentionné, “ l’ennemi ”, ou que la semence ait été insuffisamment sélectionnée, triée, … le fait est là … l’ivraie est dans le champ … ! Et sa présence, maintenant qu’elle est décelable, tout comme celle, beaucoup plus sympathique des coquelicots, … cette présence est devenue à ce point préoccupante, prépondérante, obnubilante … qu’on en vient à oublier que dans le champ, il y a aussi du bon grain.

J’ignore la proportion d’ivraie qu’il peut y avoir dans un champ : 1/1 000, 1/100 000, peut-être beaucoup moins, mais cette pollution végétale, aussi faible soit-elle, occupe néanmoins la pensée des serviteurs de la parabole et constitue leur souci numéro 1, mais aussi celui des rédacteurs de l’Évangile et de leurs traducteurs, au point d’avoir déterminé, fixé, le titre du chapitre.

Alors que les anciennes versions Segond, Synodales et autres titraient « Parabole du bon grain et de l’ivraie » ou l’inverse « Parabole de l’ivraie et du bon grain », la TOB titre aujourd’hui « L’ivraie ».

Cette plante parasite ou plutôt ce dont elle est l’image : violence, troubles, malversations, terrorisme, drogue, occupe la première place,

          occupe « la Une » des journaux écrits et télévisés

                                 occupe la « Une » de nos pensées, de nos soucis pour aujourd’hui, détermine et conditionne en grande partie le programme du gouvernement de beaucoup de pays.

Et nous, frères et sœurs, n’emboîtons-nous pas le pas ? N’oublions-nous pas trop facilement qu’à côté des attentats, des vols et des viols, il y a aussi des situations de paix, des actes de courage, de bonté et d’amour ? Ne nous arrive-t-il pas de céder facilement au découragement ou à la révolte et finalement de baisser les bras ? Un plant d’ivraie ne suffit-il pas souvent à nous cacher … un champ de bon grain ?

Heureusement toutes les réactions au désordre et à la violence ne sont pas aussi négatives qu’on pourrait le craindre. De nombreux exemples parmi d’autres nous invitent à ne pas nous laisser aller à la “sinistrose” et, comme le Maître de la parabole y invite ses serviteurs, à savoir attendre la moisson.

Localiser les coupables ne semble pas nous poser de problème … les responsables, les coupables … facile, n’est-ce-pas, de les désigner hâtivement ? Je laisse à chacun le soin de le faire … mais notre responsabilité à nous ? Difficile de la reconnaître, difficile d’admettre que, comme les racines de l’ivraie et du bon grain sont étroitement mêlées, les racines du Mal sous toutes ses formes sont présentes aussi en chacun de nous, étroitement mêlées au Bien.

Il est plus facile de renvoyer la responsabilité sur les autres … Et pourquoi pas, sur Dieu ?

            Ma bonne dame … « Ne croyez-vous pas que si Dieu existait … s’il était aussi puissant, vraiment Amour … le Mal existerait ? »

         Mon bon Monsieur …. « Ce Mal, cette ivraie, ne pensez-vous pas qu’il faudrait s’en débarrasser une fois pour toutes … au besoin par la force ? » : le grand nettoyage des écuries d’Augias !

Combien il est tentant d’envisager ce genre de solutions radicales, ce remède, ce désherbant, pire peut-être que le mal !

Le Maître de la parabole le refuse … Dieu le refuse !

Attendez la moisson

Arracher l’ivraie impliquerait le risque d’arracher en même temps des plants de bon grain, leurs racines étant étroitement mêlées et Dieu ne veut pas risquer de perdre un seul grain de blé.

Dans la vie, dans le monde, le Bien et le Mal sont, tout comme l’ivraie et le bon grain, étroitement mêlés … même dans le domaine religieux,

                               … même dans l’Église,

                               … même dans notre cœur, dans notre personne.

Comment distinguer une bonne théologie d’une hérésie … autrement qu’en attendant leurs fruits respectifs ? … D’ailleurs, n’y a-t-il pas dans chaque “hérésie” une part de vérité ? Et à vouloir extirper l’erreur, on est vite conduit à allumer des bûchers, et souvenons-nous, même si ce ne fut pas fréquent, que l’inquisition ne fut pas la seule à en dresser.

Attendre la moisson … Attendre

Cette parabole serait-elle une invitation à la passivité, à l’attentisme ? Je dirais plutôt qu’elle nous montre la patience de Dieu !

                       Sa patience à l’égard du monde

                       Sa patience à l’égard de chacun de nous … patience qui nous invite nous aussi à la patience … à l’égard de nos contemporains, de nos proches et également à l’égard de nous même.

Patience ne signifie pas résignation ou défaitisme, mais Espérance

L’Espérance est l’une des trois vertus théologales : la Foi, l’Espérance et l’Amour, dont Paul nous parle dans 1 Corinthiens 13. Cette force peut nous être donnée lorsque nos propres forces atteignent leurs limites … lorsque malgré nos efforts et le soutien des autres, tout semble bloqué … et que même le courage de vivre s’amenuise.

L’Espérance peut rendre à nouveau toutes choses possibles. Cette force est en attente dans la petite graine de semence, dans le levain. Jésus utilise deux petites paraboles pour illustrer son propos : celle du levain qui fait lever toute la pâte, et celle du grain de moutarde qui produit un arbre.

Disproportion entre la taille de la graine, la quantité de levain, et les résultats,

Disproportion entre le coût d’un sourire, d’un geste de solidarité, d’une parole    de réconfort, et leur efficacité.

Cette Espérance, c’est un don de Dieu, car … c’est l’Espérance de Dieu, une espérance folle qui, contre toute logique humaine, contre tout réalisme économique,

            pousse à croire à l’impossible,

            pousse à croire que l’ivraie, le Mal iront en décroissant, et, pourquoi pas, finiront par devenir du bon grain.

Espérance de Dieu dans l’Homme, dans son avenir, dans sa capacité à changer. Cette espérance, fruit de son amour pour l’homme, ne peut-elle pas raviver notre espérance à nous,

                     dans les autres,

                     dans nous-mêmes,

                     et surtout conforter notre confiance en Dieu.

 

Jacques Bosch

 

 

Publié le 21/09/2017 @ 20:27  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 27 aout 2017 - par Ruth-Annie Coyault

Dimanche 27 août 2017

Matthieu 16, 13-20 Le royaume de Dieu, clefs en main

 

Arrivé dans la région de Césarée de Philippe, Jésus interrogeait ses disciples : « Au dire des hommes, qui est le Fils de l’homme ? » Ils dirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »

Il leur dit : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Prenant la parole, Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

Reprenant alors la parole, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Jonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et la Puissance de la mort n’aura pas de force contre elle. Je te donnerai les clés du Royaume des cieux ; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux. »

Alors il commanda sévèrement aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.

 

PRÉDICATION

Jamais le Seigneur n’a adressé une telle parole à un autre disciple. C’est une parole de vocation assortie de la promesse unique de recevoir les clés du royaume. Quand on entend ça, on se dit que Pierre a reçu des pouvoirs particuliers, une sagesse ou un don du Saint-Esprit que les autres disciples n’ont pas reçu... Notre esprit résiste difficilement à la tentation de faire de Pierre un homme à part ou en tout cas une personne choisie par le Seigneur pour une fonction réservée à lui seul, puisqu’aucun autre disciple n’entendra prononcer ces paroles ni ne se verra offrir les fameuses clés du royaume...

Pour ce qui est de lier et de délier, c’est donné à tous les disciples, car Jésus leur dit deux chapitres plus loin : « Amen, je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » (Matthieu 18, 18). Lier-délier, c’est le vocabulaire du pardon, et Jésus fait comprendre à ses disciples que ce qui est pardonné est compté comme tel dans le ciel, il en est de même pour ce qui n’est pas pardonné, et tous les disciples doivent l’entendre. Mais pour ce qui concerne les clés du royaume, la Parole du Seigneur est adressée à Pierre seul, parce que c’est une parole de vocation, or la vocation est un appel que le Seigneur adresse à chacun en particulier. Bien sûr, au-delà de cet appel personnel, il y a la vocation de toute l’église que le Christ appelle pour faire de toutes les nations des disciples. Ici, il faut bien entendre la parole particulière adressée à Pierre, adressée à un croyant qui confesse le nom du Seigneur. Jésus promet à Pierre les clés du royaume, et justement dans ce texte, il y a une clé de compréhension pour expliquer pourquoi Pierre est particularisé, et pourquoi il est placé en premier dans les récits d’évangile majeurs comme celui de Pâques (c’est la fameuse primauté de Pierre) :

è après le dernier repas dans l’évangile de Luc, Jésus avertit Pierre des moments difficiles qui arrivent et il lui dit : « J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères » (Luc 22, 32), comme si Pierre doit être le premier à se convertir, le premier à se relever des événements de la passion pour fortifier ses frères.

è Au mont des Oliviers, Pierre est le premier à prendre la parole pour dire qu’il est prêt à mourir pour Jésus, et le Seigneur lui répond que ça sera beaucoup moins héroïque en réalité… (Matthieu 26, 30-35).

è À Gethsémani, lorsque les disciples s’endorment au lieu de prier, Jésus vient vers eux et s’adresse à Pierre pour dire pour dire à tous ses disciples : « Vous n'avez donc pu veiller une heure avec moi ! » (Matthieu 26, 40)

è Pendant le procès de Jésus, c’est Pierre qui est assis dans la cour (les autres disciples sont absents, ils ont pris la fuite, dit l’évangile de Marc, et Pierre est assis dans la cour, comme une façon d'être au plus près possible du Seigneur qui est entré dans la passion, et c'est Pierre qui est reconnu comme disciple de Jésus, c’est lui le premier qui est confronté à la vindicte populaire au point d’être obligé de renier pour avoir la vie sauve (Matthieu 26, 69-75).

Pierre est mis en avant, dans les bonnes choses et dans les moins bonnes comme le reniement.

è Au matin de Pâques dans l’évangile de Jean, Marie de Magdala constate que le tombeau est vide, et elle court vers… Simon Pierre et vers l’autre disciple pour les en informer. Et quand les deux disciples se rendent au tombeau, l’autre arrive avant lui, et pourtant c’est Pierre le premier à entrer dans le tombeau vide (Jean 20). Même l’évangile de Marc qui déconstruit totalement la figure des disciples et les disqualifie en les rendant absents au pied de la croix jusqu’au tombeau (ils ne sont même pas là pour enterrer leur Maître…), même l'évangile de Marc a trouvé le moyen de particulariser Pierre au moment de la résurrection, puisqu’il fait dire à l’ange qui s’adresse aux femmes venues au tombeau : « Allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il vous précède en Galilée… » (Marc 16, 7).

è On peut citer aussi le récit de Pentecôte où Pierre se lève au milieu de ses frères et fait une prédication qui amène des milliers de personnes à se convertir.

Toute cela amène une question : l’apôtre Pierre est-il établi dans un statut particulier au-dessus de ses frères ? C’est peut-être ce que les premiers disciples de Jésus ont compris, puisque Pierre est devenu le chef de l’Église à Jérusalem, mais attention aux conclusions hâtives : là où nous entendons que l’évangile donne un rôle prépondérant à Pierre, il y a peut-être une autre vérité de la foi à entendre... Pierre lui-même confessera devant les autorités religieuses à Jérusalem que Jésus est la seule PIERRE/le seul ROCHER de salut que Dieu a donné aux hommes (Actes 4, 11-12). Dans sa première lettre, il redit que Christ est la « pierre vivante, rejetée par les hommes mais choisie et précieuse devant Dieu. » 1 Pierre 2, 4). Pierre lui-même ne se met pas au-dessus de ses frères, il ne se prend pas pour la pierre de fondation sur laquelle le Christ a bâti l’Église, il confesse que c’est Jésus la pierre de fondation, la pierre principale, la pierre vivante qui fait que nous sommes aussi des pierres vivantes… L’apôtre Pierre ne se prenait pas pour un homme à part possédant un pouvoir particulier ; quand le centurion Corneille l’accueille à Césarée en se prosternant devant lui, il lui dit : « Lève-toi, moi aussi je suis un homme. » (Actes 10, 26).

Donc si nous nous engouffrons dans la brèche du débat sur la primauté de Pierre, nous passons à côté de la primauté du Seigneur, car c’est lui le premier et le dernier, l’Alpha et l’Oméga, c’est lui le fondement et la tête de l’Église… Si nous débattons sur le statut particulier de Pierre comme s’il était établi premier parmi ses frères, nous oublions le statut de Christ, le premier-né qui s’est levé d’entre les morts pour notre salut, et nous passons à côté de ce qu’il veut nous dire à travers les paroles adressées à Pierre…

Il faut donc commencer par s’approprier les paroles du Seigneur pour les entendre non pas comme des paroles adressées à un seul homme une fois pour toutes, mais des paroles adressées à toute personne qui met sa foi en Jésus, pour lui dire comment le Seigneur le considère et le prend à son service. C’est une parole pour les hommes de toutes les générations et de tous les siècles, quels que soient leurs origines et leur statut. En effet, Jésus prononce ces paroles à Césarée, là où Corneille rencontrera Pierre, en territoire étranger, non loin de la Phénicie. Nous pouvons comprendre que les propos de Jésus ne sont pas destinés aux Juifs uniquement, mais aussi aux païens comme la femme Syro-phénicienne dont il guérira la fille. Les paroles du Christ sont destinées à tous les hommes, et chaque personne peut dire comment elle voit le Christ, chaque personne qui vient à Jésus est reconnue et nommée, appelée et responsabilisée dans le travail de la mission.

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Simon-Pierre voit en Jésus Celui qui a reçu l'onction divine et qui a été envoyé pour délivrer le peuple de Dieu et établir son règne sur la terre. Pour Simon-Pierre, Jésus est né de Dieu, Il est le Fils de Dieu, Il est de la même substance que Dieu... 

Il y a une reconnaissance mutuelle entre Jésus et Simon-Pierre. Simon-Pierre reconnaît la filiation divine de Jésus, et Jésus à son tour reconnaît Simon comme une personne sur laquelle Il a un projet.

Lorsque nous baptisons des enfants, nous aimons rappeler que Dieu nous connaît par notre nom, et il ne s’agit pas simplement du prénom que nous portons. Jésus donne un nom nouveau à Simon le fils de Jonas, il l’appelle Pierre, et ce nom dit quel est le projet de Dieu pour lui.

Au moment du baptême, quand nous demandons aux parents de dire quel est le nom de leur enfant, c'est une manière de dire que cet enfant que Dieu nomme à travers ses parents, il est dans le projet de Dieu...

Le projet de Dieu pour Pierre et pour chaque croyant, c’est qu’il reçoive les clés du royaume et devienne une pierre utile à l'édification spirituelle des hommes. C’est le Christ, le Rocher, la pierre angulaire qui peut accomplir cela, en donnant à chacun un nom nouveau, c’est-à-dire en nous reconnaissant dans l'identité spirituelle qu’il nous donne.

À travers le nouveau nom que Simon Pierre reçoit, c’est la vocation de chaque chrétien qui est formulée : vous qui croyez en Jésus-Christ, vous êtes des pierres avec lesquelle le Seigneur veut construire/édifier son église. Peu importe votre âge, votre métier, votre situation sociale ; peu importe si vous avez des responsabilités dans l’église ou si vous n’en avez pas, aux yeux du Seigneur, vous êtes une pierre utile à l’œuvre qu’Il veut accomplir en ce monde…

La question est de savoir si nous avons conscience de notre vocation et si nous acceptons d’être pour le Seigneur des pierres avec lesquelles il veut construire… Avons-nous conscience que le Seigneur a besoin de nous ?

L’Église ne peut ni se construire ni vivre ni se développer si les pierres nommées par le Seigneur ne sont pas là. Elles sont venues un jour, elles sont venues de temps en temps, pour un événement, et puis plus rien… Si nous baptisons les enfants et qu’après nous nous ne les amenons pas pour qu’ils puissent entendre la Parole de Dieu et recevoir les clés du royaume, ils risquent de devenir des chrétiens sociologiques qui n’ont pas l’occasion de vivre leur vocation en étant les pierres dont le Seigneur a besoin pour bâtir…

Car les clés du royaume ne sont ni un pouvoir ni un mystère inaccessible au commun des mortels, les clés du royaume sont dans la Parole de Dieu. Quand nous méditons les saintes Écritures, Dieu nous ouvre l’intelligence pour que nous comprenions sa volonté. Sa Parole nous apprend à délier (à pardonner), elle nous rappelle que le ciel est témoin (Dieu se souvient) de ce que nous avons lié ou délié, de ce que nous avons accepté ou refusé de pardonner, et il nous donne les clés du royaume pour que nous sachions nous libérer de tout ce qui nous enchaîne (le poids des offenses, le poids des griefs que nous avons contre les autres et qui nous entrave/lie dans notre marche vers le royaume de Dieu…).

Vous êtes une pierre pour Christ, vous qui avez votre nom sur le listing paroissial, vous qui êtes ancien ou nouveau dans la paroisse, vous qui venez chaque dimanche et vous qui venez de temps en temps, vous qui amenez vos enfants à l’école biblique, au catéchisme et au groupe de jeunes, vous qui êtes de nouveaux baptisés/confirmés dans cette communauté, vous êtes des pierres vivantes, et Jésus a besoin de vous !

Être une pierre que le Christ utilise pour bâtir son église, c’est notre identité et notre vocation. C’est ainsi que le Seigneur nous nomme/qualifie à travers les mots qu’Il adresse à Simon-Pierre. Quand on voit la capacité de destruction de l’homme dans les drames comme celui de Charlottesville ou les attentats en Espagne, la Parole de Jésus résonne encore plus fort dans nos cœurs, car elle fait comprendre à chacun : ‘Je suis une pierre pour le Seigneur, je suis une pierre qui sert à construire et non à détruire/tuer…’

Nous sommes des pierres à la disposition du Seigneur pour qu’il bâtisse la paix dans ce monde où la haine et la guerre ne cessent de se tailler la part du lion… C’est là notre responsabilité : répondre à l’appel du Seigneur et prendre les clés du royaume qu’il nous donne, pour pouvoir être les pierres qui lui servent à bâtir la paix…

Mais attention : notre identité et notre vocation de pierres pour le Seigneur, nous devons l'assumer avec humilité et discernement. Car il arrive que la pierre utile pour la construction devienne une pierre qui fait chuter, comme ça va être le cas de Simon-Pierre : il va passer de la béatitude à la réprimande en l’espace de quelques instants… Jésus lui a dit ‘Tu es heureux, Simon fils de Jonas, tu es une pierre sur laquelle je veux construire’, et quelques instants plus tard, Il lui dira : « Arrière de moi, satan ! Tu es pour moi occasion de chute, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Matthieu 16, 23)

Prenons donc avec beaucoup d'humilité aussi ce pouvoir de lier-délier donné aux croyants dans ce texte. Il arrive qu’on perçoive ce pouvoir de lier-délier comme un pouvoir d'autoriser ou d'interdire, d'accueillir ou d'exclure de la communauté ceux dont le comportement ne respecte pas la loi ou ne reflète pas la volonté de Dieu. Mais vous l’avez compris, cette interprétation pose problème : comment le Seigneur peut-Il donner le pouvoir de jeter les gens hors de l'église/royaume alors qu'Il a donné les clés pour y entrer ? Jésus ne peut pas instaurer un fonctionnement contradictoire, puisqu'Il a dit lui-même : « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi. » (Jean 6, 37)

Le Christ fait à Pierre et à tout chrétien un DON particulier qui dépasse tous les pouvoirs qu'on a voulu mettre dans les fameuses clés du royaume : « Je te donnerai les clés » dit Jésus, c'est un DON, pas un pouvoir. Le Seigneur donne à son église le don de lier les forces du mal en faisant savoir au monde que Christ est le Messie, le Fils du Dieu vivant, qui est venu annoncer le pardon de Dieu et sauver les pécheurs. Le Seigneur donne à son église le don de délier les frères et les sœurs par le pardon des offenses. Confesser le Christ, pardonner et prier les uns pour les autres, voilà comment nous lions et délions. En agissant ainsi, nous sommes vraiment des pierres vivantes, utiles pour bâtir l'église et la paix dans le monde. 

Conclusion :

Par son évangile, par sa mort et sa résurrection, le Seigneur Jésus nous a donné les clés du royaume. Nous n’avons pas à batailler pour les arracher, nous n’avons pas à nous livrer à des pratiques ésotériques pour gagner le saint graal, les clés du royaume nous sont données dans la Parole de Dieu, et il suffit de les recevoir par la foi, en confessant le nom du Seigneur, comme Pierre.

Par l’amour et le pardon que Christ nous a manifesté, nous avons les clés pour comprendre ce qu’est le royaume de Dieu : le royaume de Dieu est là où règnent l’amour, la paix, la joie des hommes réconciliés, des frères retrouvés…

Assumons donc par la grâce de Dieu cette responsabilité d’être des pierres de construction et d’avoir reçu les clés du royaume, sans prétention et sans jugement, avec le seul souci d'annoncer le Christ, pour que d'autres personnes puissent reconnaitre, comme Pierre sous l'inspiration divine, que Jésus est le Sauveur, le Fils du Dieu vivant. Amen.

 

Publié le 15/09/2017 @ 19:25  Prévisualiser  Imprimer l'article
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