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Dimanche 29 avril 2018 - par Pierrick Leprince

Chrétiens : Espèce fragile mais résistante                         Dimanche 29 avril 2018

 

Jean 15 – 1 à 8

Tous ceux qui regardent les émissions religieuses du Dimanche sur France 2 connaissent bien celle de 9.15 (qui permet ensuite de venir au culte) consacrée à la communauté Juive et présentée depuis + de 50 ans par le rabbin Josy Eisenberg disparu début Décembre dernier. 4 jours avant sa disparition il enregistrait encore des émissions que l’on peut voir ce Dimanche.

Vous savez que nos frères aînés, qui sont aussi nos frères bien aimés, peuvent passer une éternité sur un mot ou une phrase de la Torah et le Talmud en donne des interprétations infinies. A l’occasion d’une analyse sur la « prédestination » de chaque humain sur terre comme messager de Dieu, il fît remarquer que si Dieu a donné à chacun d’entre nous une mission, pas forcément connue à priori, alors peut-être était-ce pour lui  la mission de présenter et de produire la 1ère émission religieuse au petit écran sur la religion juive. Et de préciser que cette mission sur terre pouvait durer plusieurs années ou l’espace d’un instant comme ce jeune sportif de haut niveau qui rattrapa un enfant défenestré accidentellement du 4ème étage d’un immeuble. Il passait par là et le sauva d’une mort probable.

Dans l’évangile d’aujourd’hui Jean ne parle pas de prédestination ; à chacune et à chacun, Jésus confie «  ce que j’ai de plus cher au monde, c’est Toi. Garde-moi dans ta vie. Sois fécond et demeure uni à moi ». Il nous le dit avec une image familière de son temps, celle de la vigne si couramment utilisée dans la bible. On n’est peut-être pas prédestiné mais on est tout de même en famille, uni les uns aux autres et dépendant les uns des autres.

Jésus se présente ici comme la vraie vigne : un seul cep avec tous les sarments unis à lui. Le vigneron, c’est son père, qui pratique la taille soigneuse, pour que le cep reste vigoureux. Qui enlève les branches devenues sèches, les rameaux gourmands et inutiles. Qui prend tout particulièrement soin des rameaux qui peuvent porter du fruit. Il coupe, pour que la sève puisse monter et les sarments grandir. Et il importe que ces rameaux-là restent étroitement unis au cep. Oui, c’est de lui, par lui, que leur vient leur vie… ».

Sans Toi, je ne peux pas vivre, sans moi, vous ne pouvez rien faire, demeurez en moi », voilà ce que nous dis Jésus.

Et il ajoute « si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu’on a jeté dehors et qui se dessèche. On le ramasse, on le jette et on le brûle ». Ne vous méprisez pas sur cette phrase qui n’est pas un jugement, juste un constat. Ici l’image est certes assez forte mais tel est bien ce que le vigneron fait de ses sarments inutiles.

En fait, le message de Jésus c’est bien une vie en abondance qu’il veut nous voir vivre, riche de fruits, animée par un amour véritable, celui qui ouvre à la joie ».

Toi, tu seras une grappe généreuse, sucrée et juteuse qui réjouira et désaltèrera » Tu seras pour toi et pour les autres.

Voilà un message bien entraînant, qui fait envie, mais qui semble bien plus facile à dire qu’à vivre ?

Comment faire si je me sens une grappe chétive qui a du mal à grandir ? Comment faire si je pense ne pas savoir aimer ?

Comment faire si je ne me sens pas aimé ?

Lorsque nous entendons dire : Dieu, Dieu ne m’aime pas, Dieu ne m’écoute pas, cela confie quelque chose de douloureux et quand s’ajoute, Dieu je n’y crois plus, voilà qui vient souvent en écho à des situations difficiles, intolérables de la vie.

Que dire alors ? bien vaines seraient mes tentatives de vouloir prouver le contraire. Et d’ailleurs avec quels arguments face aux outrages de la vie que l’on a pu subir ?

Ces aveux, il faut les accueillir et se donner du temps (être patient comme dit Job). Et puis finalement Dieu qui est-il pour Toi ? Comment le perçois-tu ? Est-ce un Dieu sévère qui exige, qui punit, qui nous gêne et nous brime dans la spontanéité de notre être, qui refuse qui nous sommes ?

Ou Dieu est-il celui avec qui nous imaginons avoir passé une sorte de contrat qui protègerait notre Vie ?

Dietrich Bonhoeffer, que j’aime citer puisque c’est notre ancien pasteur FFJ qui nous l’a fait connaitre, Dietrich Bonhoeffer dans son traité « le Christ et les non religieux » explique que sa foi se matérialise par un sentiment de cohabitation entre Dieu et lui, une cohabitation qui le pousse à faire et qui parfois l’empêche aussi. Comme si la cohabitation entre le bien et le mal était en quelque sorte arbitrée par Dieu.

A la réflexion, je me suis demandé si cette cohabitation, je parle ici de celle qui est en moi, ne me poussait pas à faire certaines choses, comme par exemple le fait d’être ici devant vous ce matin et m’empêcher d’en faire d’autres, comme par exemple vous éloigner du vrai chemin par des propos inconséquents voire hérétiques.

En fait, ce que nous dit l’évangile aujourd’hui c’est : Jésus ne juge personne, tant il sait combien profondes peuvent être nos ténèbres et terrifiante cette vie crue à laquelle nous sommes nés. Il sait aussi que nous avons en général plus d’aptitude à consolider nos malheurs qu’à les consoler. Il sait que les enclos fermés de nos systèmes nous projettent plus surement dans nos propres enfers que le malheur lui-même. Que nous sommes la seule espèce vivante qui double sa peine à se sentir maudit en plus que d’être malade. Il sait que les significations fausses voire perverses que nous donnerons aux évènements nous feront plonger en désespoir plus sûrement que les évènements eux-mêmes. Il sait notre faculté à nous mettre au ban, à ployer sous le regard imaginaire d’un Dieu totalitaire.

Encore une fois, Jésus n’est pas accusateur et ne juge personne. Plus encore, Dieu n’est pas contre nous. Quand nous le pensons, c’est que nous le travestissons. De déception en déception, nous passons alors de l’amour à la colère ou à l’indifférence, voire à la haine !

Nous avons à reprendre, et il y faut encore une fois du temps, notre manière de le voir et de le vivre.

Renoncer à ce que nous nous sommes imaginés, c’est dire que nous nous sommes trompés. Et voilà qui passe souvent comme aveu de faiblesse…voire même de lâcheté. Notre siècle aime les fonceurs, les durs, les décideurs et les gagnants. Pour ceux qui n’en sont pas, la tentation est donc grande de dire…je n’y crois plus !

Vous l’aurez deviné, sortir d’une telle impasse n’a rien d’un voyage vers la zénitude. Cela secoue : la dynamique est celle des soins du vigneron à sa vigne. Il faut consentir à être émondé, à nous défaire de ce qui est mort pour que la vie puisse rejaillir, pour se régénérer.

Et comment faire si je pense ne pas savoir aimer ?

Aimer en Dieu, en fait cela n’a rien de sentimental, ce n’est pas un élan spontané dicté par la raison du cœur, qu’il suffirait en quelque sorte d’attendre béatement. C’est une décision, un positionnement, qui fait appel à mon intelligence et me demande de dépasser ma sensibilité. C’est choisir de s’en tenir à ce que Jésus demande de lui-même : faire preuve d’un véritable amour qui se manifeste par des actes.

Observer et noter comment les choses surviennent au quotidien, espérer la relation bonne. Si elle se donne, lui éviter toute ombre. Envers quiconque, autant que faire se peut, le respect ; ne pas faire souffrir, autant qu’on peut ; ne pas mentir, autant qu’on peut ? Essayer en toute relation la vérité de cette relation, à chaque fois singulière, unique. En acceptant qu’on n’est pas maître…toujours prêt à apprendre, pas tant dans les livres qu’en soi même. Ne détruire personne, autant qu’il m’est possible. Ne pas haïr, ne pas juger, la paix autant qu’il m’est possible. Ce qui me parait bon et que je peux faire, le faire. Ce qui m’échappe, le supporter.

J’ajouterais : choisir de me relever quand on m’a fait souffrir, ne pas en rajouter, ne pas exagérer, ne pas me laisser envahir par mes peurs et m’éveiller à un élan nouveau, me relier au présent, voir autrui comme il est et non comme je me l’imagine ou voudrais qu’il soit.

Et me rappeler sans cesse que celui que tu as du mal à aimer est, lui aussi, aimé de Dieu !

Chacun de nous est responsable de ses frères et sœurs en humanité. Les proches comme les plus lointains. Notre recherche de bien-être, notre peur de manquer ne nous auraient-elles pas fait perdre le sens de notre responsabilité humaine ?

Veillons, restons éveillés et résistons à nous laisser dominer par un sentiment de tristesse et de lassitude qu’autoriserait l’absence d’espoir.

 

Toutes les nouvelles nous donnent le sentiment que nous vivons en enfer, alors qu’honnêtement nous sommes souvent et nous plus encore ici beaucoup plus près du paradis.

Osons l’espérance, conscients à la fois de nos limites toutes réelles et conscients aussi de toutes nos possibilités dans l’amour du Christ et la fidélité à sa parole, même lorsqu’elle bouscule et nous fait douter.

Au moment où notre temps et nos églises connaissent une crise du croire, l’évangile de Jean nous appelle inlassablement à porter du fruit, c’est-à-dire à donner avec nos meilleurs moyens du crédit à l’espérance chrétienne, du crédit enraciné dans un credo imprenable ; et puis à transmettre à d’autres qu’à nous-mêmes cette espérance, à ceux qui en besoin et que le seigneur place sur nos chemins. C’est pourquoi, comme cette première communauté de Jean, fragile et peu nombreuse, nous ne sommes pas appelés principalement à garder les yeux sur les indicateurs numériques, à faire du chiffre, à augmenter les effectifs, à suivre dans l’angoisse les courbes des évolutions quantitatives de nos paroissiens, à nous laisser obséder par l’idéologie de la croissance, mais en premier lieu à porter du fruit comme une vigne peut en porter, à savoir du fruit en quantité suffisante, certes, de bonne quantité, mais surtout du fruit de bonne qualité pour que le monde goûte les merveilles de Dieu et s’en réjouisse, et pour que notre joie soit complète, dans l’attente de son royaume.

Chers amis, frères et sœurs, j’ai juste une question pour chacun d’entre nous ce matin : quel fruit comptez-vous porter au monde à votre tour, par votre foi, votre amour et votre espérance en Dieu ?

Pierrick  LEPRINCE 27-04-2018

 

Publié le 05/05/2018 @ 14:02  Prévisualiser  Imprimer l'article

Mai 2018 - Pentecôte : l'Esprit-Saint, pour servir et aimer - par Pasteur Ruth-Annie Coyault

PENTECÔTE : L’ESPRIT-SAINT, POUR SERVIR ET AIMER

« Car l’Esprit que vous avez reçu n’est pas un esprit qui vous rende esclaves et vous remplisse encore de peur ; mais c’est l’Esprit Saint qui fait de vous des enfants de Dieu et qui nous permet de crier à Dieu : Abba, ô mon Père ! » Romains 8, 15


À Pentecôte, l’Église fête le don du Saint-Esprit, avec ce récit bien connu des disciples qui se mettent à parler d’autres langues, permettant ainsi aux croyants venus de toutes les nations de comprendre dans leur langue maternelle le témoignage sur les merveilles de Dieu (Actes 2,1-11). L’événement est spectaculaire : des milliers de personnes de nationalités différentes dont environ 3.000 d’entre elles se convertiront à la prédication de Pierre (Actes 2, 41), unies par le lien spirituel que tisse l’Esprit du Seigneur dans les cœurs... Ce lien qui nous unit en Christ, dit l’apôtre Paul, ne nous rend pas esclaves comme l’étaient les Hébreux en Égypte, au contraire, c’est un lien d’amour qui nous attache à Dieu et à nos semblables, sans étouffer ni asservir.


À Pentecôte, les croyants reçoivent l’Esprit d’amour qui vient de Dieu. L’Esprit-Saint nous apprend à connaître Dieu comme Père et fait de nous ses enfants. La vocation chrétienne, selon Paul, consiste donc à entrer dans la filiation avec Dieu : par la foi en Jésus-Christ et par son Esprit, nous sommes déclarés fils et filles de Dieu qui s’engage à nous aimer comme un père. L’un des thèmes chers aux rédacteurs bibliques est d’ailleurs celui de la relation Père-fils qui se joue entre Dieu et son peuple. Dans la Bible, le Seigneur considère le peuple qu’il s’est choisi comme son premier-né (Exode 4, 22), il revendique la paternité sur Israël avec qui il a conclu une alliance dont les termes ont été acceptés: « Cependant, ô Éternel, tu es notre père ; nous sommes l’argile, et c’est toi qui nous as formés, nous sommes tous l’ouvrage de tes mains. » (Ésaïe 64, 7) Les écrits néotestamentaires font écho à cette théologie de l’adoption qui devient le socle de la vie communautaire : en acceptant Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur, le chrétien s’ouvre à l’œuvre de l’Esprit-Saint et devient enfant de Dieu. Il
accueille par la même occasion une multitude de frères et de sœurs qui confessent eux aussi le nom du même Dieu et Père de Jésus-Christ.
C’est dans cette immense famille aux dimensions de l’universel que vont être accueillis les catéchumènes de notre paroisse qui se présentent au baptême et à la confirmation. Pour la communauté, il est très significatif de les accueillir comme membres de l’Église le jour de la Pentecôte : cela veut dire que nous croyons au Dieu dont l’Esprit descend sur eux et les envoie, pour servir et aimer son prochain. Servir, sans être asservi par les autres, se montrer disponible pour aider et réconforter ceux qui en ont besoin, sans devenir esclave (le mot est fort, c’est celui de Paul). Servir Dieu dans l’Église et servir ses frères dans le monde, sans se laisser intimider par les esprits moqueurs et sceptiques, mais se laisser conduire par l’Esprit du Seigneur qui donne à chacun de se lever avec courage pour être les témoins du Christ qui a montré, en servant et en donnant sa vie, comment être les enfants du Père, dans l’amour, la simplicité de cœur et l’humilité...
Nous sommes reconnaissants pour le baptême et la confirmation de nos enfants qui achèvent leur parcours catéchétique. Le Seigneur les appelle à son service, et c’est une grande joie pour les familles et pour l’Église.


Pasteur Ruth-Annie Coyault

 

Publié le 05/05/2018 @ 12:14  Prévisualiser  Imprimer l'article
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