Textes et Prédications

 

Rubriques


Derniers billets
02/06/2018 @ 12:10
Dimanche 26 mai 2018 ...
21/05/2018 @ 18:24
Dimanche 20 mai 2018 ...
10/05/2018 @ 13:14
Dimanche 15 avril 2018 ...
10/05/2018 @ 13:12
Dimanche 08 avril 2018 ...
05/05/2018 @ 14:02
Dimanche 29 avril 2018 ...

Tous les billets
DébutPrécédent [ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ] 10 pages suivantesSuivantFin

Dimanche 25 février 2018 - par Anne-Marie Paillet

2e dimanche de carême (25 février 2018)-AM Paillet

Marc 9 - La transfiguration : monter, écouter, redescendre

I. monter et planter la tente ?

Jésus faisait-il du camping sauvage ? Ce qui est sûr, c’est qu’il dormait souvent chez l’habitant —  et c’était aussi un grand randonneur.

Et voilà qu’il emmène ses disciples sur une montagne, à l’écart. C’est déjà une grande joie que de pouvoir se retrouver entre amis, et de monter ensemble. Déjà l’euphorie les gagne, il fait encore frais, la vallée s’étire, en bas, le sommet se détache sur le ciel bleu. Pierre, Jacques et Jean sont tout à la Joie d’être avec le Maître.

Mais ce n’est pas une simple randonnée que les trois disciples vont faire avec Jésus, et ce n’est pas du camping. Ils vont vivre une expérience incroyable : Jésus devient resplendissant, et ils le voient s’entretenir avec Moïse et Elie.

 « Il est bon que nous soyons ici. Dressons trois tentes », dit Pierre, dont on connaît le caractère entier et spontané.

 Pierre aimerait prolonger ce moment extraordinaire de la Présence. Cette expérience est vitale pour les disciples ; ils ont besoin de cette révélation pour plus tard, quand il faudra affronter les événements de la Croix (que Jésus vient de leur annoncer). Et nous aussi avons besoin de tels moments de lumière, même fugitifs, pour pouvoir traverser ce qui nous est donné de vivre. Nous avons besoin du Christ glorieux qui a traversé pour nous la souffrance et la mort.

« Dressons trois tentes ». Les tentes, si l’on en croit les commentaires[1], rappellent une grande fête juive : la fête des tentes, Souccot, qui dure une semaine, juste six jours après le Jour du Grand Pardon. Chacun est invité à faire une cabane, et à y séjourner ; en quelque sorte, on fait une retraite, pour se souvenir de la sortie d’Egypte, des merveilles que Dieu a faites pour son peuple. Et on célèbre également les récoltes.

Faire mémoire des bienfaits de Dieu dans le passé, et se réjouir des richesses du présent.  Beau programme ! ces tentes sont une sorte de trait d’union entre le temps de l’exode, de la vie nomade avec le Seigneur, et la vie sédentaire du quotidien (au moment des récoltes, on séjournait sur place dans des cabanes).

Remarquez que Pierre ne parle pas de dresser une tente pour lui, mais pour le Christ, pour Moïse et pour Elie. Lors de la fête des Tentes, on invite symboliquement les grandes figures du judaïsme à entrer dans sa tente : Abraham, Moïse, David. Les disciples ont-ils cru voir surgir réellement leurs invités préférés ?

Surtout, la tente a dans le premier Testament une signification particulière : c’est aussi la tente de la rencontre, où le croyant a rendez-vous avec Dieu. C’est la demeure de Dieu parmi un peuple de nomades. En sanctuarisant cette présence exceptionnelle, en retenant Jésus aux côtés de Moïse et d’Elie, Pierre semblerait immobiliser Jésus dans la Première Alliance.

Or, la révélation de la théophanie aboutit au Christ seul : l’effacement d’Elie et de Moïse apparaît comme un passage de témoin(s), vers la Nouvelle alliance. La personne la plus importante, c’est le Christ, qui prend le relais de la Loi (avec Moïse), et des prophètes (avec Elie). Il fait plus : il prend le relais même de Dieu.

Ce que Dieu vient révéler, c’est ce lien d’amour qui l’unit au Fils : la théophanie se fait dans une Parole, et cette Parole, c’est une déclaration d’amour :

II. « Celui-ci est mon fils bien-aimé. Ecoutez-le »

Ecoutez-le ! Souccot, la fête des tentes, c’est aussi, le dernier jour, la fête de la Torah – la fin d’une année de lecture. Ce ne serait pas étonnant alors de trouver ici mise en valeur la Parole de Dieu. La parole est très présente dans cet épisode.  D’abord, Jésus s’entretient avec Moïse et Elie ; et, surtout la voix de Dieu. D’ordinaire on retient plutôt l’aspect visuel de la transfiguration. Or, la révélation a lieu en deux temps : d’abord, l’aspect resplendissant de Jésus, puis, la voix qui révèle Jésus comme le Fils, et le verbe, de Dieu lui-même. La nuée[2] qui survient nous fait passer de la vue, à l’écoute.  « Ecoutez-le » : Jésus, le Fils bien-aimé, c’est la nouvelle Parole qui est donnée aux disciples. C’est ce que Jean a voulu dire : « Et le verbe s’est fait chair ». La Parole même de Dieu s’incarne en Jésus.

« Ecoute, Israël » : c’est ainsi que commence le don de la Loi ; « Ecoutez-le » : ce sont aussi ces mots qui révèlent Dieu en la personne de Jésus-Christ. Et les premiers disciples qui sont là sont aussi appelés, sans le savoir encore, à être les témoins de la Parole, après Moïse et Elie.

Si nous n’avons pas encore de projet pour ce carême, voici une belle invitation : « écoutez-le ». Se proposer un carême d’écoute, d’écoute de la Parole.

Pierre au début, intervient pour dire à Jésus ce qu’il faut faire. Il sait ce qui est bon. Mais il ne sait pas que Dieu a prévu bien davantage. Les disciples, sous la nuée, vont être désorientés : ils ne savent plus quoi dire. Et Dieu leur propose d’écouter. Alors, la conversion à vivre, pendant ce carême, c’est d’écouter ; monter, prendre de la hauteur, pour écouter. Selon un pasteur de l’église évangélique, au lieu de dire « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » ; nous avons plutôt tendance à dire : « Ecoute, Seigneur, ton serviteur parle ». Cessons d’en rester à nos propres projets, et écoutons ce que le Christ nous propose.

Celui qui nous permet d’écouter Jésus, c’est l’Esprit Saint – c’est bien lui qui est présent ici à travers la nuée, comme l’Esprit saint qui couvre Marie de son ombre. « Une nuée vint les recouvrir ». Nous sommes invités à être désorientés, en haut de cette montagne, où la brume d’altitude tout à coup nous enveloppe, à perdre nos automatismes, mais pour être plongés dans cette nuée d’amour, dans l’amour du Père.

Alors, invitons le Christ à venir nous parler. Invitons l’Esprit Saint à venir dans notre tente intérieure, pour être à l’écoute, pour discerner, et s’émerveiller de ce que Dieu fait pour nous.

III. redescendre : un grand renversement 

Oui, la montagne est bien le lieu des révélations : c’est sur une montagne que Dieu se révèle à Abraham, la montagne appelée « Dieu pourvoit », « Dieu donne ».  C’est sur la montagne du Sinaï que Moïse a reçu la Loi ; et c’est au sommet que la gloire de Dieu se révèle en Jésus. C’est le Christ resplendissant de l’amour du Père qui est manifesté ici, et ce vêtement blanc, c’est celui du Ressuscité à l’aube de Pâques.

On parle de la montée vers Pâques. Nous aussi, nous sommes en train de gravir une montagne, celle qui va nous mener à la révélation de la Gloire de Dieu : la mort et la résurrection de son Fils.

Les disciples sont montés avec Jésus, ils ont vécu un temps fort, une expérience fondatrice.

Mais il leur faut maintenant redescendre de la montagne. 

Monter, écouter, redescendre : c’est le sens de ce carême, peut-être, et celui de toute une vie.

« Il est bon que nous soyons ici ». Les disciples veulent être là où se trouve Dieu – rester dans la lumière divine. Or, c’est la démarche inverse qui est proposée aujourd’hui : le grand renversement de cet épisode, c’est que Dieu veut être là où nous nous trouvons, il nous renvoie habiter nos lieux. C’est lui qui nous accompagne, dans notre redescente vers le quotidien, vers la vallée[3].

Le Psalmiste le savait déjà, qui disait : « quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi … »

« Il est bon que nous soyons ici ». Il est surtout bon, et incroyablement bon, que Dieu, lui, vienne habiter chez nous ; qu’il ait habité parmi nous, comme dit le prologue de Jean. « et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ».  Or, le verbe littéralement en grec signifie « planter sa tente » : Dieu a dressé sa Tente parmi nous ».

C’est ce que le texte nous donne à méditer : Dieu nous invite à ce bouleversement. C’est dans notre humble quotidien que le Seigneur veut être ; c’est dans l’intimité de notre tente intérieure qu’il veut descendre avec nous. 

N’ayons pas peur : les disciples, après cette expérience extraordinaire, après cette grande révélation, ne vont pas être radicalement transformés. Ils vont même juste après, dans ce 9e chapitre de Marc, accumuler les bêtises – pour ne pas employer un terme moins correct !

Ils empêchent un homme de chasser les démons au nom de Jésus (ils veulent écarter la concurrence), et ils se posent la question de savoir qui est le plus grand parmi eux. Ils viennent de vivre la gloire de Dieu, et ils songent encore à leur gloriole.

Jésus les invite à changer de comportement, à être petits parmi les petits, dans l’humilité et le service : une autre dimension est donnée à l’ordinaire de nos vies. Le moindre verre d’eau compte, dans la vie en Jésus.

*

Nous allons maintenant vivre un temps un peu inhabituel :

Je vais vous proposer, avant de terminer cette prédication, un temps de silence, un échange entre le Christ et vous-mêmes, dans la tente de votre être intérieur, pendant lequel vous pourrez vous poser la question :

« Quel a été le temps fort, ou les temps forts, où j’ai pu faire cette expérience fondatrice avec le Seigneur Jésus ?  Quelle est la montagne où le Seigneur m’emmène, où il me parle ? quel est ce lieu qui me fait avancer, à quoi je peux me référer ? d’où je peux ensuite redescendre, regonflé, dans la Grâce ?

Ce peut être une retraite, un temps fort en Eglise, un pèlerinage, les grandes orgues à Notre-Dame …

Laissons-nous 3 minutes de silence 

 

Le Seigneur nous accompagne dans notre randonnée de carême, cette randonnée de l’Amour.

Il nous emmène sur la montagne, et nous parle. Ecoutons-le.

Et nous ferons cette montée vers Pâques, Pâques où nous pourrons entendre Dieu nous dire, à nous aussi :

« Tu es mon enfant bien-aimé. Je t’ai tellement aimé, que j’ai donné mon Fils pour toi. »

Pour que tu l’écoutes, que tu redescendes béni, et que tu vives.

Amen

 

 


[1] Ce qui nous met sur la voie, c’est la mention « 6 jours après »

[2] La  nuée  est manifestation de Dieu – Exode 40, 34-35

 

[3] Le pasteur Schlumberger nous propose cette année, pour ses conférences de Carême, le thème de la mobilité, du Dieu mobile. Qui est aussi en lien avec notre méditation sur cette randonnée spirituelle des disciples avec Jésus. Non pas fixer Dieu dans un endroit particulier ; mais le savoir toujours en déplacement, sur nos routes, en marche avec nous.

 

 

Publié le 09/03/2018 @ 19:54  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 04 février 2018 - par Ruth-Annie Coyault

Prédication du dimanche 4 février 2018 à Versailles

Culte avec le groupe œcuménique de prière de Notre-Dame

 

Marc 1, 29-39 Guérisons à Capharnaüm

Et aussitôt, sortant de la synagogue, il vint dans la maison de Simon et d'André, avec Jacques et Jean. Or la belle-mère de Simon était au lit avec la fièvre, et aussitôt ils lui parlent à son sujet. S'approchant, il la fit se lever en la prenant par la main. Et la fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, quand fut couché le soleil, on lui apportait tous les malades et les démoniaques, et la ville entière était rassemblée devant la porte. Et il guérit beaucoup de malades atteints de divers maux, et il chassa beaucoup de démons. Et il ne laissait pas parler les démons, parce qu'ils savaient qui il était.

Le matin, bien avant le jour, il se leva, sortit et s'en alla dans un lieu désert, et là il priait. Simon et ses compagnons le poursuivirent et, l'ayant trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. » Il leur dit : « Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j'y prêche aussi, car c'est pour cela que je suis sorti. » Et il s'en alla à travers toute la Galilée, prêchant dans leurs synagogues et chassant les démons.

 

PRÉDICATION

Nuit de guérisons à Capharnaüm. On est souvent mal à l’aise avec les guérisons miraculeuses et les exorcismes dont parle la Bible, parce qu’un Jésus qui enseigne, qui débat avec les rabbins et défend les plus faibles est plutôt sympathique, mais un Jésus qui vient à bout des toutes les maladies et des possessions démoniaques, c’est plus que ne peut faire un simple mortel, c’est un Messie qui maîtrise le surnaturel, et c’est trop déconcertant… On en vient à ses dire que tous ces exorcismes et ces miracles, nous n’en faisons pas l’expérience dans notre quotidien, donc ils ne font pas sens pour nous, on ne voit pas bien comment ils sont encourageants pour notre foi. Pourtant, derrière les guérisons que Jésus va accomplir dans cette nuit à Capharnaüm, l’évangile veut nous livrer un message pour notre foi.

L’évangile de Marc parle de la croix tout en déconstruisant la figure du disciple, pour montrer que c’est l’événement de Pâques qui permet de comprendre qui est réellement le Christ, c’est l’événement de Pâques qui fait naître la foi, c’est à partir de cet événement qu’on devient un disciple au service de Jésus-Christ. Et c’est pour cela que la guérison de la belle-mère de Pierre est racontée comme une mort et une résurrection : elle était couchée avec de la fièvre, et le Christ la fait se lever, avec le verbe de la résurrection (egeiro), pour dire que par l’œuvre de Jésus à la croix, l’humain qui était mort dans ses péchés est relevé, est rendu à la vie...

Les guérisons multiples à Capharnaüm sont porteuses du message selon lequel Jésus est mort sur la croix pour sauver les pécheurs. Le récit contient des détails qui connectent avec la mort et la résurrection de Jésus, pour que le lecteur comprenne que le cœur de la proclamation de la bonne nouvelle, c’est que le salut de tous les hommes est donné par Jésus à la croix où il meurt. À la croix, le Christ a porté les maladies de notre âme, les infirmités de notre péché, il a vaincu la puissance de l’ennemi qui veut envahir et abîmer l’existence humaine, et c’est cette victoire du Christ que l’évangéliste Marc proclame à travers les guérisons et les exorcismes nombreux qui sont accomplis à Capharnaüm. À la croix, le Christ a défait le prince des ténèbres, il a livré un combat victorieux contre la nuit du mal, la nuit du péché, la nuit de la souffrance des hommes, et c’est pour cela que nous est racontée toute une nuit (opsias) de guérisons qui se termine à l’aube (proi), exactement comme la nuit de la passion et l’aube de la résurrection du Christ :

-       de nuit (opsias) Jésus est arrêté, après avoir pris la cène avec ses disciples (Marc 14, 17),

-       de nuit il est mis au tombeau par Joseph d’Arimthée (Marc 15, 42),

-       et à l’aube (proi) du troisième jour, Jésus est ressuscité (Marc 16, 2-9)…

Dans l’histoire de Pâques, les premiers témoins sont des femmes, et à Capharanüm, Jésus commence par guérir une femme qui entre aussitôt à son service (diakonéo), exactement comme les premiers témoins de la résurrection dont il est dit qu’elles servaient le Seigneur (Marc 15, 41)… Nous sommes au premier chapitre de l’évangile, et il y a une femme guérie par le Seigneur qui se met à son service, et à la fin de l’évangile, on retrouve une autre femme qui a été guérie par le Seigneur, c’est Marie de Magdala (Marc 16, 9).

L’histoire de la croix est bel et bien là dans ce récit de guérison surprenant où ceux qui devraient parler pour exprimer leur joie d’avoir été guéris se taisent, et ceux qui parlent sont muselés par le Seigneur parce que ce sont des démons, et parce qu’ils le connaissent. Ça c’est étonnant : les démons veulent parler de Jésus parce qu’ils le connaissent, et les disciples qui marchent avec lui et l’accompagnent dans la mission ne disent rien… Les démons ont reconnu tout de suite Celui qui est venu pour les chasser, ils ont reconnu le Christ qui va les vaincre à la croix, comme dit l’apôtre Paul dans sa lettre aux Colossiens : « Il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix… » (Colossiens 2, 15).

Donc les démons tremblent devant Jésus, ils parlent non pas parce qu’ils le reconnaissent comme Seigneur à qui ils se soumettent, mais parce qu’ils veulent lui faire une mauvaise publicité comme ça a été le cas avec le démoniaque assis à la synagogue dans le récit précédent, il disait à Jésus : « Je sais qui tu es, tu es le saint de Dieu, tu es venu pour nous perdre… » (Marc 1, 24). Les démons veulent parler de Jésus d’une manière subversive qui peut être contre-productive pour la mission, or il ne faut pas parler trop tôt, car le Christ n’a pas encore été révélé, il faut attendre la croix, l’aube de Pâques et le tombeau vide pour pouvoir dire qui est Jésus et ce qu’il a fait. Les esprits démoniaques veulent précipiter les choses, mais Jésus les fait taire, parce qu’il ne veut pas de cette publicité, il ne veut pas qu’on parle de sa puissance et de son autorité, ça ferait oublier qu’il est le serviteur souffrant qui est venu pour faire la volonté de son Père… Jésus ne veut pas que les démons parlent de lui parce que leurs paroles ne lui rendent pas témoignage. Le vrai témoignage qui révèle le Christ arrive à la fin, lorsque le soldat au pied de la croix voit le Seigneur mourir et déclare : « Assurément, cet homme était Fils de Dieu. » (Marc 15, 39).

Le silence imposé aux démons est donc une façon de nous faire comprendre d’une part que ce ne sont pas les esprits mauvais qui peuvent confesser le Christ (l’empire du diable ne glorifie pas le Fils de Dieu !) ; et d’autre part, on ne peut parler du Seigneur qu’après la croix et à partir de la croix, c’est-à-dire lorsque tout est accompli, lorsque le Messie a remporté la victoire. On ne peut parler de Jésus que pour dire son œuvre salutaire qui passe par Golgotha, si on parle de lui pour dire autre chose, alors ce ne sont que des mots vides de sens qui ne contribuent pas à dire la bonne nouvelle de Jésus-Christ, ce n’est que vanité et poursuite du vent, comme dit l’Ecclésiaste… Si on parle de Jésus pour dire combien il est gentil, compatissant, sympa avec les pauvres, etc., c’est bien, mais on ne dit pas l’essentiel, à savoir qu’il est mort à la croix et ressuscité le troisième jour et qu’il a donné sa vie pour nous… Si on évite ou si on n’arrive pas à dire le cœur de la foi chrétienne en parlant de Jésus (et le témoignage chrétien n’est pas si évident que cela), c’est qu’on n’a pas encore compris qui est Jésus ni ce qu’il a fait pour nous, alors il faut se taire et attendre que le Christ nous soit révélé dans le cœur, par la foi, comme le soldat au pied de la croix, et là nous pourrons parler…

Vous avez remarqué que les disciples sont actifs auprès de Jésus, ils s’affairent pour aller le chercher quand il s’éloigne pour prier. On peut entendre ci que le disciple est celui qui cherche le Seigneur ou qui parle au Seigneur pour les autres. D’une certaine manière, ils sont médiateurs entre le Christ et leurs semblables, c’est le principe de l’intercession : nous cherchons la face du Seigneur et nous lui nous parlons de tous ceux qui ont besoin de lui.

Autre détail important : ce sont les gens qui viennent à Jésus et lui amènent les malades, lui n’a rien demandé, et toute la ville est venue devant sa porte, et après on ne voudra plus qu’il parte, mais Jésus n’accède pas à la demande de ceux qui veulent le garder pour eux, il s’en va annoncer l’évangile ailleurs. Je crois que l’évangéliste Marc veut affirmer ici que Jésus-Christ est la bonne nouvelle que le monde attend, c’est pourquoi toute la ville est là.

Jésus est celui qui sauve et guérit l’homme, l’évangile nous exhorte donc à aller vers lui, pour apporter au Sauveur toutes nos maladies, nos infirmités, tout ce qui nous déforme spirituellement et nous empêche de le servir. Allons à Jésus avec tout ce qui fait de notre vie un enfer, tout ce qui nous consume de l’intérieur et nous maintient couchés dans la souffrance… Allons à Jésus et confions-lui tout ce qui nous brûle à l’intérieur, dans notre cœur/corps/âme, car c’est pour cela qu’il est venu, pour accueillir cette souffrance et nous guérir, pour être à l’écoute de nos douleurs et nous procurer la paix, pour nous tendre la main, nous relever et nous sauver…

Ouvrez la porte de vos cœurs, dit le Seigneur, allez à lui tels que vous êtes. Oui, présentons-nous devant lui en toute sincérité, ne lui cachons pas ce qui nous affecte et nous angoisse, car son cœur à lui est ouvert pour chacun de nous. Le Christ a souffert les ténèbres de Golgotha pour mettre fin à notre nuit intérieure, il est venu pour que le jour se lève dans nos vies, il est venu dire à l’homme qui souffre/qui est tourmenté par la culpabilité et le mal que la grâce est disponible. Le Ressuscité a vaincu la mort pour venir tendre la main à tous ceux qui sont couchés dans la mort : la mort d’une situation sans issue, la mort du péché qu’on a commis et dont la conscience nous pèse, la mort d’une épreuve ou d’une situation de santé dont nous savons que l’issue est fatale… Le Ressuscité est venu pour donner à tous l’espérance et l’assurance que l’existence humaine est sous le regard de Dieu, elle fait l’objet de toute son attention, même si l’homme pense parfois que Dieu ne se soucie pas de lui.

La vie de l’homme avec ses douleurs, c’est le terrain par excellence du kérygme, c’est le lieu de la proclamation de la bonne nouvelle. La bonne nouvelle que Jésus annonce n’est pas une proclamation désincarnée qui vise juste à procurer des satisfactions intellectuelles pures et simples, ce n’est pas un discours pour fanfaronner du haut de la chaire et puis après chacun rentre chez soi, la bonne nouvelle que Jésus prêche est un message qui rejoint chacun dans le concret de sa vie. C’est dans la réalité de notre existence que l’évangile est une bonne nouvelle et que l’exhortation biblique prend tout son sens, pour encourager celui qui souffre et lui redonner espoir…

Il faut que la parole du Christ entre dans les maisons pour parvenir à ceux qui attendent une bonne nouvelle de la part de Dieu. C’est pour cela que Jésus sort de la synagogue et se rend à la maison (là où la bonne nouvelle est au contact du réel), c’est pour cela aussi que l’évangile lui fait passer cette nuit de guérisons qui s’achève au matin quand le jour va se lever, pour dire qu’en Jésus-Christ un jour nouveau se lève, une vie nouvelle commence. Ce n’est plus la vie dans la servitude du péché, c’est la vie dans le service joyeux de notre Sauveur. Ce n’est plus la vie couchée dans la maladie et la mort (au sens spirituel), c’est la vie debout avec Jésus qui nous relève. Ça ne signifie pas que la maladie et la mort disparaissent comme par enchantement (ce n’est pas ce que l’évangile dit !), ça veut dire que toute épreuve, y compris la maladie et la mort, est portée dans la foi, avec la force du Seigneur qui rejoint l’homme dans ce qu’il traverse et ne le délaisse pas dans la nuit de ses souffrances.

Conclusion :

Les exégètes ont pensé que Jésus s’était affranchi des liens avec sa parenté pour vivre pleinement sa mission et qu’il a vécu dans une famille adoptive, celle de Simon Pierre. En guérissant la belle-mère de Pierre, Jésus ne fait que soulager une fièvre, rien de bien miraculeux à vrai dire, mais l’évangile en parle comme d’un signe qui a son importance, car il annonce Pâques, dès le premier chapitre. Cette guérison est un signe qui, comme la tempête apaisée, proclame la victoire du Christ sur les forces de mort, c’est un signe qui nous dit que Jésus s’est relevé de la mort pour relever tous ceux qui souffrent et qui meurent. Telle est la bonne nouvelle de l’évangile aujourd’hui.

C’est à la croix que le salut du monde a été acquis, et c’est dans l’humble demeure d’une famille de pêcheurs/pécheurs que le salut de Dieu est entré, de sorte que la guérison d’une femme a ouvert la voie à un ministère féminin de diacre, et ça c’est une sacrée bonne nouvelle pour l’église !

Mon frère, ma sœur, Jésus est venu dans ta nuit pour te ressusciter, pour te remettre debout là où tu en as besoin. Le Seigneur est au milieu de nous, et tu peux aller à lui maintenant, pour être guéri/libéré/sauvé. Tu peux lui ouvrir ton cœur maintenant, car il n’attend que ça pour te donner la vie. Amen.

 

Publié le 12/02/2018 @ 21:09  Prévisualiser  Imprimer l'article
DébutPrécédent [ 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ] 10 pages suivantesSuivantFin
Archives
08-2018 Septembre 2018 10-2018
L M M J V S D
          01 02
03 04 05 06 07 08 09
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30


^ Haut ^