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Dimanche 14 janvier 2018 - par Ruth-Annie Coyault

Culte du dimanche 14 janvier 2018 à Versailles

1 Samuel 3 Dieu appelle Samuel

Le petit Samuel est au service du Seigneur sous la garde du prêtre Héli. À cette époque-là, le Seigneur parle rarement à quelqu’un et il envoie rarement des visions. Une nuit, Héli dort à sa place habituelle. Il est presque aveugle. Samuel aussi dort dans la maison du Seigneur, près du coffre sacré. La lampe de Dieu brûle encore. Le Seigneur appelle : « Samuel ! » Samuel répond : « Je suis là. » Puis il court auprès d’Héli et lui dit : « Tu m’as appelé. Je suis là. » Mais Héli répond : « Je ne t’ai pas appelé. Retourne te coucher. » Samuel va se recoucher. Le Seigneur appelle Samuel une deuxième fois : « Samuel ! » Samuel va près d’Héli et lui dit : « Tu m’as appelé. Je suis là. » Héli répond : « Je ne t’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher. » Samuel ne connaît pas encore le Seigneur, car celui-ci ne lui a jamais parlé. Le Seigneur appelle Samuel une troisième fois. Samuel se lève. Il va près d’Héli et lui dit : « Tu m’as appelé. Je suis là. » Alors Héli comprend que c’est le Seigneur qui appelle l’enfant. Il dit à Samuel : « Retourne te coucher. Et si on t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !” » Samuel va se coucher à sa place habituelle. Le Seigneur vient et se tient là. Comme les autres fois, il appelle : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répond : « Parle, ton serviteur écoute. »

Le Seigneur dit à Samuel : « Je vais frapper Israël d’un grand malheur. Tous ceux qui apprendront la nouvelle seront effrayés. Je vais envoyer à Héli et à sa famille tous les malheurs que j’ai annoncés, vraiment tous. Héli est prévenu, je condamne sa famille pour toujours à cause de sa faute. Il sait que ses fils m’insultent. Pourtant, il les laisse faire. C’est pourquoi je fais ce serment à la famille d’Héli : rien n’effacera jamais sa faute, aucun sacrifice, aucune offrande ! » Samuel reste couché jusqu’au matin. Puis il va ouvrir les portes de la maison du Seigneur. Samuel a peur de raconter à Héli ce qu’il a vu. Mais Héli l’appelle et lui dit : « Samuel, mon fils ! » Samuel répond : « Je suis là ! » Héli demande : « Qu’est-ce que le Seigneur t’a dit ? Ne me cache rien ! Si tu me caches un seul mot, que Dieu te punisse très sévèrement ! » Alors Samuel raconte tout à Héli, il ne lui cache rien. Héli dit : « Il est le Seigneur, il peut faire ce qui lui semble bon ! » Samuel devient grand. Le Seigneur est avec lui. Et tout ce que Samuel dit de la part du Seigneur, le Seigneur le fait. Alors dans tout le pays d’Israël, depuis Dan, au nord, jusqu’à Berchéba, au sud, les gens apprennent que Samuel est vraiment un prophète du Seigneur. Le Seigneur continue à se montrer à Silo. En effet, c’est à Silo que le Seigneur se fait connaître à Samuel et qu’il lui communique sa parole. »

 

Prédication

L’histoire de Samuel, c’est celle de l’appel de Dieu que l’on peut entendre à tout âge, même quand on est un petit enfant. On peut se demander lors ce qu’un petit enfant peut bien faire d’une vocation de servir Dieu, c’est déjà compliqué pour les adultes, à plus forte raison pour un enfant qui a besoin de vivre son enfance, de grandir, de faire l’expérience de la vie… Mais Dieu sait ce qu’il fait, et Samuel ne deviendra pas un homme malheureux en servant le Seigneur, au contraire, il aura le privilège d’être un serviteur charismatique dès son enfance jusqu’à sa mort, il oindra les deux premiers rois d’Israël, Saül et David, et il sera le dernier juge en Israël avant la création du royaume d’Israël.

Samuel, c’est tout un symbole, d’abord par sa naissance : Anne sa mère était stérile et l’a demandé à Dieu en faisant le serment que si un fils lui était accordé, elle le prêterait à Dieu toute sa vie. Donc Samuel est l’enfant du miracle et du serment entre Anne et Dieu.

Samuel (לאומש) est aussi tout un symbole par son nom qui signifie : Dieu l’a placé/établi[1] (םיש). Certains traducteurs traduisent Samuel par « son nom est Dieu », mais ça pourrait prêter à confusion : le nom de qui est Dieu ? Le nom de l’enfant ? Ce serait de l’idolâtrie. Le nom de Dieu ? Anne ne le sait que trop bien, puisqu’elle l’a imploré. Par contre, le narrateur biblique explique qu’elle donne le nom de Samuel comme témoignage de la réponse que Dieu a faite à sa demande : « Dans le cours de l'année, Anne devint enceinte, et elle enfanta un fils, qu'elle nomma Samuel, car, dit-elle, je l'ai demandé à l'Eternel. » (1 Samuel 1, 20). En réponse à la demande d’Anne, Dieu place en son sein un enfant qui deviendra son serviteur, Samuel… Donc une vocation depuis le ventre de sa mère, mais ça ne fera pas de Samuel un prophète qui sait tout et qui comprend tout sans l’aide de personne, l’histoire montre que justement le jeune Samuel a besoin de l’aide d’un plus expérimenté que lui pour comprendre que c’est Dieu qui veut lui parler.

Samuel est un enfant à peine sevré lorsqu’il est placé auprès du prêtre Éli pour devenir serviteur de Dieu. Il commence sa vie au temple, sous la responsabilité d’Éli, et en ce temps-là, nous dit le texte, les prophéties et les visions sont rares. Cette précision est importante pour comprendre la parole choquante que Dieu adresse à la famille d’Éli. Les prophéties et les visions sont devenues une chose exceptionnelle, il y a comme un silence de Dieu qui s’est installé dans le pays, ce qui n'est pas du tout habituel dans les récits bibliques. En effet, dans l'Ancien Testament, Dieu parle souvent et mobilise tout un tas de prophètes pour livrer des messages de promesse, d'avertissement ou de menace. L'histoire des patriarches est peuplée de révélations, de visites d'anges et de visions de la part de Dieu. Après la sortie d’Égypte, toute la période de l’Exode, toute la marche du peuple d’Israël vers la terre promise est marquée par la parole que Dieu adresse à Moïse ; la parole prophétique va jouer un rôle important dans la stratégie militaire et dans les guerres qu’Israël va mener : rappelez-vous le prophète Élisée dont les visions dévoilaient les plans d’attaque des syriens avant qu’ils aient pu les mettre en œuvre, parce que Dieu lui montrait tout à l’avance (2 Rois 6, 8-12). Même à l’époque des juges, c’est-à-dire à l’époque de Samuel, Dieu parle, et ses révélations sont encore fréquentes : par exemple Déborah qui fut la seule femme juge en Israël prophétise la victoire sur les Cananéens (Juges 4, 1-7), Gédéon reçoit des signes et des consignes de la part de Dieu pour vaincre les Madianites (Juges 6 et 7), les parents de Samson reçoivent la visite d’un ange qui leur annonce qu’ils auront un fils consacré à Dieu et qui sera un instrument pour délivrer Israël des Philistins.

Et tout à coup, plus rien. Dieu ne parle plus, il n’envoie plus de visions. Cette rareté soudaine de la parole de Dieu laisse entendre qu'il y a un problème, et le problème, le voici : la désobéissance est entrée dans la famille de ceux qui lui sont consacrés et sont sensés le servir d’une manière exemplaire. On peut lire dans le chapitre précédent que les fils du prêtre Éli qui sont prêtres eux aussi sont, tenez-vous bien, des hommes pervers qui ne connaissent pas Dieu ! Car tout en étant prêtres, ils se conduisent mal, ils exercent leur ministère dans le désordre moral, dans la débauche : ils couchent avec les femmes qui viennent au temple, ils entraînent le peuple dans le péché, ils ne respectent pas le rituel de l’offrande, et c’est grave sur le plan rituel, spirituel et communautaire. Car ils envoient leurs serviteurs aller chercher la viande destinée aux sacrifices et ils la mangent avant qu’on ait fait le sacrifice ! Vous imaginez-vous que moi, le pasteur, au moment de l’offrande, j’envoie un conseiller presbytéral chercher l’argent dans vos poches avant que vous ayez pu le mettre dans les corbeilles pour le service de l’Église, ce serait scandaleux, certains quitteraient l’église !

Bref, les fils d’Éli méprisent ce qu’on offre à Dieu, ils abusent de leur autorité, au lieu de sanctifier le nom de Dieu ils le déshonorent par leur comportement, et ça finit par mettre Dieu en colère… Éli a bien essayé de les raisonner, mais sans succès. Dieu a même envoyé un messager auprès d'Eli pour l'avertir, mais il semble que le pauvre prêtre n'a pas d'autorité sur ses fils qui continuent de mal se conduire (1 Sam 2, 27-36).

 

La désobéissance s’est installée dans la maison de Dieu, le scandale est installé au sein même de la lignée sacerdotale, et les fils d’Éli n’écoutent pas, ils ne veulent rien savoir. Alors Dieu s’est tu, Il ne parle plus, sinon qu’à de rares occasions… Mais le texte nous dit que la lampe de Dieu brûle encore, le Seigneur est encore au milieu de son peuple, son Esprit est toujours présent, et Il va parler par la bouche d’un enfant, le petit Samuel… Cette nuit-là, le Seigneur se révèle à lui pour lui confier la mission délicate de dénoncer la mauvaise conduite des fils d’Éli. Pour Samuel, c’est une expérience décisive qui lui fera prendre conscience de ce que signifie se tenir dans la présence de Dieu.

 

Le dialogue avec Dieu n’est pas une chose naturelle, le récit le montre bien, puisqu’à trois reprises Dieu appelle Samuel, mais il lui est persuadé que c’est Éli qui l’appelle, il ne se dit pas d’emblée que c’est Dieu. Lorsque le Seigneur parle, nous avons besoin d’être aidés pour discerner sa voix et lui répondre. Nous avons besoin que quelqu’un nous montre où est le Seigneur, tout comme Jean-Baptiste le fait pour ses disciples, il leur dit : « Voici l’Agneau de Dieu », et ses disciples vont suivre Jésus (Jean 1, 35). Nous avons besoin que quelqu’un nous aide à faire nos premiers pas dans la foi, que quelqu’un nous conduise au Seigneur et nous explique qui il est, comme Simon Pierre qui est amené par son frère André, ou comme Nathanaël qui est amené à Jésus par Philippe. Personne ne peut cheminer seul par la foi, il y a toujours un autre qui aide à comprendre, qui aide à marcher, qui aide à suivre le Seigneur et à écouter sa voix.

Pour Samuel, c’est Éli qui sera cette personne. Même si Éli est presque aveugle, sa longue expérience au service de Dieu lui permet de discerner ce qui se passe et de dire à Samuel comment répondre à l’appel du Seigneur : « Retourne te coucher. Et si on t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !” »

 

Éli apprend à Samuel comment être à l’écoute de Dieu, et voici deux générations de croyants qui collaborent, au service de Dieu. Malgré son grand âge, Éli est très utile à la vocation du jeune Samuel. Ses yeux pratiquement aveugles ne l'empêchent pas de voir les choses de l'esprit et de comprendre que c’est le Seigneur qui appelle Samuel. Ce récit montre l’importance de celui qui est ancien dans la foi. Parfois les plus jeunes ont tendance à faire comme s’ils peuvent se passer des aînés, parce qu’ils sont vieux, mais le récit montre que Samuel a besoin de la sagesse et de l’expérience d’Éli pour faire la rencontre avec Dieu. Et Éli reste très humble, il n’est pas dans le préjugé de l’âge vis-à-vis de Samuel. D’autres à sa place auraient peut-être pensé que Dieu ne peut pas parler à un enfant parce qu’il est trop petit pour comprendre, d’autres auraient pensé que Dieu ne peut parler que par la bouche de son prêtre qui est oint/accrédité/établi pour être le médiateur et le porte-parole de Dieu. D’autres auraient pensé que Samuel a des hallucinations, que sa santé mentale n’est pas bonne puisqu’il entend des voix… D’autres se seraient sentis évincés par ce petit marmot qui prétend entendre la voix de Dieu, mais Éli n’est pas du tout dans cet état d’esprit, il n’est ni jaloux, ni furieux, ni révolté de ce que Dieu choisit de parler à un enfant. Éli accepte le choix souverain de Dieu qui se porte sur l’enfant qu’il a quasiment vu naître, il accepte que Samuel devienne celui par qui Dieu va parler désormais, et il attend avec impatience jusqu’au lever du jour, pour savoir ce que le Seigneur lui a dit.

L’attitude d’Éli est remarquable, c’est vraiment le prêtre au sens de l’humble service qui reste dans l’obéissance à Dieu jusqu’au bout, obéissance à un Dieu dont il accepte la décision très dure, car le Seigneur rejette ses fils comme prêtres et prononce une parole de condamnation terrible sur sa famille… Les fils d'Éli auraient dû lui succéder dans le sacerdoce, mais à cause de leur désobéissance, ils sont écartés de la prêtrise, et c'est finalement Samuel qui deviendra le successeur d'Éli.

 

La condamnation des fils d’Éli est choquante, Dieu dit qu’il condamne la famille d’Éli pour toujours et que rien n’effacera jamais sa faute, ni aucun sacrifice, ni aucune offrande : pourquoi une telle dureté, pourquoi le Seigneur est-il sans pitié envers le vieux prêtre alors qu’il est le Dieu miséricordieux ? Je crois que derrière la parole terrible que Samuel est chargée d’annoncer à Éli, il faut entendre la condamnation éternelle du péché et non des pécheurs. Dieu condamne sans appel et pour toujours la conduite abominable des fils d’Éli, pour dire que ce qu’ils ont fait est inacceptable et le restera pour toujours. Les générations se succèderont, les siècles passeront, et jamais le Seigneur n’acceptera que ses serviteurs agissent mal comme les fils d’Éli. Car ils sont les serviteurs de Dieu qui se tiennent dans sa maison pour sanctifier son nom, ils ont le devoir d’être exemplaires (non pas parfaits, mais exemplaires), leur mission est d’encourager le peuple sur le bon chemin, mais eux font tout le contraire, ils poussent le peuple à pécher contre Dieu, et c’est cette attitude-là est sévèrement condamnée… Si le prêtre/le pasteur pèche délibérément contre Dieu et persiste dans son erreur malgré les exhortations qui lui sont faites, si le pasteur vit dans le désordre/la débauche/l’immoralité et ne veut pas entendre raison, il devient une pierre d’achoppement pour la communauté, et le Seigneur dit par la bouche de Samuel qu’une telle attitude venant de ceux qui le servent rencontrera toujours son intransigeance, de génération en génération… De même pour le chrétien qui est témoin de Jésus-Christ, si son comportement scandalise les non croyants au lieu de les encourager à venir au Seigneur, le Seigneur lui fera savoir par sa parole qu’il ne sera jamais d’accord avec ses mauvais agissements qui sont un contre-témoignage flagrant au cœur du monde où il est sensé briller comme une lampe allumée et non pas se vautrer dans le péché…

La parole dure du Seigneur à la famille d’Éli, c’est en quelque sorte la claque qui nous rappelle nos engagements au service du Seigneur : si nous aimons Dieu et voulons le servir, évitons de faire n’importe quoi, car notre mauvaise conduite nous destitue totalement de nos engagements chrétiens, ce n’est même pas Dieu qui nous enlève nos responsabilités (il ne va pas descendre pour venir nous dégager), c’est nous qui perdons l’autorité/le poids/la dignité de serviteurs de Dieu, à cause des mauvais comportements…

 

Éli accepte donc cette parole très dure à entendre que Dieu lui adresse par la bouche de Samuel, et si l’histoire se termine tristement pour Éli (Dieu condamne sa famille), s’il y a un échec douloureux pour le vieux prêtre qui a tant travaillé pour le Seigneur, l’échec n’est pas total : ce qu’il n’a pas réussi avec ses fils, Éli va le réussir avec Samuel : il va jouer son rôle, pour instruire Samuel, pour lui apprendre à se tenir devant Dieu et écouter sa voix. Oui, ce que nous ne réussissons pas avec nos enfants, nous pouvons le réussir avec d’autres fils et d’autres filles en la foi, d’autres enfants spirituels que le Seigneur nous donne pour qu’ils apprennent à nos côtés… À nous donc de jouer notre rôle, pas seulement auprès de nos enfants, mais aussi auprès des plus jeunes qui nous sont donnés dans l’église, pour les aider à se tenir devant Dieu, pour accepter l’appel de Dieu dans leur vie, pour accepter que nos successeurs dans l’église ne seront pas forcément nos propres enfants, mais d’autres jeunes à qui Dieu fait entendre sa voix… Et ce sera notre responsabilité/rôle de les former comme Éli a formé Samuel, sans amertume, ni jalousie, ni déception, pour qu’ils puissent nous succéder un jour… C’est ça l’église : c’est Dieu qui appelle et c’est Dieu qui passe le témoin à qui Il veut et quand Il veut…

Il faut seulement être conscient qu’à nos côtés, il y a des plus jeunes dans la foi qui ont besoin de nous. Ils ne savent pas toujours discerner l’appel de Dieu, ils ne savent pas toujours pourquoi ils sont là ni ce qu’ils sont sensés faire, mais nous pouvons être à leurs côtés les témoins dont ils ont besoin pour discerner l’appel de Dieu, pour comprendre quel est leur rôle/vocation et pour entrer pleinement au service de Dieu.

 

À trois reprises, au cœur de la nuit, Samuel a manqué l’appel de Dieu. Dans la nuit de l’ignorance et du manque d’expérience, il ne pouvait pas répondre. Lorsque le Seigneur l’appelle pour la 4ème fois, il répond enfin, parce qu’un témoin est venu éclairer sa nuit, et il sait désormais qui est le Dieu qui l’appelle. Dieu n’est jamais pressé, Il est patient, Il prend le temps nécessaire pour se faire connaître à l’homme, jusqu’à ce que chacun comprenne quelle est sa vocation.

 

Le jour se lève, la nuit de l’ignorance est finie, Samuel ouvre les portes du temple et entend un autre appel : cette fois c’est Éli qui l’appelle « mon fils ». Samuel n’est pas le fils qu’Éli a engendré dans sa chair, mais il est le fils spirituel qui va reprendre le flambeau après lui d’une manière magistrale… Samuel deviendra le prophète de Dieu auprès de son peuple.

 

Conclusion :

Aujourd’hui, Dieu fait de nous ses fils et ses filles : prêtons l’oreille à la parole qu’il veut nous faire entendre. Ne restons pas bloqués sur la condamnation des fils d’Éli, comme si la volonté de Dieu c’est de nous condamner et nous vouer au châtiment éternel. Sa parole qui claque vise justement à nous sortir des comportements de perdition, pour que nous soyons sauvés…

Aujourd’hui, Dieu fait de nous des Éli, des prêtres et des sacrificateurs, il met à nos côtés des fils et des filles spirituels : aidons-les à écouter sa voix et à répondre à son appel.

Aujourd’hui, Dieu nous parle, Dieu nous appelle, il fait de nous des petits Samuel. Sa parole est pour chacun de nous un message toujours renouvelé, pour nous encourager à le suivre et à le servir. Amen.

 


[1] Le verbe sum ou sim (שים ) signifie mettre, établir, poser, placer.

 

Publié le 19/01/2018 @ 21:34  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 31 aout 2017 - par Jacques Bosch

Luc 2, versets 22 à 40 prédication du dimanche 31 décembre 2017

 

Marie et Joseph, quelques jours ou quelques semaines après la naissance de leur fils premier né retournent à Nazareth.

Marie a certainement hâte de rentrer chez elle après ce voyage pénible et cette naissance dans les conditions que nous savons… Et pourtant… en juifs respectueux de la loi et de la tradition, ils font un détour par Jérusalem pour respecter le rite de la « purification de la jeune mère, » le rite des relevailles et offrir à cette occasion le sacrifice des pauvres gens….. Deux tourterelles.

Marie et Joseph montent avec précaution les marches du temple… Ils portent leur enfant… et les tourterelles…

Pour les accueillir, ni prêtre, ni docteur de la loi, ni pharisien…mais deux vénérables vieillards…

Siméon…homme juste et pieux, qui est venu au temple poussé par l’esprit

Anne…. Préposée bien modeste à l’entretien du temple.

 

Anne et Siméon, un comité d’accueil sortant de l’ordinaire, dans sa fragilité et sa modestie.

 

Marie et Joseph sont venus, les tourterelles en sont la preuve, pour la purification de la seule Marie. Et pourtant le texte parle de leur purification, employant le pluriel au lieu du singulier. Il ne s’agit pas d’une faute d’orthographe, l’anomalie est soulignée par la TOB dans ses notes. De quelle purification s’agit-il donc ?

Je prends le risque d’avancer l’explication suivante :

                   Depuis Noël, depuis la venue du Seigneur en ce monde, le rituel de la purification est dépassé…. le sacrifice des tourterelles est dépassé lui aussi,

Tous ont besoin d’être purifiés.

 Et par avance tous sont purifiés en la personne de Jésus sacrifié suprême.

La suite du texte semble étayer cette possible explication car dès le verset suivant il n’est plus question de la purification de Marie ni de Marie elle-même.  Marie qui devait être au départ le personnage central passe au deuxième plan, celui des témoins.

Tandis que l’on passe du rituel de la purification de la mère, à celui de la consécration du fils premier né et à l’adoration du Sauveur.

Le tout petit enfant devient le centre de l’action,

 Siméon le prend dans ses bras et entonne le chant de louange que nous avons lu.

Siméon :

 attendait…        Il vivait dans l’espérance de voir le Seigneur.

Il vivait de cette espérance

 

Poussé par l’esprit il est monté au temple, et maintenant il VOIT

Mais que voit-il ? …. Un tout petit enfant, de très pauvres gens, et dans cet enfant, que discerne-t-il ?

                                                                                        SON SEIGNEUR !

Exaucement de sa prière ? Couronnement de son Attente ?

Il avait cru en la promesse et

  • dans cet enfant, il discerne l’accomplissement de cette promesse faite non seulement à lui-même mais à tout Israël.
  • Dans cet enfant, il discerne le salut préparé par Dieu, salut qui dépasse Israël et s’étend aux païens.

Siméon qui n’a pas vu les miracles, qui n’a pas entendu et reçu l’enseignement de Jésus, qui n’a pas vécu le drame de la croix et l’exultation de la résurrection, …

Siméon discerne par l’action du Saint Esprit, le condensé du ministère de Jésus, ce ministère qui suscitera oppositions et contradictions.

 

Dans son dépouillement, Siméon est plus proche du Seigneur que nous ne pourrons jamais l’être.

Sa vision prophétique s’incarne dans le présent :

 Dans le maintenant, dans l’aujourd’hui,   

par son chant, il célèbre le salut du monde  …  Ce monde nouveau,  qui vient et qui                                      est déjà  là ,  là dans ses bras, en la personne de l’enfant Jésus.

Ce monde libéré, pardonné justifié, réconcilié avec son Dieu.

Maintenant mes yeux ont vu ton Salut ! 

 

ANNE :

 À peine les dernières paroles de Siméon se sont-elles tues qu’arrive une très vieille femme toute essoufflée, Anne, clamant à qui veut bien l’entendre, à tous ceux qui attendaient la libération de Jérusalem ça y est !    Ça y est !

 Le libérateur est là, c’est Lui. Montrant et cela est presque dérisoire, un tout petit enfant !

Luc ne nous dit rien de l’écho de ce message dont l’interprétation politique était peut-être dominante. 

Anne est la première femme à annoncer la bonne nouvelle,

elle est la première Évangéliste.

 

Marie et Joseph :

On dirait presque qu’ils ont disparu … disparu de la scène. Siméon leur redonne leur enfant alors qu’ils sont un peu abasourdis par tout ce qu’ils ont entendu et vu. Et pour Marie, les paroles de Siméon, qui recoupent l’annonce de l’Ange, contribuent à son émotion.

Ils commencent à comprendre que cet enfant, n’est leur enfant que pour qu’il soit l’enfant et surtout le sauveur du monde entier. Ils commencent à comprendre que cet enfant leur est confié, prêté, mais qu’ils doivent accepter de le voir, plus tard, leur échapper.

Au travers de la prophétie de Siméon, ils sont peut-être les premiers à percevoir, à entrevoir à percevoir qui est et qui va être Jésus…  LE CHRIST !

Ils ne comprennent peut-être pas grand-chose à ces tribulations, à ces oppositions, à ces souffrances annoncées.

 

L’enfant Jésus

Frères et sœurs, l’enfant Jésus, réponse à l’attente de Siméon et d’Anne dans lequel, par l’action du Saint Esprit, ils ont par avance rencontré le Christ,

 est-il pour nous  LA REPONSE à notre attente,

LA REPONSE à nos questions ?

L’avons-nous rencontré ?

Est-il celui qui donne sens à notre vie ? Celui qui nous permet d’être pour les autres un Signe de sa présence dans le monde ?

 

A ces questions, nous sommes peut-être tentés de penser que pour Siméon, le chant d’adoration était plus facile que pour nous, « il tenait son Sauveur dans ses bras », mais ne sommes-nous pas beaucoup mieux placés que lui, beaucoup plus riches d’enseignement, nous qui connaissons par le témoignage des disciples ce que Jésus a dit et fait alors qu’à eux il ne leur avait été donné que d’entrevoir.

 

Frères et sœurs, il nous a été dit clairement qu’à notre tour nous pouvons saluer Le Seigneur, l’honorer, le reconnaitre, le servir, lui notre Sauveur, dans la rencontre du plus humble, du plus pauvre, du plus petit de nos frères ?

Chaque jour, chers amis, nous pouvons consciemment ou non être des « Siméon » et des « Anne » pour les autres.

En ce dimanche de fin d’année, propice à une évaluation rétrospective des périodes du temps écoulé, le message dominant que nous livre la parole n’est-il pas de joindre notre prière de reconnaissance à celle de Siméon et d’Anne et de nous souvenir de tous les exaucements, de toutes les délivrances que le Seigneur nous a apportés tout au long de l’année, et de lui remettre avec confiance celle qui s’annonce ?

À Dieu le passé mort, qu’il répare et pardonne

À Lui cet avenir que seul il a sondé

À Nous l’heure qui fuit aussitôt qu’elle sonne,

Mais qui contient l’Éternité.

AMEN

(auteur inconnu).

 

 

 

                                                                                       

 

 

 

 

Publié le 13/01/2018 @ 17:44  Prévisualiser  Imprimer l'article
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