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Dimanche 02 avril 2017 - par Jean-Philippe Barde

PREDICATION EPU VERSAILLES

2 avril 2017

Jean-Philippe Barde

Ez 37, 11-14 / Rm 8, 8-11 / Jn 11, 1-45

 

« Voici que j’ouvre vos tombes » (Ez 37, 12)

Frères et sœurs, en ce 5ème dimanche de Carême, en chemin vers la passion et la résurrection du Christ, nous voici en présence de deux immenses textes (textes du jour) : Ézéchiel 37 : les ossements desséchés et le rétablissement d’Israël  et Jn 11, la résurrection de Lazare. Deux textes immenses, des monuments à contempler, de véritables montagnes qu’il faut gravir.

Ces deux textes nous parlent, l’un et l’autre, de résurrection, de rédemption et de foi. C’est pourquoi ils nous sont proposés en cette approche de Pâques.

Ces textes  nous indiquent également des pistes pour nous guider dans la foi, pour notre vie spirituelle et notre prière.

Prenons d’abord le texte d’Ézéchiel : Le peuple juif est en déportation à Babylone (vers 587 av JC). Ézéchiel est transporté en esprit dans une vallée « pleine d’ossements », image du peuple hébreu, déraciné, presque anéanti. L’Eternel, Adonaï, interroge le prophète : « Fils d’homme, ces ossements peuvent-ils revivre ? Ézéchiel répond : « Seigneur Dieu, c’est toi qui le sait ».

« 12Eh bien, prophétise ! Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici que j'ouvre vos tombes, je vous fais remonter de vos tombes, ô mon peuple, et je vous fais revenir sur le territoire d'Israël. 13Vous reconnaîtrez que je suis l'Éternel, lorsque j'ouvrirai vos tombes et que je vous ferai remonter de vos tombes, ô mon peuple ! 14Je mettrai mon Esprit en vous, et vous vivrez ; je vous rétablirai sur votre territoire, et vous reconnaîtrez que moi, l'Éternel, j'ai parlé et agi ».

Alors, les ossements se rapprochent les uns des autres, la chair se reconstitue autour et, par la parole prophétique d’Ézéchiel, l’Esprit, le souffle, la « Ruah », leur insuffle la vie. Cette vallée de mort se remplit de vie, d’une vie nouvelle.

C’est le signe prophétique d’une résurrection, celle du peuple d’Israël, le peuple de Dieu. C’est aussi un appel à recevoir ce souffle de vie, cette « Ruah Akodesh ».

Dieu demande à Ézéchiel de prophétiser sur des os : quoi de plus absurde ? Quoi de plus fou ?  C’est pourtant un appel à prendre Dieu au mot, à mettre en pratique sa foi, face à l’impossible, face à ce que Marthe et Marie auront peine à croire, et qui sera pourtant accompli par Jésus devant le tombeau de Lazare.

 C’est enfin une exhortation à recevoir la vie qui vient de Dieu et pour cela, « sortir de nos tombes » Le texte insiste lourdement : en deux versets le mot « tombe » est répété 4 fois. Sortir de nos morts spirituelles, de nos manques d’espérance, de nos renoncements

Tels sont également les messages du texte de la résurrection de Lazare.

Ce récit est sans doute le plus long des évangiles ; il contient également le verset le plus court de toute la Bible : « Jésus pleura » (v.35). (Cet épisode ne figure pas dans les trois synoptiques, Matthieu, Marc et Luc).

Jésus est en chemin, quelque part aux marges de la Judée ; Marthe et Marie le font informer de la maladie de Lazare, afin qu’il se déplace à Béthanie, non pas pour lui rendre une simple visite, ou pour consoler par de bonnes paroles, mais véritablement pour le guérir ; car elles savent, au plus profond de leur foi, que Jésus - « Dieu sauve / guérit » - peut guérir Lazare. 

Mais au lieu de se hâter, Jésus attend deux jours, alors qu’il y a urgence. Pourquoi cette attente, ce retard qui semblent délibérés ? Le texte ne nous donne pas de réelle explication. On peut penser, cependant, que Jésus sachant que ce qui suivra, va préfigurer sa passion et sa résurrection et attend véritablement que Lazare soit mort, pour que se réalise le déroulement prophétique, signifiant et glorieux qui va suivre.

En effet, avant même de se rendre à Béthanie, Jésus annonce : « Cette maladie n'est pas pour la mort, mais pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle ». Cette gloire sera sa résurrection, préfigurée par celle de Lazare.

Jésus se sait menacé, il est déjà l’objet de l’hostilité des Pharisiens qui cherchent à le faire mourir ; Il sait qu’il est en chemin vers sa passion. De fait, lorsque Jésus décide de partir pour la Judée, les disciples essaient de l’en dissuader : « Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu y retournes ! »

Car Béthanie, où réside Lazare, est proche de Jérusalem (15 stades - 3 km – nous précise le texte au v. 18) ; Jérusalem « …qui tue les prophètes » dira Jésus, et  où Il sera crucifié. En revenant en Judée, Jésus signe son arrêt de mort. Thomas déclare : « Allons, nous aussi, afin de mourir avec lui. » On ne saurait être plus clair…

Ce texte va nous faire entrer dans cette dimension prophétique de la mort et de la résurrection en trois phases :

1) Le catéchisme (ou la foi enseignée) 2) le saut de la foi  3) enfin, la confirmation de la foi par le signe que sera la résurrection de Lazare.

Lorsque Jésus arrive à Béthanie, Lazare est déjà dans le tombeau depuis quatre jours. Le dialogue avec Marthe, on pourrait presque parler de confrontation, est poignant. Marthe reproche d’abord à Jésus d’avoir tardé à venir : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort (v 21)».

 

Marie (v. 32) fera exactement le même reproche à Jésus. Reproches qui sont en même temps une confession de foi : nous savions que tu as le pouvoir de guérir…mais tu es venu trop tard.

Pouvoir de guérir, mais pas celui de ressusciter les morts pensent logiquement Marthe et Marie…

Cependant, Marthe nuance : «Mais maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera ». Serait-ce une espérance, une parole de foi, en dépit de la réalité de la mort de Lazare ? Peut-être une tentative de se rassurer : Jésus pourrait-t-il quand même faire quelque chose ?

Et lorsque Jésus lui affirme : « Ton frère ressuscitera », Marthe reprend  ce qu’on lui a enseigné : « oui, je le sais : tous, nous ressusciterons au dernier jour ». C’est le catéchisme juif, que Marthe connaît bien, qui d’ailleurs est aussi le nôtre.

Mais lorsque Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie », Marthe confesse alors sa foi en Lui : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ». Ce sont presque les mêmes mots de Pierre en réponse à Jésus lorsqu’il demande à ses disciples : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » (Lc 9).

Marthe fait alors le saut de la foi : elle reconnaît pleinement et confesse Christ comme le Messie d’Israël, son Seigneur et sauveur, celui qui vient dans le monde pour nous sauver, pour nous guérir.

On peut faire un parallèle entre les deux textes de Jn 11 et Ez 37 : Jésus demande à Marthe : « Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Et Marthe répond : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde ».

  Dieu demande à Ézéchiel : « Fils  d’homme, ces os pourront-ils revivre ? Et Ézéchiel répond : « Seigneur Eternel, tu le sais ».

Le même défi de la foi…

_____________

Frères et sœurs, combien de fois, n’avons nous pas à faire ce saut, ce passage de notre foi catéchétique (que je ne dénigre nullement !) à notre foi en action ?

Et combien de fois, dans notre vie, ne faisons-nous pas des reproches à Dieu, reproches explicites ou rentrés, somatisés : « Seigneur, dans cette épreuve, cette maladie, ce deuil, pourquoi n’es-tu pas intervenu ? Pourquoi ne t’es-tu pas manifesté ? Pourquoi cette absence ? Pourquoi ce silence ? »

On pense au cri du psalmiste (Ps 22), qui sera celui de Jésus sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » 

 A l’instar des personnes présentes à Béthanie, nous disons ou pensons : « Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne meure pas ? (v. 37)»

Dieu ne pouvait-il pas guérir, tel membre de ma famille, tel ami malade, telle personne que j’accompagne, à qui je rends visite ?

Face à la mort, devant le tombeau de Lazare, Jésus lui-même « frémit » ; le texte nous le dit deux fois (v. 33 et 38). Il est bouleversé : « Jésus pleura (v. 35, le plus court de toute la Bible) ». Ce sont les larmes d’un homme qui affronte seul les forces obscures et la mort.

Ce sont des situations auxquelles nous-mêmes sommes, ou serons confrontés.

Oh, je n’ai pas de réponse toute faite ; comme Jésus, nous frémissons, nous pleurons, nous combattons, nous crions au Père.

Non ! Je n’ai pas de réponse toute faite, de « prêt à penser », de « prêt à prier », de mode d’emploi.

Tout ce que je sais, c’est que le Christ nous a dit : « Guérissez les malades » ; « …en mon nom…ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris (Mc 16, 18) ». Alors, en frémissant, j’obéis : je prie, j’impose les mains (signe biblique et non « magique ») ; au nom de Jésus, je prends autorité sur la maladie, la dépression ou toute autre affection de la personne, comme Jésus nous l’enseigne.

Frères et sœurs, voulons-nous prendre la Parole au sérieux, y adhérer pleinement comme l’ont fait Ézéchiel, Marthe et Marie ? Passer du catéchisme enseigné à la foi en action ?

Frères et sœurs, de nombreuses personnes, dont des proches, pour lesquels j’ai prié n’ont pas été guéris, en tous cas pas visiblement ; certaines sont décédées. Mais j’ai aussi été témoin de guérisons de toutes sortes par la puissance du nom de Jésus, y compris une guérison que j’ai moi-même reçue de Lui.

Et je continuerai, autant de fois que le Seigneur mettra devant moi des personnes en demande, en besoin ; humblement, pauvrement, avec frémissement.

Cela ne m’appartient pas ; cela n’appartient à personne d’autre que le Christ Jésus. Comme St Anselme de Canterbury, je prie : « Je ne comprends pas pour croire, mais je crois, Seigneur, pour comprendre ».

_____________

Mais continuons avec le texte.

Jésus sait qu’il va vers sa passion et sa résurrection. Le moment est terrible : le cadavre de Lazare est déjà en décomposition : « Il sent déjà » lui dit Marthe ; la mort est là, implacable, puante. Et la foule qui épie ses moindres gestes…

Face à cette évidence de la mort, Jésus déclare alors à Marthe cette parole fondatrice, inouïe, un socle de notre foi : « Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? »

Si tu crois… Jésus va montrer aux disciples et à toute l’assistance que tout est possible à Dieu pour ceux qui croient et que la manifestation, l’accomplissement de l’amour et de la puissante miséricorde de Dieu, établissent sa gloire dans le monde et dans nos vies.

La gloire de Dieu est que nous nous laissions rejoindre par Lui en Jésus-Christ. La gloire du tout autre qui, en nous rejoignant, devient le tout proche.

Ne t’ai-je pas dit que si tu crois…

·      que Dieu attend et entend ta prière

·      qu’il agit dans ta vie,

·      qu’il veut faire sa demeure en toi,

·      si tu crois qu’Il veut se glorifier en toi,

·      SI TU CROIS…

Frères et sœurs, lorsque nous traversons l’épreuve, la tristesse, le désert, confrontés à ce qui paraît impossible aux hommes ; lorsque j’ai épuisé toutes les ressources de mon intelligence, de mes compétences, de mon savoir-faire, lorsque je reste démuni. Alors, Dieu prépare le terreau de sa gloire dans ma vie, laboure mon sol afin d’y mettre sa semence de vie.

Dans ces temps actuels où le monde paraît en perdition, en voie de dislocation : guerres, terrorisme, famines, changement climatique, misère sociale, corruption, désert spirituel…

Comme le disait le pasteur Wilfred Monod, il nous faut alors : « Croire quand même, espérer quand même, aimer quand même ».

Car nous vivons alors un dur combat spirituel, où l’adversaire se déchaîne, se glisse  dans nos failles, avive nos blessures, rouvre nos plaies. Combat spirituel où l’ennemi de nos âmes veut nous acculer au désespoir et nous susurre cette petite voix : « Tu vois bien que tu es seul…cesse d’invoquer Dieu, tu ne peux compter que sur toi ». L’apparent silence de Dieu…

Combat par lequel l’accusateur nous accable, nous accule et cherche à nous faire mourir spirituellement, nous atteindre physiquement. Mais, comme à Marthe, Jésus nous dit : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ».

Lazare sentait déjà... Et Jésus frémissait en lui-même. Jésus, devant le tombeau, avant même de dire : « Lazare sors ! », s’adresse d’abord à son Père : « Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé. Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours, mais j'ai parlé à cause de la foule de ceux qui se tiennent ici, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé (v. 42) ».

Jésus sait que le Père l’a déjà exaucé et que sa gloire va se manifester.

Oui il y a des combats ; oui il y a des doutes. Mais proclamons la victoire, de Jésus qui déclare à Marthe : « Moi je suis la résurrection et la vie ».

A Béthanie, Jésus annonce que la mort sera vaincue par lui. Mais Lazare, ressuscité mourra plus tard… comme nous tous ! La résurrection de Jésus, elle, est définitive, actuelle, éternelle ; par Lui la mort est définitivement vaincue.

Le tombeau de Lazare était occupé ; celui de Jésus sera vide, définitivement !

______________

En s’adressant à Ézéchiel, Adonaï, le Seigneur, exhorte son peuple : « Voici que j'ouvre vos tombes, je vous fais remonter de vos tombes, ô mon peuple ».

Et Jésus dit à Marthe : « Si tu crois, tu verras… » Si je crois, je sortirai de ma tombe où sont enfouis mes petitesses, mes faiblesses, mes peurs, mes renoncements, mes manques de foi. Je verrai alors la gloire de Dieu dans ma vie, dans mon entourage, dans le monde.

Et je proclamerai devant le tombeau vidé de mon péché : « Il n’est point ici, mais il est ressuscité » !

Il est vraiment ressuscité !

Paul nous dit aussi (Rm 8) : « Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ-Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous ».

Prions :

Seigneur Jésus, tu as vaincu la mort, tu as vaincu le monde ; c’est par la foi en ton Nom que nous attestons cette victoire ; c’est par notre obéissance à ta Parole que nous avons la vie ; c’est par ta vie donnée pour nous que nous sortons de nos tombeaux.

 

AMEN !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié le 20/04/2017 @ 19:47  Prévisualiser  Imprimer l'article

Sept 2017 - Arrivée Pasteur Ruth-Annie Coyault - par Virginie Triquenaux

 

L’Eglise Protestante Unie de Versailles est heureuse d’accueillir depuis le 1° juillet son nouveau pasteur Ruth-Annie Coyault et sa famille. Elle était pasteur à L’Eglise Protestante Unie de Melun avant de répondre positivement à notre appel. Elle est en poste pour 6 ans.

Ruth-Annie est originaire du Congo-Brazzaville. Elle est née à Yaoundé (Cameroun) et a passé toute son enfance en France, son adolescence au Congo et sa vie d’étudiante à Kiev en Ukraine où elle a été formée 6 ans durant aux relations internationales.


Diplomate de formation mais fortement intéressée par la théologie, elle revient en France en 1995 et s’inscrit à l’Institut Protestant de Théologie de Paris.


Au cours de son année de master, elle rencontre celui qui deviendra son mari, Bernard Coyault. Il travaille alors au DEFAP. Il va ensuite être nommé secrétaire général de l’Alliance biblique française puis, en 2012, directeur de l’Institut de formation théologique Al Mowafaqa à Rabat (Maroc).


Nous leur souhaitons une bonne intégration dans notre église et dans notre ville.

Virginie Triquenaux

 

 

Publié le 30/03/2017 @ 20:37  Prévisualiser  Imprimer l'article
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