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Dimanche 24 décembre 2017 - par Ruth-Annie Coyault

Veillée de Noël

Dimanche 24 décembre 2017 à 19h

 

2 méditations courtes sur le thème :

« Dieu est dans la mangeoire ! »

 

Ésaïe 1, 3

« Le bœuf connaît son propriétaire, l’âne connaît la mangeoire où ses maîtres le nourrissent ; Israël, lui, ne connaît rien, mon peuple ne comprend rien. »

 

Ésaïe 9, 1-6 

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre de la mort, une lumière resplendit.

Tu rends le peuple nombreux, tu lui accordes de grandes joies ; il se réjouit devant toi, comme on se réjouit à la moisson, comme on pousse des cris d'allégresse au partage du butin.

Car le joug qui pesait sur lui, le bâton qui frappait son dos, la massue de celui qui l'opprimait, tu les brises, comme au jour de Madian.

Toutes les chaussures des soldats qui piétinaient le sol, tous leurs manteaux couverts de sang vont devenir la proie des flammes, la pâture du feu.

Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la souveraineté est sur ses épaules. On l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. »

 

Méditation courte

Une question pour les enfants : quels sont les animaux qu’on trouve dans la crèche de Noël ? Un âne et un bœuf. Pourtant, la Bible ne dit pas quels animaux étaient dans la crèche quand Jésus est né, mais on a pris l’habitude, par tradition, de dire que c’est l’âne et le bœuf qui étaient là, parce que ce sont des animaux qu’on trouve dans une étable/ferme, et aussi parce que le prophète Ésaïe qui avait annoncé la naissance de Jésus parle de l’âne, du bœuf et de la mangeoire… Le prophète Ésaïe parle de la part de Dieu et dit : regardez l’âne et le bœuf, on pense qu’ils ne sont pas intelligents, qu’ils ne savent que manger du foin, mais ils savent ce qui est le plus important, ils connaissent bien leur maître, et ils ne vont pas brouter n’importe où, ils broutent là où le maître leur dit de brouter, ils mangent le foin que leur maître donne, ainsi ils ne vont pas se perdre et ils ne vont pas manger n’importe quoi, sinon ça pourrait les rendre malades ou les faire mourir…

Alors Dieu dit aux hommes : soyez intelligents comme l’âne et le bœuf, venez à la mangeoire, dit Dieu, vous les hommes en qui j’ai mis mon Esprit. N’allez pas vous perdre dans des mauvais comportements, faites preuve de sagesse, n’allez pas brouter la mauvaise herbe en faisant ce qui est mal. Venez à moi, dit Dieu, car je suis votre Maître, et j’ai préparé une surprise pour vous, à la mangeoire. Approchez-vous et voyez quelle nourriture il y a dans la mangeoire…

Doucement, nous nous approchons et l’Enfant est là, dans la mangeoire… C’est Jésus, le pain de vie, qui est descendu du ciel… Quelle nouvelle étonnante !

 

L’histoire de l’âne, du bœuf et de la mangeoire où naît le Sauveur du monde, c’est Dieu qui appelle l’homme à revenir à lui de tout son cœur, c’est Dieu qui nous exhorte à le reconnaître comme notre Sauveur et notre Roi, c’est Dieu qui vient lui-même à travers son Fils, pour nous donner sa Parole de vie. Les rois sont dans les palais, dit Dieu, mais votre Roi à vous se trouve dans la crèche où il vous attend : revenez, dit le Seigneur, dans l’humilité, dans le questionnement de soi, dans la volonté de renoncer au mal… Comme l’âne et le bœuf qui savent où est le maître qui leur donne à manger, allons à la mangeoire où est couché le Seigneur. Il s’est fait tout petit enfant pour nous parler de l’amour de Dieu ; nous aussi, allons à lui, comme des petits enfants, pour recevoir son amour et son pardon sur nos vies…

Retrouvons le chemin de la mangeoire où Dieu a préparé le meilleur pour nous : c’est la joie, la réconciliation, la paix, que nous accueillons humblement, d’un cœur reconnaissant…

&&&&&&&&&&&&

Luc 2, 1-20

En ce temps-là, l'empereur Auguste donna l'ordre de recenser tous les habitants de l'empire romain. Ce recensement, le premier, eut lieu alors que Quirinius était gouverneur de la province de Syrie. Tout le monde allait se faire enregistrer, chacun dans sa ville d'origine. Joseph lui aussi partit de Nazareth, un bourg de Galilée, pour se rendre en Judée, à Bethléem, où est né le roi David ; en effet, il était lui-même un descendant de David. Il alla s'y faire enregistrer avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.

Pendant qu'ils étaient à Bethléem, le jour de la naissance arriva. Elle mit au monde un fils, son premier-né. Elle l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'abri destiné aux voyageurs. Dans cette même région, il y avait des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leur troupeau. Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur les entoura de lumière. Ils eurent alors très peur. Mais l'ange leur dit : « N'ayez pas peur, car je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira beaucoup tout le peuple : cette nuit, dans la ville de David, est né, pour vous, un Sauveur ; c'est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous le fera reconnaître : vous trouverez un petit enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. »

Tout à coup, il y eut avec l'ange une troupe nombreuse d'anges du ciel, qui louaient Dieu en disant : « Gloire à Dieu dans les cieux très hauts, et paix sur la terre pour ceux qu'il aime ! »

Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : « Allons donc jusqu'à Bethléem : il faut que nous voyions ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se dépêchèrent d'y aller et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche.

Quand ils le virent, ils racontèrent ce que l'ange leur avait dit au sujet de ce petit enfant. Tous ceux qui entendirent les bergers furent étonnés de ce qu'ils leur disaient.

Quant à Marie, elle gardait tout cela dans sa mémoire et y réfléchissait profondément. Puis les bergers prirent le chemin du retour. Ils célébraient la grandeur de Dieu et le louaient pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, car tout s'était passé comme l'ange le leur avait annoncé.

 

Méditation courte

Comment reconnaître le Sauveur quand il vient vers nous, prenant le visage du plus faible et du plus petit d’entre nous ? Comment reconnaître le Seigneur dans l’Enfant de Bethléem qui n’a trouvé aucune place parmi les hommes ?

Il est Dieu, disent les prophéties bibliques, il est Prince et il est Roi, pourtant le voici couché sur les déchets de la récolte, sur l’herbe sèche qui est tout juste bonne à nourrir les animaux ou à être brûlée…

Il est le Verbe créateur, et le voici rabaissé à la paille d’une étable, le voici devenu lui-même paille pour les hommes, voici le Christ devenu nourriture et espérance pour chacun de nous…

Comme pour les bergers de Bethléem, le coup de pouce du ciel serait le bienvenu pour nous aider à reconnaître le Sauveur ! Un signe du ciel comme celui que les anges donnent aux bergers, un signe qui ouvre l’intelligence et permet de voir par la foi que Jésus est là, parmi nous, le Messie que tous attendent veut naître dans les cœurs où il espère trouver une place…

À l’instar des bergers qui sont invités à aller à la crèche, nous avons parfois besoin d’être encouragés/stimulés à aller vers le Seigneur et à se rassembler le temps d’un culte pour louer Dieu, comme font les anges qui crient : « Gloire à Dieu ! »

Dans la vie, il y a tellement de soucis et de préoccupations qui remplissent nos journées que la motivation pour « aller à la crèche » (aller à Jésus, aller au culte) n’est pas toujours au rendez-vous. Cependant, le fait de savoir que Dieu est dans la mangeoire, voilà qui réveille notre motivation « endormie » !

Oui, le Christ couché sur la paille est dans la mangeoire, c’est lui ma nourriture, il me nourrit avec sa Parole, il me rassasie par sa présence, son message me donne des forces pour la route et me rend l’espoir, et la vie retrouve toute sa saveur et tout son sens…

Et je suis heureux de venir dans la maison du Seigneur et de faire comme les anges : annoncer la bonne nouvelle, pour que d’autres personnes soient encouragées à leur tour et se lèvent pour aller voir le Messie…

Puisque Dieu est dans la mangeoire, moi son petit âne ou son petit bœuf, je suis joyeux d’aller à Bethléem, joyeux d’aller au culte, joyeux de venir à la rencontre du Messie, et cette joie que le Christ procure quand il naît dans le cœur, personne ne peut la ravir… Amen.

 

Publié le 22/01/2018 @ 20:45  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 17 décembre 2017 - par Ruth-Annie Coyault

Prédication du dimanche 17 décembre 2017 à Versailles

Jean 1 : 6-8, 19-28 Jean, le témoin du Christ

Survint un homme, envoyé de Dieu, du nom de Jean. Il vint comme témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui. Ce n'est pas lui qui était la lumière ; il venait rendre témoignage à la lumière.

Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : Toi, qui es-tu ? Il le reconnut, il ne le nia pas, il reconnut : Moi, je ne suis pas le Christ. Ils lui demandèrent : Alors quoi ? Toi, es-tu Elie ? Il dit : Je ne le suis pas. — Est-ce toi qui es le Prophète ? Il répondit : Non. Ils lui dirent alors : Qui es-tu ? — que nous puissions donner une réponse à ceux qui nous ont envoyés ! Que dis-tu de toi-même ? Il dit : Moi, je suis celui qui crie dans le désert : Rendez droit le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Ésaïe.

Ceux qui avaient été envoyés de chez les pharisiens lui demandèrent : Pourquoi donc baptises-tu, si, toi, tu n'es ni le Christ, ni Elie, ni le Prophète ? Jean leur répondit : Moi, je baptise dans l'eau ; au milieu de vous, il en est un que vous ne connaissez pas et qui vient derrière moi ; moi, je ne suis pas digne de délier la lanière de sa sandale. Cela se passait à Béthanie, de l'autre côté du Jourdain, là où Jean baptisait.

 

PRÉDICATION

​Une délégation religieuse sur les rives du Jourdain, pour enquêter sur celui que certains comparent au prophète Élie et même au Christ... 

L’histoire des prêtres qui viennent demander à Jean-Baptiste qui il est, ce n’est pas que de la curiosité face à un homme qui déplace les foules. Les juifs attendent le Messie, et il y a une double tentation qui se révèle dans la question à Jean-Baptiste : « Qui es-tu ? » La première tentation est celle du nom de Dieu, et la deuxième tentation est celle de l’autorité de Dieu.


La tentation du nom, c’est la tentation de vouloir posséder Dieu, les prêtres et les lévites venus de Jérusalem demandent à l’envoyé de Dieu qui il est, ils veulent savoir quel nom donner à ce prédicateur du désert qui appelle les gens à la repentance et les baptise dans le Jourdain. Faut-il l’appeler Élie, comme le prophète qui défia le pouvoir royal en son temps et fut exilé en terre étrangère sur ordre de Dieu ? (1 Rois 18). Faut-il donner le nom de « Prophète » à cet homme qui parle avec autorité de la part de Dieu, et les gens viennent nombreux pour l’écouter ? Faut-il appeler « Messie/Christ/Oint de Dieu » celui qui exhorte les hommes à se préparer à la venue du Seigneur et qui les purifie dans les eaux du baptême pour qu’ils soient prêts à rencontrer Dieu ? Qui est Jean et quel nom faut-il lui donner ? Quel nom lui-même veut-il se donner ? « Que dis-tu de toi-même ? » demandent les prêtres. La tentation est encore plus subtile, l’homme de Dieu est invité à se donner un nom, comme autrefois les habitants de Babel voulaient toucher le ciel (mettre Dieu à leur portée !), ils construisirent une tour et se donnèrent un nom, mais on sait comment ça finit : Dieu descend et met fin au projet des hommes en les dispersant sur toute la terre... (Genèse 11, 4-9).

 

En demandant à Jean : « Qui es-tu ? », les prêtres et les lévites demandent le nom de sa fonction, le nom de son ministère prophétique. Leur tentation, c’est de vouloir connaître l’identité spirituelle du prophète de Dieu, et c’est un désir comparable à celui de chercher à connaître le nom de Dieu... En effet, si l’on peut dire qui est le prophète de Dieu, c’est qu’on maitrise quelque chose sur le Dieu qui l’a envoyé. Et l’homme aime ça, posséder Dieu, connaître le nom dont il se réclame ou qu’il donne à ses envoyés... Tout savoir sur son messager, c’est d’une certaine manière avoir la mainmise sur Dieu... Dans les récits bibliques, révéler son nom ou son identité équivaut parfois à se mettre au pouvoir de la personne à qui on le révèle, donc il ne faut pas dire son nom. Par exemple, lorsque Jacob combattant avec l’ange au gué du Yabok lui demande quel est son nom, l’ange ne le lui révèle pas, il le bénit et s’en va, et Jacob dit après son départ qu’il a vu Dieu face à face (Genèse 32, 29). De même lorsque Manoach le père de Samson demande son nom à l’ange du Seigneur qui les a visités pour leur annoncer qu’ils auront un fils, l’ange répond : « Pourquoi veux-tu connaître mon nom ? Il est merveilleux/ mystérieux/ étonnant. » (Juges 13, 18). 

Dans la question des prêtres à Jean : « Qui es-tu ? », il y a une demande du genre : ‘Révèle-nous ton identité, ton nom’, ce n’est pas le nom civil (il s’appelle Jean), mais le nom de la vocation et de la fonction que Dieu lui a conférée. Es-tu le Messie, Élie ou le Prophète ? Et Jean répond : non. Il ne porte pas de nom, mais seulement une voix qui crie dans le désert, le lieu où Dieu a parlé aux hommes depuis les temps anciens...

 

On attend le Messie, on sait où le trouver (au-delà du Jourdain), on connaît son prophète, on sait quel est son nom. On attend le Seigneur qui va naître, on attend Noël, on a déjà dit ce qu’on souhaite comme cadeau, et on a déjà la main sur le cadeau qui va nous être offert... On espère que le Christ va venir, mais on n’attend pas qu’il se révèle à nous, qu’il nous donne de le découvrir par la foi, qu’il nous invite à le connaître et nous dévoile son visage. On attend le Seigneur et on met la pression à son envoyé, on somme Dieu de nous dire un nom : Messie, Élie ou Prophète ? On veut faire de l’avènement du Messie un événement maîtrisé dont aucun détail ne nous échappe, oui, on veut posséder Dieu... 

 

Mais Jean-Baptiste répond aux prêtres et aux lévites en refusant tous les noms qu’ils veulent lui donner, car il n’est pas là pour se faire un nom ou pour parler de lui-même, il n’est pas un usurpateur qui se prend pour le Messie ou pour Élie, Jean veut rendre témoignage au Christ. Ce n’est pas à moi qu’il faut regarder, dit Jean, c’est le Seigneur… Exercice de la foi difficile que celui qui consiste à s’effacer totalement pour qu’on n’entende ni ne voit plus rien qui soit l’écho de notre orgueil/fierté, de nos faire-valoir, de nos réputations et de tout ce qui pourrait nous faire briller en lieu et place du Seigneur. Quelle définition humble du disciple ! Le disciple n’est rien, c’est le Maître qui est tout… Le disciple ne parle pas de lui-même, il est une voix, rien qu’une voix qui fait entendre les divins accents du Christ, une voix qui fait résonner la bonne nouvelle, une voix qui appelle à venir voir non pas nous, mais Jésus…

 

Le Messie que vous attendez et que vous voulez identifier, le Messie à qui vous voulez donner un visage et un nom, vous ne le connaissez pas, dit Jean-Baptiste aux prêtres et aux lévites, vous ne pouvez pas le saisir (oida), le verbe est au parfait, cela renforce l’idée de l’incapacité à voir/comprendre/connaître Celui qui est pourtant bien présent… Jésus est là (le lendemain il viendra se faire baptiser par Jean), mais on ne voit que Jean-Baptiste et son baptême, le Dieu qu’on veut posséder échappe à la connaissance de ceux qui le cherchent !

Jean déclare : « Il en est un qui se tient au milieu de vous et que vous ne connaissez pas. » Le Messie tant attendu est au-dessus de toute connaissance que nous pourrions avoir de lui, il est Dieu, le Vivant mystérieux, présent dans la vie des hommes. 


La deuxième tentation des prêtres et des lévites c’est la tentation de mettre en question l’autorité de Jean-Baptiste, et derrière elle, l’autorité de Dieu. Qui es-tu pour oser invoquer le nom de Dieu et pratiquer des baptêmes ? demandent-ils à Jean. En Effet, le baptême que Jean pratique au Jourdain est un rite de purification qui relève de l’autorité des prêtres. Les religieux venus de Jérusalem ne comprennent pas qu’il puisse agir ainsi, alors qu’il n’est ni prêtre ni prophète ni rien du tout, il l’a lui-même affirmé, il n’est qu’une voix criant dans le désert... Au nom de qui et de quoi Jean-Baptiste peut-il faire usage d’une prérogative sacerdotale ?

 

Si les religieux mettent en doute l’autorité prophétique de Jean-Baptiste comme ils contesteront celle de Jésus, dans les autres évangiles Jean n’est pas mis en cause ; le peuple le reconnaît comme prophète, sa réputation est inattaquable, par contre la charge contre Jésus est lourde dès le début... Mais nuance, tout de même : la figure à laquelle on ne touche pas va connaître un grand moment d’incertitude dans l’évangile de Matthieu, lorsque Jean envoie des disciples demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Matthieu 11, 3). Le précurseur du Christ, emprisonné, malmené dans son attente du Messie, envoie un message de détresse à Jésus, or dans l’évangile de Jean, il n’est jamais pris de doute, jusqu’au bout il restera celui qui montre à tous le Christ avec une paisible assurance : « Il faut qu’il croisse et que je diminue. » (Jean 3, 30).

 

Voilà donc la tentation à laquelle on peut être confronté lorsqu’on attend le Seigneur : d’un côté on veut posséder Dieu, et de l’autre côté on conteste son autorité. D’une part on veut avoir la mainmise sur l’envoyé de Dieu (maîtriser son agenda et ses discours), et d’autre part on remet en question son ministère. Il apparaît ainsi une tension dans l’attente du Messie : 

è d’une part on voudrait que le Messie soit une personne accessible à qui on peut aller pour poser nos questions et qu’il nous réponde, car dans le cheminement de la foi il y a tant de questions sur Dieu qui demandent réponse ;

è et d’autre part, ce Messie que nous voulons accessible, nous ne lui donnons pas de chèque en blanc, on veut comprendre le sens de son action et de son enseignement, on veut pouvoir contester cette action et cet enseignement, on veut rester maître du jeu !

 

D’un côté on veut avoir notre Messie sous la main (on sait où il est, on sait qui il est), et de l’autre côté on lui demande de justifier son action, il doit rendre des comptes...  L’homme veut avoir la maîtrise totale sur le Messie tant attendu, et la bonne nouvelle étonnante que l’évangile lui annonce (NOUS annonce), c’est que ce Messie que l’on voudrait accessible et contrôlable à souhait, il ne se laisse pas enfermer dans nos raisonnements ; il est déjà parmi les hommes, il se tient parfaitement debout au milieu de vous, dit Jean aux prêtres et aux lévites, et vous en avez une parfaite méconnaissance... L’homme veut et croit posséder Dieu par sa connaissance, mais l’évangile renvoie l’homme à son ignorance et dit : il est parmi vous et vous ne le voyez même pas ! 

 

Le Christ que nous attendons et que nous voudrions proche de nous, accessible pour dialoguer dans la prière, il est là parmi nous, et nous n’en discernons pas la présence pour comprendre qui il est, pour le connaître comme l’intime en qui on a confiance et à qui on dit tout... 

 

Conclusion :

Le professeur de théologie André Gounelle écrivait dans une réflexion biblique autour de l’Avent : ‘Nous savons mal, et sans doute nous ne saurons jamais très bien qui est Jésus.’ [1] Le Seigneur qui vient, le Messie qui va naître nous échappera toujours, il sera toujours le Sauveur à la fois parfaitement présent et parfaitement méconnu, tellement méconnu que personne ne regarde à lui… Mais son témoin, Jean, dit et répète que c’est son chemin qu’il faut préparer, c’est pour l’accueillir lui que les escarpements de nos vies doivent être aplanis… C’est à Lui et non pas à ses serviteurs qu’il faut regarder, ce n’est pas au pasteur, au prédicateur, au conseiller presbytéral, au catéchète ou au responsable d’église qu’il faut regarder, c’est à Jésus seul… Regardons à Christ, non pas comme un Messie que nous possédons et que nous pouvons venir trouver à notre guise dans les Jourdain d’aujourd’hui (les temples et autres lieux où l’on cherche la présence de Dieu), mais regardons à lui avec humilité, car nous ne le connaissons pas, et comme il le dira plus tard à ses disciples, il a encore bien des choses à nous faire connaître…

 

Dans la prière dite sacerdotale, Jésus prie pour ses disciples et dit à Dieu : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent (ginosko) toi, le seul vrai Dieu, et Celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jean 17, 3). La vie éternelle, c’est d’avoir une relation de connaissance, une intimité spirituelle avec le Seigneur. Et malgré cette relation profonde, on ne connaîtra jamais le Christ comme si on le possédait, car il est Dieu, il est à la fois Celui qui est présent et Celui qui vient, ça paraît contradictoire, mais cette bizarrerie est une façon de dire que Christ est le Dieu éternel.

Le Messie tant attendu que Jean-Baptiste annonce est le Fils éternel, il est présence de Dieu au milieu de nous. Présence insaisissable et pourtant bien réelle du Sauveur qui était, qui est et qui vient. Amen.

 

Publié le 22/01/2018 @ 20:42  Prévisualiser  Imprimer l'article
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