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Dimanche 26 février 2017 - par Ruth-Annie Coyault

Culte au temple

 Les inquiétudes…

Matthieu 6, 25-34

« C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez, ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas, ils ne recueillent rien dans des granges, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? Qui de vous peut, par ses inquiétudes, rallonger tant soit peu la durée de sa vie ?

Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas ; et pourtant je vous dis que pas même Salomon, dans toute sa gloire, n'a été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs qui est là aujourd'hui et demain sera jetée au four, ne le fera-t-il pas à bien plus forte raison pour vous, gens de peu de foi ?

Ne vous inquiétez donc pas, en disant : « Qu'allons-nous manger ? » Ou bien : « Qu'allons-nous boire ? » Ou bien : « De quoi allons-nous nous vêtir ? » — tout cela, c'est ce que les gens de toutes les nations recherchent sans relâche — car votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord le règne de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain s'inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine. »

 

Prédication    

Non à l'inquiétude ! C'est le poison de l'âme, c'est la gangrène de notre vie spirituelle, c'est la paralysie qui nous gagne sur le chemin où nous marchons avec le Seigneur, c'est même le meilleur moyen de devenir esclave du monde et de ses exigences, esclave d'un maître qui tenta le Seigneur et lui proposa les richesses du monde s'il se prosternait devant lui pour l'adorer. Vous savez la réponse que Jésus a fait à ce mauvais maître : « Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » (Matthieu 4, 10).

 

En effet, il est bien là, l'enjeu de la foi : que la confiance en Dieu demeure, quand bien même des inquiétudes sérieuses et légitimes nous étreignent... Se fier à la Parole du Seigneur et croire en son amour, quand bien même tout se défait autour de nous et dans notre propre vie... Avoir l'assurance que Dieu m'aime et me sauve, alors que ma situation est compliquée et sans issue, je suis au fond du trou, je suis en train de mourir, je ne suis pas sûr/e de voir le jour de demain, je pense à ma famille (que va-t-elle devenir ?), j'ai peur... Comment ne pas s'inquiéter dans une telle situation ?

 

Et le Seigneur dit : Regardez les oiseaux du ciel et les lis des champs. Regardez la création qui est nourrie, vêtue, alors qu'elle ne travaille pas comme vous. Regardez l'herbe que vous piétinez et qui finira brûlée : le Seigneur s'occupe même de la mauvaise herbe, et il ne s'occuperait pas de vous, des êtres humains de chair et de sang qui peinent sous le soleil ? Le Créateur ne prendrait pas soin de l’homme en qui il a mis son Esprit ? Il est écrit dans le livre de la Genèse que Dieu façonne l’homme à partir de la terre, il souffle dans ses narines afin que l’homme devienne un être vivant. L’homme est la seule créature que Dieu a créée de cette façon, c’est la seule créature dont il est dit qu’il y a en lui le souffle de Dieu… Comment donc Dieu se montrerait-il indifférent à cette créature qui a son Esprit ? Comment Dieu ne se soucierait-il pas de ses besoins et le laisserait-il avec ses inquiétudes ?

 

L’inquiétude a sa propre logique, une mécanique bien huilée, un scénario implacable… Elle commence par vous faire oublier qui est Dieu elle grossit/agrandit au maximum le sujet de vos soucis, et vous ne voyez plus que ça. La cause de vos soucis occupe tout l’espace, vous ne voyez plus Dieu et son amour. Vous ne voyez plus ce que Dieu fait, vous ne discernez plus le secours qu’il peut vous apporter. Tout ce que vous voyez, c’est que vous êtes seul/e avec votre problème, et c’est là que le Seigneur Jésus nous appelle à ouvrir les yeux, pour voir qui est Dieu réellement : ‘Regardez les oiseaux du ciel, regardez les fleurs dans les champs, regardez ce Dieu qui s’occupe absolument de tout, même des choses négligeables dont on pense qu’il ne se soucie pas…’ De même que Dieu s’occupe des oiseaux, des fleurs et même de l’herbe qui sera brûlée demain, il s’intéresse à vous, dit Jésus. Ça l’intéresse de savoir ce que vous devenez et par quoi vous passez, Dieu ne s’en fout pas de savoir si vous avez faim, si vous êtes nu ou malade, il s’intéresse à vous et à votre sort, comme il s’intéresse aux oiseaux du ciel et aux fleurs des champs, parce que vous faites partie de SA création… Vous n’êtes pas un simple numéro de carte bancaire ou de sécurité sociale, vous n’êtes pas qu’une voix de plus ou de moins dans le scrutin des élections, vous n’êtes pas qu’un employé corvéable à merci qui doit assurer un rendement maximum sinon il est viré… Pour Dieu, vous êtes plus que ça, vous êtes SA création, et tout ce qui vous arrive l’intéresse au plus haut point…

 

Jésus ne dit pas : ‘Fermez les yeux sur vos problèmes’. Il ne nous demande pas de faire l’autruche et de nous voiler la face sur les sujets d’inquiétude, il nous encourage à gérer l’inquiétude en mettant notre confiance en Dieu, en regardant à Dieu et non pas à l’aspect impressionnant de ce qui nous inquiète/angoisse.

 

Les inquiétudes, c’est la première chose à laquelle a été confrontée la foi d’Israël à la sortie d’Égypte quand il a eu faim et soif dans le désert. Comment allait-il manger, boire et se vêtir dans un lieu où il n’y avait rien pour assurer sa subsistance ? Manger, boire et se vêtir, c’est le souci premier de toute personne. S’inquiéter de ce que vont manger nos enfants, se préoccuper de les couvrir pour l’hiver, il faut que ces besoins soient assurés sinon ça nous inquiète. Or Jésus dit : ‘Ne vous en inquiétez pas.’ Le Seigneur nous enseigne-t-il l’insouciance ? Nous invite-t-il à vivre la vie des cigales, comme dans la fable de La Fontaine ? Faut-il vivre comme les oiseaux qui ne travaillent pas, dit Jésus, et Dieu les nourrit ?

Je ne crois pas que le Seigneur fasse l’éloge de la paresse. Les rédacteurs bibliques, en général, encouragent le travail, le dur labeur, comme une chose qui est appréciée et récompensée par Dieu : « Toi qui es paresseux, va voir la fourmi » dit le livre des Proverbes qui chante aussi les louanges de la femme travailleuse qui s’occupe de sa maison, nourrit sa famille et se montre prévoyante pour l’avenir (Proverbes 6:6 et 31). L’apôtre Paul donne l’exhortation suivante aux Éphésiens : « Que le voleur ne vole plus ; qu'il se donne plutôt de la peine à travailler honnêtement de ses propres mains, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. » (Éphésiens 4, 28). Dans sa seconde lettre aux Thessaloniciens Paul écrit aussi : « Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus » (2 Thessaloniciens 3, 10), et à côté de son ministère d’apôtre, il était fabricant de tentes (actes 18, 3).

 

Donc Jésus n’encourage pas à la paresse, loin de là. Il n’encourage pas non plus à fermer les yeux sur les situations de nos vies qui sont source d’inquiétude. Comme si on pouvait, par un coup de baguette magique, arrêter de penser à ce qui nous inquiète… Lorsqu’il y a un sujet de préoccupation qui nous angoisse, ça ne peut pas s’arrêter tout seul, l’objet de notre souci ne disparaît pas comme par enchantement, il est là devant nous, et c’est là où nous voyons le mécanisme pernicieux de l’inquiétude : on ne dort plus, on ne voit plus que ça, on ne pense plus qu’à ça, on est atteint psychologiquement et physiquement, on somatise : boulimie, anorexie, etc., le corps réagit comme il peut, l’inquiétude nous rend malades… et le Seigneur qui a été tenté au désert pendant 40 jours sait très bien qu’on ne peut pas être dans l’insouciance quand on a faim et soif…

Quand Jésus dit : « Ne vous inquiétez pas », il n’est donc pas en train d’affirmer qu’il suffit de ne plus y penser et ça va passer… Le Seigneur sait très bien qu’une source d’inquiétude existentielle comme le manger, le boire, le vêtir ne disparaît pas en claquant des doigts, parce qu’on a entendu une parole rassurante. L’inquiétude existentielle est une expérience éprouvante qui s’impose à nous, qui nous oblige à la regarder en face, comme Jésus doit faire face à l’adversaire après 40 jours sans manger. Et l’enseignement de Jésus dans le sermon sur la montagne montre de quelle manière regarder l’inquiétude en face et la surmonter.

C’est en faisant confiance à Dieu qu’on peut regarder en face les sujets les plus inquiétants. Lorsqu’on donne au Seigneur la première place dans notre cœur, il met en nous sa paix, de sorte que nous ne sommes plus envahis par l’inquiétude. En effet, si Dieu n’occupe pas la première place dans notre cœur, il y a en un autre qui l’occupe… Ça peut être notre conjoint, notre famille ou tout ce que vous voulez, mais si ce n’est pas Dieu, c’est quelque chose ou quelqu’un de ce monde qui a délogé Dieu et qui apportera tôt ou tard son lot d’inquiétudes… Jésus dit : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu », laissez Dieu régner en vous, et par sa présence vous trouverez la force de gérer et de surmonter les inquiétudes…

 

Seulement, voilà, quand l’inquiétude est là, elle est là… Et on se met à raisonner : que vaut notre souffrance aux yeux de Dieu ? Quelle valeur avons-nous pour Dieu avec tous nos problèmes jamais résolus, nos maladies incurables, nos lendemains incertains, nos vies menacées pour ceux qui vivent dans des lieux remplis de violence ou dans des pays en guerre ? Lorsque nous sommes dans une situation de souffrance qui dure et dont nous ne voyons pas l'issue, il peut nous arriver de penser que nous ne sommes pas assez importants pour que Dieu se préoccupe de nous, c'est pour ça qu'il ne fait rien... Les maux qui nous minent sont trop peu de choses pour que Dieu s'en préoccupe, sinon il aurait tout réglé et on n'en parlerait plus...

Mais non, dit Jésus, ce genre de raisonnement nous vient par manque de foi dans le Seigneur. L'inquiétude est tellement forte qu'elle nous fait douter de Dieu, la souffrance est tellement présente, elle nous brûle/dévore à tel point qu'on se dit : ‘Si Dieu me laisse dans cette situation, c'est certainement parce que je ne compte pas assez pour Lui, il ne m'aime pas assez pour m'arracher à cette souffrance, je ne suis rien pour Lui’...

Mais ce raisonnement est faux, dit le Seigneur, Dieu se soucie de vos besoins parce que Lui aussi a fait de vous sa priorité numéro 1, il vous a mis au centre de ses préoccupations… Le Seigneur Jésus nous exhorte à la confiance en Dieu, il nous exhorte à vivre avec l’assurance que nous sommes portés/veillés/protégés par le Tout-Puissant, nous sommes entourés de son amour, et personne ne nous connaît mieux que lui, personne ne connaît nos besoins mieux que notre Créateur. « Ne vous inquiétez donc pas » dit Jésus, parce que Dieu lui-même s’inquiète de vous… 

 

S’inquiéter, c’est avoir le cœur partagé, tiré dans un sens et dans l’autre, c'est le grand écart de la foi, et c'est intenable, dit Jésus... D’un côté il y a Dieu et de l’autre côté il y a les contingences terrestres, il y a tout ce que l’homme désire et que Jésus appelle Mammon (les possessions terrestres, par opposition aux richesses célestes). Quand on s’inquiète au sujet de la nourriture et du vêtement, ça signifie qu’on est tiré vers Mammon et que la foi en Dieu est en souffrance…

Les inquiétudes peuvent nous mettre dans la tête et dans le cœur un autre maître que le Seigneur : s'inquiéter pour le lendemain comme si le Seigneur n'y veillait pas, c'est faire de Dieu un mauvais Père qui ne sait pas donner de bonnes choses à ses enfants et par conséquent ne mérite pas leur confiance... et dans le même temps, c'est accorder aux choses terrestres une place/importance telle… que Dieu n'en a plus ou pas assez, ça s’appelle le doute, ce sont nos inquiétudes qui règnent, nos Mammons dominent notre existence et nous font oublier le royaume de Dieu…

 

Regardez les lis qui poussent dans les champs, dit Jésus, ils ne peinent pas à la tâche, ils ne connaissent pas le dur labeur des hommes, mais voyez de quelle beauté le Seigneur Dieu les revêt, même Salomon dans toute sa gloire n'a pas été aussi bien revêtu que les lis des champs... 

La fleur de lis choyée par le Créateur avec plus d'attention que le roi bien-aimé de Dieu, c'est tout un symbole, ça veut dire que le Créateur ne néglige rien ni personne dans la création, ça signifie aussi qu'il se soucie autant des faibles que des puissants : ceux qui sont fragiles comme l'herbe ou la fleur des champs ne sont pas négligés, ils sont entourés de toute l'attention du Seigneur. Il est intéressant de voir que le mot employé pour dire que même le roi Salomon n'a pas été revêtu comme les lis des champs, c'est un mot qui signifie aussi entourer une cité avec un mur, ça suggère donc l'idée d'une protection particulière.. Dans l'évangile de Luc, Jésus pleure sur Jérusalem et dit : « Car des jours viendront sur toi où tes ennemis t'entoureront de palissades, t'encercleront et te presseront de toutes parts » = Luc 19, 43 c'est le même mot périballo). Bien sûr, la mention chez Luc est négative, car il s'agit d'entourer d'un mur au sens d'assiéger/envahir (Jésus annonce l'invasion de Jérusalem), mais on peut entendre le mot périballo dans un sens tout à fait positif : quand Jésus dit que même Salomon n'a pas été revêtu comme les lis des champs, on entend que même le roi bien-aimé de Dieu, dans tout l'éclat de son pouvoir, n'a pas été entouré, protégé, défendu, couvert d'attention comme l'un de ces plus petits et plus fragiles dont Dieu prend soin d'une façon particulière...  

 

Il faut noter que les paroles de Jésus s’adressent à ses disciples. Cela nous fait comprendre que les croyants, même les plus pieux, ne sont pas à l’abri des inquiétudes, au contraire : malgré notre foi en Dieu, nous cédons tous à des angoisses existentielles du style : ‘Que vais-je devenir demain si je perds mon travail ?’ Comment vais-je nourrir ma famille ?’ Le Seigneur Jésus apprend à ceux qui croient en Lui à retrouver le bon ordre de priorité : le royaume d’abord, la vie d’ici-bas ensuite. Ça ne signifie pas qu’il faille délaisser les choses de la vie terrestre au nom de Dieu et attendre, comme les Hébreux dans le désert, que les cailles tombent du ciel. Pas du tout, il faut s’en occuper du manger, du boire et du vêtir, mais sans inquiétude, sans se laisser dominer par la peur du lendemain. Il faut vivre une vie responsable, pourvoir aux besoins des siens, gagner son pain à la sueur de son front, mais en toutes choses, se soucier d’abord du royaume de Dieu, car c’est là qu’il y a les richesses impérissables de la vie éternelle, alors que les richesses de ce monde passent…

 

Conclusion :

Au désert, le Seigneur Jésus a été tenté, comme nous le sommes aujourd’hui par diverses épreuves. L’adversaire lui a proposé les royaumes de la terre, pour qu’il renonce au royaume de Dieu et que Mammon devienne son maître. Mais le Seigneur Jésus, enraciné dans la Parole de Dieu, a su résister aux pièges du Malin, il a su donner la réponse de la foi, et c’est ce qu’il nous invite à faire aujourd’hui : face à l’inquiétude, répondre par la foi, réagir par la confiance en Dieu.

Comme de vrais enfants de Dieu, soucions-nous de la vie éternelle, inquiétons-nous de faire ce qui est juste et bon devant le Seigneur et laissons-le se soucier de notre vie terrestre. Dieu sait qu'il y a une peine pour chaque jour, il donnera la réponse appropriée pour chaque pépin, pour chaque « mal » quotidien (c'est le mot dans le texte grec, « il suffit à chaque jour son mal »), à chaque jour son lot d’adversité que le Père céleste prend en charge pour nous, parce qu’il sait de quoi sont faits nos lendemains, il sait où sont nos besoins.

C'est peut-être l'exercice de la foi le plus difficile : cesser de s'inquiéter pour des choses qui sont vraiment inquiétantes (sommes-nous en bonne santé ou en péril ? Avons-nous de quoi vivre ou allons-nous mourir de faim et de froid ?), cesser de porter l’angoisse des situations réellement angoissantes, et attendre dans la confiance le secours de Dieu, chercher/désirer/viser d’abord/s’efforcer premièrement de trouver le royaume de Dieu, et il pourvoira à ce qui nous est nécessaire.

Dieu est Maître de la vie, il en prend soin, il la préserve, il la chérit, il y veille avec une attention particulière. Les épreuves que nous rencontrons ne doivent jamais nous le faire oublier. Le psalmiste dit : « Fais confiance au Seigneur… Trouve auprès du Seigneur ton plaisir le plus grand, et il te donnera ce que tu lui demandes. » (Psaume 37, 3-4). Amen.

Publié le 29/03/2017 @ 21:07  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 12 février 2017 - par Ruth-Annie Coyault

Culte du dimanche 12 février 2017 à Versailles

Matthieu 12, 22-42 Le blasphème contre le Saint-Esprit

 

22Alors on lui amena un démoniaque aveugle et muet, et il le guérit, de sorte que le muet parlait et voyait. 23Toute la foule hors d'elle-même disait : N'est-ce pas là le Fils de David ? 24Les Pharisiens l'ayant appris, dirent : Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons. 

25Comme Jésus connaissait leurs pensées, il leur dit : Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne peut subsister. 26Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même, comment donc son royaume subsistera-t-il ? 27Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils par qui les chassent-ils ? C'est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. 28Mais, si c'est par l'Esprit de Dieu, que moi, je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc parvenu jusqu'à vous. 29Ou, comment quelqu'un peut-il entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens sans avoir auparavant lié cet homme fort ? Alors seulement il pillera sa maison. 30Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi, disperse.

31C'est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné.32 Quiconque parlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné, mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir.

33Dites que l'arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l'arbre est mauvais et que son fruit est mauvais, car on connaît l'arbre à son fruit.34Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, mauvais comme vous l'êtes ? Car c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle. 35L'homme bon tire du bien de son bon trésor, et l'homme mauvais tire du mal de son mauvais trésor. 36Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine, qu'ils auront proférée. 37Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné.

38Alors quelques-uns des scribes et des Pharisiens prirent la parole et dirent : Maître, nous voudrions voir un signe de ta part. 39Il leur répondit : Une génération mauvaise et adultère recherche un signe, il ne lui sera donné d'autre signe que celui du prophète Jonas. 40Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du grand poisson de même le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. 41Les hommes de Ninive se dresseront lors du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu'ils se sont repentis à la prédication de Jonas, et voici qu'il y a ici plus que Jonas.42La reine du Midi se lèvera lors du jugement, avec cette génération et la condamnera, parce qu'elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici qu'il y a ici plus que Salomon.

 

Prédication    

Le blasphème contre le Saint-Esprit, c’est quoi ? C’est une atteinte grave au Nom et à la sainteté de Dieu. Ça veut dire que volontairement, en connaissance de cause, on parle contre Dieu et on insulte son œuvre. C’est ce que les pharisiens font dans ce récit… Les spécialistes de la Bible qui consacrent leur vie à l’étude et à la mise en pratique de la Parole de Dieu n’ont pas reconnu les signes du royaume de Dieu et de la présence du Messie, ils les ont méprisés et insultés… Ce sont eux les aveugles de l’histoire !

La puissance de Dieu a combattu le prince des démons et l’a emporté. L’action de Dieu est indéniable dans ce que Jésus a fait, mais les pharisiens insultent publiquement Jésus, ils calomnient l’œuvre du Saint-Esprit, ils attribuent au Malin ce que Dieu a fait… Pourtant, ils savent bien qu’on ne chasse pas les démons en invoquant le prince des démons ; on ne combat pas le mal avec les forces du Mal… C’est sans doute la jalousie qui fait parler ainsi de bons croyants qui aiment Dieu et le servent, et Jésus qui essuie leur hostilité depuis un moment (depuis le chapitre 8), se saisit de l’occasion pour les enseigner. Il veut leur faire comprendre que c’est grave d’insulter la gloire de Dieu et de contredire ce que l’Esprit-Saint atteste dans les cœurs…

L’erreur est humaine, tout le monde pèche et attriste l’Esprit de Dieu de mille manières… mais c’est grave d’injurier l’action du Saint-Esprit en la qualifiant de démoniaque, et Jésus marque son explication avec cette affirmation-choc : « Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné. » C’est une façon d’apprendre aux pharisiens à faire attention à leurs paroles. Quand on aime Dieu, on ne parle pas de façon inconsidérée, au risque de blasphémer contre Lui...

 

Aujourd’hui, on entend souvent des témoignages de chrétiens qui rapportent des choses extraordinaires : une personne est sortie indemne d’un grave accident, ou quelqu’un qui a été miraculeusement guéri d’une maladie incurable, etc. On peut avoir des doutes, parce qu’on n’est pas sûr que ça vienne de Dieu, mais il ne faut jamais s’empresser de dire que c’est diabolique, parce qu’on risque d’attribuer au diable ce que Dieu a fait... Si un événement nous dépasse, si nous ne le comprenons pas, nous pouvons, comme le disait un de mes professeurs de théologie,  suspendre notre jugement… Ça nous évitera de prononcer des paroles qui représentent des attaques contre Dieu, des paroles de trop qui feraient insulte au Saint-Esprit…

 

Ce que l'Évangile nous dit dans ce récit, c'est qu'il y a une forme d'opposition à Dieu qui peut bloquer la dynamique du pardon. Ça ne signifie pas que le Seigneur refuse de pardonner : son cœur n'est que miséricorde et pardon. C'est plutôt le pécheur qui rejette le pardon et refuse de voir tous les signes qui peuvent l'amener à se repentir et à confesser le nom du Sauveur. Voilà l'attitude que les pharisiens affichent, et Jésus leur fait comprendre que cette posture n’est pas la bonne. Rejeter Dieu, cracher sur la grâce, ce n’est pas sans conséquences pour notre vie d'hommes… Vivre sans le pardon de Dieu pour apaiser nos cœurs quand nous avons péché, pour nous donner la paix avec nos frères et nos sœurs, vivre sans le pardon de Dieu qui enlève le fardeau de nos fautes et nous donne une chance de repartir à zéro... c'est un tourment sans fin, pas besoin d’attendre le jugement dernier : si nous n’allons pas à Jésus pour être pardonné, notre vie est enfer, nous n’avons jamais la paix…

 

Les pharisiens pèchent par manque de foi et par jalousie, car les foules suivent Jésus et l’écoutent, ça les rend furieux, la colère les aveugle, ils ne voient plus les signes de Dieu… Pourtant, il y en a eu des signes, depuis le chapitre 4 : « Jésus parcourait toute la Galilée, il enseignait dans les synagogues, prêchait la bonne nouvelle du royaume, et guérissait toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. » (Matthieu 4, 23). Mais aucun de ces nombreux signes n’a amené les pharisiens à croire et à se repentir… Alors le Seigneur Jésus les renvoie à la Bible qu’ils connaissent si bien : Jonas, Salomon, des figures bien connues… Même des païens comme les habitants de Ninive ont écouté la voix du Seigneur et se sont repentis en écoutant la prédication de Jonas, et les pharisiens résistent à l’enseignement du Fils de Dieu... Même la reine de Saba, une autre païenne, a fait un long voyage pour venir écouter la sagesse que Dieu avait mise dans le cœur du roi Salomon. Mais les pharisiens, qui avaient le Christ à domicile, ils avaient Celui qui est plus que Salomon, et ils ont refusé d’entendre sa sagesse… 

 

Vous connaissez l’allégorie de la synagogue qu’on trouve à la cathédrale de Paris et de Strasbourg (voir feuille de culte) : on a sculpté une femme qui a les yeux bandés et qui détourne la tête. Elle symbolise l’aveuglement de la synagogue qui a refusé de reconnaître que Jésus est le Messie. Surtout, ne pensons pas à la synagogue vaincue et l’église triomphante, il faut sortir de ce cliché que je ne trouve pas heureux du tout, ça nous détourne de l’exhortation que donne le texte de ce matin. Car nous devons réfléchir à nos propres aveuglements qui peuvent nous conduire à pécher contre l’Esprit du Seigneur : l’orgueil, le sentiment de toute-puissance, la souffrance, voilà des sources d’aveuglement qui peuvent nous amener à blasphémer contre Dieu… Dans le livre des Proverbes, Agur fils de Jaké adresse cette prière au Seigneur : « Ne me donne ni pauvreté, ni richesse, accorde-moi le pain qui m'est nécessaire. De peur que, dans l'abondance, je ne te renie et ne dise : ‘‘Qui est l'Éternel ?’’ Ou que, dans la pauvreté, je ne dérobe, et ne m'attaque au nom de mon Dieu. » (Proverbes 30, 8-9).

 

Ce récit peut être compris comme une allégorie de l’humain qui cherche Dieu, et l’adversaire fait opposition à l’œuvre de Dieu. Le texte dit que des gens du pays amènent un aveugle-muet au Seigneur, c’est l’image de l’humanité qui amène son infirmité au Seigneur, c’est nous chaque fois que nous nous tournons vers Dieu pour qu’il nous guérisse de nos aveuglements et de notre difficulté à parler pour lui rendre témoignage. Cette démarche n’est pas pour plaire à celui qui séduisit Adam et Ève dans le jardin d’Éden, le serpent ancien, le satan… Le diable, voyant que les hommes prennent le chemin du salut et vont à Jésus, suscite de l’opposition, et pas n’importe où ni n’importe comment, il fait ça bien, un sans-faute de méchanceté et de perfidie : l’adversaire suscite l’opposition parmi les croyants. De très bons croyants : les pharisiens qui respectent la loi, jeûnent et donnent la dîme de tout ce qu’ils gagnent… Les croyants les plus fervents transformés en blasphémateurs qui profèrent les insultes les plus graves contre le Fils de Dieu… Qui l’aurait cru ?

 

Le blasphème, c’est la marque du diable, c’est à cela que l’on reconnaît sa présence et son action, il parle contre Dieu. Dans le livre de l’Apocalypse, la bête qui monte de la mer et qui reçoit la puissance maléfique du dragon (c’est-à-dire de satan) est entièrement caractérisée par le blasphème (Apocalypse 13, 1-6) : elle profère des blasphèmes contre Dieu, elle a sept têtes sur lesquelles sont écrits des noms de blasphème (le blasphème écrit sept fois, c’est un blasphème assumé et proféré avec une persévérance diabolique, et c’est ce que font les pharisiens qui n’en sont pas à leur premier blasphème, ils avaient déjà traité Jésus de suppôt de satan quand il a guéri le muet au chapitre 9 = Matthieu 9, 32-34)…

« Le diable pèche dès le commencement, dit la lettre de Jean, et il veut entraîner l’homme dans son péché, il veut saisir toutes les occasions pour nous pousser à parler contre Dieu, il cherche sans cesse à insuffler des logiques opposées à la sagesse de Dieu pour amener les croyants à rejeter la grâce divine.

Mais « le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable » dit Jean dans sa lettre (1 Jean 3, 8). Par son enseignement et par son Esprit, le Christ guérit de tout aveuglement, il nous ouvre les yeux, et nous comprenons qu’il ne peut rien y avoir de commun entre lui et le prince des démons. Le prince des démons est un menteur, il veut tromper les hommes et les induire en erreur en ce qui concerne Dieu, et voilà les pharisiens, des hommes pieux, qui s’attaquent à Dieu et à son Fils… Le prince des démons est un destructeur (il veut détruire notre relation avec Dieu et nous pousser à rejeter sa grâce), c’est un meurtrier (il inspire le mal dans le cœur des hommes, pour qu’ils parlent contre le Seigneur et tuent leur prochain, comme les pharisiens vont parler contre Jésus et chercher à le faire mourir). Le prince des démons a choisi le chemin du mal, depuis le commencement.

Mais Jésus, lui, est la Vérité, il parle en vérité dès le commencement pour montrer à tous comment faire pour être sauvé. Jésus est le chemin qui nous ramène à Dieu, il est le chemin de notre guérison spirituelle (c’est pour ça qu’il opère toutes ces guérisons dans l’évangile, pour dire de quelle manière il guérit notre cœur et notre relation avec Dieu et avec nos frères). Jésus a choisi la vie pour ses brebis (pour nous), parce qu’il nous aime. C’est par la puissance de son amour qu’il nous a sauvés. Dans son amour, il supporte les paroles proférées contre lui aujourd’hui, tout comme il a supporté les blasphèmes des pharisiens et les injures à la croix… par amour pour nous.

 

C’est pourquoi lorsque le Seigneur dit que le blasphème contre le Saint-Esprit ne sera jamais pardonné, il ne faut pas y entendre une menace de châtiment éternel, mais plutôt une mise en garde, car le Seigneur veut la vie pour nous, et il nous avertit pour que nous fassions attention à nos paroles. Nos paroles disent quel esprit règne en nous, nos paroles révèlent si le trésor au fond de nos cœurs est bon ou mauvais : est-ce la richesse de l’amour de Dieu ou bien l’accumulation de la méchanceté qui fermente en nous par l’action du Malin ? Jésus met tout cela en lumière dans sa réponse aux pharisiens, et nous entendons dans ses paroles ses avertissements salutaires : attention à ne pas pécher contre le Saint-Esprit. Attention à ne pas s’opposer vainement à la Vérité. Attention à ne pas injurier la grâce de Dieu. Car en faisant cela, on refuse le chemin du pardon, de la paix et de la vie, et on se condamne soi-même à vivre une existence qui devient un tourment sans fin, loin de l’amour de Dieu…

 

Ce récit nous exhorte à apporter au Seigneur tout ce qui ne va pas dans notre vie. Apportons devant le Seigneur toutes les pensées, toutes les paroles et toutes les actions qui font blasphème au Seigneur et à son Esprit-Saint, tout ce qui résiste et s’oppose à Dieu. Apportons-lui tout cela comme des infirmités que le Seigneur peut guérir, de même qu’il a guéri l’homme aveugle et muet. Apportons au Seigneur toutes nos paroles mauvaises, elles sont le mauvais trésor que le Seigneur peut changer en bon trésor...

 

Avec ce récit, l’évangile nous invite à opérer un retour à Dieu qui ne doit pas se laisser décourager par le discours anti-Dieu, quel qu’il soit. Viens au Seigneur, mon frère/ma sœur, et retrouve la vue, retrouve la capacité de voir les choses spirituelles qui t’échappent maintenant, retrouve le discernement de ce qui est vraiment important/essentiel dans ta vie…

Viens au Seigneur, et retrouve la parole, pour témoigner que Dieu est bon, que son pardon est accordé à tous, et c’est lui qui a donné sa vie pour que nous soyons tous épargnés du jugement. C’est lui qui a subi le châtiment que méritaient nos paroles contre Dieu…

 

Aujourd’hui, il y a des marchands de salut, des séducteurs et des faux prophètes qui troublent les chrétiens avec la question du blasphème contre le Saint-Esprit : ils se servent de ce que les fidèles leur confient dans le cadre confidentiel de l’entretien pastoral pour leur faire croire qu’ils ont péché contre le Saint-Esprit et ne peuvent pas être sauvés… à moins de faire de grands sacrifices, donner beaucoup d’argent pour acheter leur salut… Mais c’est Jésus qui a accompli le grand sacrifice ! Jésus a donné aux pharisiens le signe de Jonas pour dire qu’il est resté trois jours et trois nuits couché dans la mort pour que nos péchés/blasphèmes soient pardonnés, et il ne nous demande pas de payer pour notre salut, puisqu’il l’a accompli à la croix. Le Seigneur nous demande seulement de croire en lui pour être sauvés.

 

En Christ, nous sommes sous le régime de la grâce. Ça ne signifie pas qu’on en profite pour se moquer de Dieu et insulter le Saint-Esprit parce que le pardon est accordé d’office. Pas du tout. Nous sommes sous le régime de la grâce, autrement dit, nos yeux sont guéris, et nous voyons… Nous voyons à quel point le Seigneur nous a aimés, nous savons désormais de quels péchés il nous a libérés, et son amour et son pardon suscitent notre adoration, comme nous allons chanter tout à l’heure avec le cantique « Tu m’as aimé, Seigneur ».

 

Conclusion :

Voici le temps de la grâce, frères et sœurs. La grâce/le pardon de Dieu pour toute personne. L’attitude contre Dieu est intenable et dramatique…

Voici le temps où Jésus-Christ efface tous les blasphèmes, toutes les paroles que nous avons prononcées contre lui, dans un moment où la foi nous a fait défaut. Approchons-nous du Seigneur, et recevons sa paix. Car il est écrit : « Celui qui écoute ma parole, et qui CROIT à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » (Jean 5, 24). Parole du Seigneur. Amen.

 

Publié le 29/03/2017 @ 21:05  Prévisualiser  Imprimer l'article
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