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Dimanche 5 février 2017 - par Ruth-Annie Coyault

Matthieu 5, 13-16 Sel de la terre et lumière du monde

C'est vous qui êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens.

C'est vous qui êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le porte-lampe, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière brille ainsi devant les gens, afin qu'ils voient vos belles œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux.

 

Prédication

Ce texte fait partie du sermon sur la montagne, c’est l'enseignement-clé que Jésus donne au début de son ministère alors qu’il n’a pas encore réuni les Douze disciples. Pour l’instant, Jésus est accompagné de quatre marins pécheurs : Simon Pierre, André, Jacques et Jean qui viennent tout juste de laisser leurs bateaux de pêche pour le suivre. Et voilà que Jésus s’adresse à ces marins pécheurs et à la foule qui s’est rassemblée autour de lui sur la montagne, et il leur dit : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde. »

 

Si on cherchait une communauté de purs et de parfaits qui n’ont aucun péché et qui méritent d’être appelés ainsi, c’est raté ! Si on s’attendait à ce que de telles paroles soient adressées à des gens qui ont une longue expérience de la foi, qui ont les lumières de la connaissance biblique, comme les prêtres, les docteurs en théologie ou des gens qui ont consacré leur vie à Dieu, c’est encore raté ! Jésus s’adresse à la foule, au tout-venant, à tous ceux qui sont venus écouter la bonne nouvelle et qui veulent bien croire en lui.

Le Seigneur s’adresse à nous aujourd’hui, nous qui avons accepté de le suivre et qui voulons croire en sa Parole, il s’adresse à nous qui venons à lui avec nos manquements et nos péchés, et il nous dit : c’est vous qui êtes le sel et la lumière du monde… Ce n'est pas un ordre qui dit ce qu'on doit faire, c'est une parole prophétique, c'est une vocation qui nous est adressée, c'est une grâce qui nous est accordée, cela signifie que le Christ nous établit, il nous donne un rôle important à jouer dans son projet de salut pour le monde.

Le sel et la lumière, deux éléments importants dans la vie des hommes. Ils ont une chose en commun, l'un révèle le goût des aliments et l'autre révèle la couleur/la beauté des choses. Nous sommes celles et ceux que le Seigneur appelle pour révéler au monde la saveur/le goût qu'il a pour Dieu : Dieu aime le monde et fait tout pour le sauver. Nous sommes celles et ceux que le Seigneur appelle pour révéler au monde ce qu'il est aux yeux de Dieu : une création qui a de la valeur, une valeur telle qu'il va donner son Fils pour le sauver...

 

« Vous êtes le sel de la terre. » Si le sel sert à assaisonner les aliments, il a aussi une fonction religieuse importante dans la Bible : le sel symbolise l’alliance avec Dieu, et la loi prescrivait d’en mettre sur les offrandes, pour montrer qu’on n’offre pas au Seigneur une chose exposée à la putréfaction et donc une chose impure : « Tu mettras du sel sur toutes tes offrandes ; tu ne laisseras point ton offrande manquer de sel, signe de l'alliance de ton Dieu ; sur toutes tes offrandes tu mettras du sel. » (Lévitique 2, 13)

Le sel qui empêche le pourrissement des aliments devient symbole de la pérennité, symbole de l’alliance irrévocable et éternelle avec Dieu : « Ne savez-vous pas, dit Abija au peuple d’Israël[1], que le SEIGNEUR, le Dieu d’Israël, a donné pour toujours à David la royauté sur Israël, à lui et à ses fils, par une alliance de sel ? » (2 Chroniques 13, 5).

 

Donc, quand Jésus dit « Vous êtes le sel de la terre », on peut entendre : ‘Vous êtes ceux qui rappelez au monde l’alliance irrévocable par laquelle Dieu s’est engagé envers l’humanité.’ Vous êtes ceux qui font savoir à tous les hommes que Dieu les aime et que cet amour ne pourrira pas comme une relation qui se détériore, qui se laisse infecter par les mauvais agissements, les conflits, le péché… « Je t’aime d’un amour éternel » dit Dieu par la bouche du prophète Jérémie (Jérémie 31, 3).

Le Seigneur s’est attaché aux humains pour toujours, il s’est engagé à les aimer et à les sauver, et il n’y renoncera pas, quoi qu’il arrive, et vous tous qui croyez en lui, vous êtes le sel de la terre, dit Jésus, c’est-à-dire vous êtes le rappel permanent de cet amour éternel de Dieu qui accueille le pécheur, quel qu’il soit…

 

Et de quelle manière pouvons-nous concrètement être ce sel de la terre qui rappelle l’alliance de Dieu/l’amour de Dieu ? En nous efforçant de vivre l’enseignement de Jésus, en servant Dieu et en nous aimant les uns les autres. Dans l’évangile de Marc, Jésus dit à ses disciples : « Ayez du sel en vous-mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres. » (Marc 9, 50). L’amour et la paix, sans tambours ni trompettes, l’amour et la paix vécus très simplement et très concrètement, comme nous y exhorte le texte d’Ésaïe 58 que nous avons lu (partage ton pain, couvre celui qui est nu, agis avec douceur, sans chercher à écraser les autres…). L’amour et la paix qui parlent de Jésus dans un langage simple qui ne nécessite pas d’avoir de grandes connaissances, comme dit l’apôtre Paul aux Corinthiens, voilà un témoignage qui donne du goût à la vie et qui permet à tous ceux qui nous entourent de savourer le sel de l’amour de Dieu dans leur existence…

 

Mais il arrive, comme dit le Seigneur, que le sel perde sa saveur. Dans le texte grec, cette idée est exprimée avec un mot qui signifie devenir fade mais également devenir fou (μωραίνω = moraino)… Littéralement le sel devient fou, et on peut l’entendre de la manière la plus simple, c’est le sel en quantité excessive dont les effets ne sont pas bons, ni pour l’homme ni pour la nature :

 

·      Trop de sel dans votre plat, et ça devient immangeable ;

·      Trop de sel dans le sol, et il peut devenir infertile ;

·             Trop de sel dans l’organisme, et bonjour les problèmes cardio-vasculaires !

 

Lorsque nous mettons notre foi en Jésus, il nous établit/envoie pour être sel de la terre, mais attention : une foi qui se montre un peu trop, qui juge un peu trop, qui force un peu trop la main pour que tous deviennent de bons chrétiens, ça peut faire l'effet du sel fou qui rebute tout le monde… Un excès de zèle dans la façon d’amener l’évangile peut écœurer ou décourager les gens… On met juste un peu de sel dans la nourriture pour en relever le goût, il en est de même pour la foi et le témoignage chrétien : on n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour que le nom de Jésus soit proclamé, on a juste besoin de vivre la Parole de Dieu et de le célébrer pour que les gens ressentent le goût de la bonne nouvelle et viennent au Seigneur… 

 

Le sel qui perd sa saveur, ça peut être le disciple qui perd la foi, qui perd le goût de servir Dieu et d’être son témoin, parce qu’il passe par des choses tellement difficiles qu’il n’arrive plus à croire, il est totalement abattu, il sombre dans le désespoir… Ça peut également être le croyant qui s’est laissé happer par la vie (le travail, la famille, les vacances…), il se retrouve déconnecté du Christ, de la prière et de la communauté chrétienne. La foi est là, mais elle n’est plus nourrie par la prière, la méditation de la Parole de Dieu et la communion fraternelle, c’est la foi endormie, la foi morte, comme dit la lettre de Jacques (2, 26)…

Et Jésus dit : un sel qui a perdu sa saveur ne sert plus à rien, on le jette dans la rue et les gens marchent dessus… Un chrétien qui n’a plus la foi ne peut plus se rendre utile pour le témoignage… En effet, si le disciple perd le goût de ce qu’il a appris dans l’Evangile, comment va-t-il être ce sel qui transmet la saveur de la Bonne Nouvelle aux autres ? Le Seigneur ne le rejettera pas, car toute personne est précieuse aux yeux de Dieu. Un chrétien qui n’a plus la foi reste une personne aimée de Dieu, mais pour ce qui concerne l’annonce de l’évangile, il est « hors service », et nous le comprenons parfaitement, puisque ça nous arrive à tous d’être « HS », et c’est Dieu qui vient ranimer notre foi et nous redonner l’élan et le goût de la vie chrétienne…

 

« C’est vous qui êtes la lumière du monde » dit Jésus. VOUS, c’est-à-dire chacun personnellement mais aussi l’ensemble de la communauté des croyants. Il y a ici un acte de confiance et d’amour bouleversant : le Christ qui est Lumière du monde établit dans sa propre fonction des pauvres pécheurs dont la foi n’est même pas solidement fondée ! Parmi eux, il y a Simon Pierre qui le reniera et les trois autres (André, Jean et Jacques) qui vont l’abandonner au moment de la passion ! Pourtant, il les établit lumière du monde et sel de la terre…

Nous aussi, aujourd’hui, répondant à l’appel du Seigneur avec nos faiblesses, nous voici placés comme des lumières par Celui qui est la Lumière de tous. Ça veut dire que c’est en Christ que nous sommes lumière, nous ne le devenons pas grâce à la somme de nos connaissances ou de nos expériences spirituelles, mais grâce à Lui qui nous enseigne sa Parole et nous donne son Esprit-Saint.

Le Seigneur Jésus nous donne une lumière à transmettre et non pas à garder, c’est pourquoi il dit : « On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau. » La lampe sous le boisseau, c’est une lumière cachée/étouffée qui ne remplit pas sa fonction, qui ne sert à rien… sinon à provoquer un incendie… La fonction de la lampe c’est d’éclairer et non de rester cachée, de même la fonction du disciple du Christ consiste à briller, diffuser la lumière qu’il a reçue, par son témoignage et sa façon d’agir. Par la proclamation de l’amour que Dieu a manifesté en Jésus-Christ, par l’amitié partagée et la solidarité avec ceux qui souffrent, par le combat contre l’injustice, par le travail honnête et le respect de tous, par l’amour et la douceur manifestés à chacun, vous faites briller la lumière du Christ dans le monde. C’est en évangélisant/témoignant que nous sommes lumière du monde.

 

Mais il arrive que la lumière faiblisse quand le découragement nous gagne. Il arrive aussi que nous nous mettions en colère, je ne parle pas de la petite contrariété qui est rapidement surmontée et oubliée, je parle de la vraie colère, celle qui nous enflamme au point qu’on ne se maîtrise plus. Dans ces moments-là, nous ne sommes plus la lumière qui brille, nous sommes un feu qui embrase tout, et il faut absolument nous arrêter… Car avec le feu de la colère, plus personne ne voit la douce lueur de l’évangile qui est pourtant bien là et qui brille en nous, on ne voit plus que la colère et ses effets dévastateurs…

Pas facile d’être sel et lumière du monde, mais le Seigneur lui-même vient à notre secours.

 

Conclusion :

Alors brille, mon frère/ma sœur, non pas pour que le monde te voie, mais pour qu’il voie le visage de son Sauveur. Brille de toute la force qui t’est donnée d’en-haut, et sois une lumière sur les pas de ton prochain.

Brille, toi qui as goûté que le Seigneur est bon, brille là où le monde a perdu la saveur de l’amour de Dieu, là où le mal et la haine règnent, pour que les gens retrouvent le goût de l'amour, de la paix, de la réconciliation.…

Brille pour ceux qui n'ont plus que la saveur de l'injustice, de la misère et du désespoir, pour ceux dont la vie est tellement chargée de peine qu'elle est devenue fade, absurde...

Certes, nous ne sommes pas parfaits, mais Dieu nous fait grâce, c’est pourquoi nous pouvons continuer avec humilité et reconnaissance à diffuser la saveur et la lumière de Christ aux pécheurs dont nous sommes les premiers, à l'image du roi David, le meurtrier d'Urie devenu grand chantre de l'Éternel, ou encore l'apôtre Paul, persécuteur des chrétiens devenu le fondateur de nombreuses églises...

 

Oui, frères et sœurs, vous êtes le sel et la lumière de Dieu dans le monde : c'est un immense honneur et une vocation merveilleuse. Que le Seigneur nous donne par son Esprit de porter cette vocation avec joie et espérance. Amen.

 


[1] C’est à l’époque du schisme : Israël est divisé en deux, il y a le royaume nord (Jéroboam) et le royaume sud (Abija).

 

Publié le 29/03/2017 @ 21:03  Prévisualiser  Imprimer l'article

Dimanche 26 mars 2017 - par Ruth-Annie Coyault

Culte au Centre Huit

Assemblée générale

 

Le choix de Dieu…

1 Samuel 16, 1-13 Le Seigneur choisit David comme nouveau roi

 

« Le SEIGNEUR dit à Samuel : Jusqu'à quand pleureras-tu sur Saül ? Moi, je l'ai rejeté : il ne sera plus roi sur Israël. Remplis ta corne d'huile et va. Je t'envoie chez Jessé, le Bethléhémite, car j'ai vu mon roi parmi ses fils. Samuel dit : Comment irais-je ? Saül l'apprendra et il me tuera. Le SEIGNEUR dit : Tu emmèneras avec toi une génisse et tu diras : « Je viens offrir un sacrifice au SEIGNEUR. » Tu inviteras Jessé au sacrifice ; je te ferai savoir moi-même ce que tu dois faire, et tu conféreras pour moi l'onction à qui je te dirai.

Samuel fit ce que le SEIGNEUR avait dit ; il se rendit à Beth-Léhem. Les anciens de la ville vinrent en tremblant à sa rencontre et lui dirent : Bienvenue ! Il répondit : Bonjour ! Je viens pour offrir un sacrifice au SEIGNEUR. Consacrez-vous et venez avec moi au sacrifice. Il consacra aussi Jessé et ses fils et les invita au sacrifice.

Lorsqu'ils arrivèrent, il se dit, en voyant Eliab : A coup sûr, le SEIGNEUR a devant lui l'homme de son onction ! Mais le SEIGNEUR dit à Samuel : Ne prête pas attention à son apparence et à sa haute taille, car je l'ai rejeté. Il ne s'agit pas de ce que l'homme voit ; l'homme voit ce qui frappe les yeux, mais le SEIGNEUR voit au cœur. Jessé appela Abinadab et le fit passer devant Samuel. Samuel dit : Le SEIGNEUR n'a pas non plus choisi celui-ci. Jessé fit passer Shamma, et Samuel dit : Le SEIGNEUR n'a pas non plus choisi celui-ci. Jessé fit passer sept de ses fils devant Samuel, et Samuel dit à Jessé : Le SEIGNEUR n'a choisi aucun d'eux.

Puis Samuel dit à Jessé : N'y a-t-il plus d'autres jeunes gens ? Et il répondit : Il reste encore le petit, mais il fait paître le troupeau. Alors Samuel dit à Jessé : Envoie quelqu'un le chercher, car nous ne nous installerons pas avant qu'il soit arrivé ici. Jessé l'envoya chercher. Or il était roux, il avait de beaux yeux et une belle apparence. Le SEIGNEUR dit à Samuel : Confère-lui l'onction, c'est lui ! Samuel prit la corne d'huile et lui conféra l'onction parmi ses frères. A partir de ce jour-là, le souffle du SEIGNEUR s'empara de David. Quant à Samuel, il s'en alla à Rama. »

 

PRÉDICATION    

Le choix de Dieu, tout un programme…

On est pris aux entrailles avec ce récit émouvant où le prophète Samuel pleure parce que le roi Saul est rejeté par Dieu. Samuel est inconsolable, mais le Seigneur va sécher ses larmes et lui permettre de rencontrer celui qui remplacera Saul. En lisant les chapitres précédents, on apprend que Saul a désobéi à Dieu à plusieurs reprises, aussi Dieu s’est retiré de lui et s’est mis à la recherche d’un autre roi. Ce nouveau roi, Dieu va le trouver à Bethléem dans la maison de Jessé (Isaïe), et la façon dont le futur roi est désigné paraît pour le moins déconcertante : les fils de Jessé défilent devant Samuel, et à sept reprises le prophète déclare : « Dieu n’a pas choisi celui-ci. » À sept reprises, Dieu dit : ‘Non, rejeté.’ Même les trois fils aînés qui sont soldats dans l’armée d’Israël, les vaillants guerriers qui combattent pour le peuple de Dieu sont rejetés. Et quel est celui qui contente le Seigneur ? C’est le dernier-né de la famille, celui que son propre père appelle « le petit/le cadet », avec ce mot hébreu, qatan, qui signifie aussi le faible/moindre /insignifiant/ sans importance

David est le fils de moindre importance que son père a écarté de la cérémonie d’onction du futur roi d’Israël, parce qu’il l’a estimé trop petit, trop jeune pour y participer. Le père Jessé privilégie les plus grands de ses fils et il a tort, car le choix de Dieu se porte finalement sur le petit dernier qu’on avait relégué à garder les moutons. On se demande ce qui justifie un tel choix, et l’idée même que Dieu puisse rejeter une personne et en choisir une autre n’est-elle pas choquante ? Si on essaie de s’approprier ce texte pour nous aujourd’hui, dans l’église, qu’est-ce que ça donne ? Comment le Seigneur nous choisit-il pour travailler dans son église ?

 

David a été choisi pour la même raison qui poussait son père à l’écarter : il était petit… D’après les coutumes de l’époque, ce n’était pas la meilleure position, car c’est l’aîné qui est l’héritier de la famille, c’est à lui qu’est réservée l’onction ou la bénédiction des parents et de Dieu, parce que c’est lui qui aura la charge de s’occuper de la famille et de la faire prospérer. Mais la Bible nous apprend que le Seigneur prend volontiers quelques libertés face à ces coutumes d’hommes : Isaac réservait sa bénédiction pour Ésaü (Genèse 27), Joseph voulait que son fils aîné soit béni de la main la droite de son père pour qu’il garde la primauté (Genèse 48), mais à chaque fois, Dieu s’en mêle et c’est le plus petit qui rafle la mise ! On se demande alors si le bon Dieu n’a pas ses préférences, mais il n’en est rien, la petitesse dans la Bible a un sens spirituel très profond, c’est la petitesse au sens de l’humilité, au sens de savoir s’abaisser devant Dieu. Être petit ou trop jeune ne représente donc pas un obstacle à l’onction divine, au contraire : c’est précisément ce qui qualifie David, c’est la petitesse dont le Seigneur a besoin pour commencer à travailler en nous…

Lorsque nous sommes petits à nos propres yeux (ne voyez pas la petitesse physique, mais intérieure), lorsque nous sommes des enfants, humblement assis aux pieds du Seigneur, lorsque nous ne nous prenons pas pour des géants de la foi qui savent tout et qui peuvent tout, c’est ainsi que le Seigneur nous veut, c’est dans cet état d’esprit-là qu’il nous choisit pour être à son service… Dieu ne cherche pas les géants de la foi, les purs/les parfaits qui ont 10/10 dans toutes les épreuves, les croyants qui sont montés tellement haut dans leur expérience de vie et de foi qu’ils n’arrivent plus à redescendre au niveau des autres qui pataugent dans la petitesse/bassesse… Dieu cherche ceux qui seront assez petits pour l’écouter et lui obéir, pour ne pas tomber dans l’orgueil et tout gâcher, comme l’a fait Saul. Et peu importe si notre foi est encore balbutiante, mal assurée, peu importe si nous sommes encore des bébés spirituels. Au fil du temps, le Seigneur nous donnera de l’assurance, il redressera nos convictions comme il l’a fait pour Samuel qui regardait à l’apparence au lieu de regarder le cœur. Avec le temps, Dieu nous rendra plus forts et nous donnera de l’intelligence pour comprendre quelle est sa volonté.

 

Dans les évangiles, le Seigneur Jésus, d’une certaine manière, choisit aussi ceux qui sont petits : ses premiers disciples ne font pas partie de la haute société, ce sont de modestes marins pécheurs, ce sont les petits du peuple qu’il va former lui-même pour en faire des apôtres. L’enseignement que nous tirons de cela, c’est que le Seigneur nous appelle à le servir dans un esprit d’humilité, dans la petitesse. Dieu nous appelle à être l’enfant qui reçoit de la part de son Père l’onction particulière, l’enfant qui est petit non pas du point de vue de l’âge, mais dans le cœur, l’enfant qui écoute son Père et lui obéit. Être un enfant dans son cœur, un enfant qui se réjouit d’être choisi par Dieu, même si la tâche qui nous est confiée n’est pas toujours facile à assumer. C’est le Seigneur qui nous forme et qui nous aide à accomplir notre mission. Aujourd’hui, l’église forme des pasteurs, des prédicateurs laïcs, des moniteurs de catéchisme, des animateurs d’activités ecclésiales, on a vraiment tout ce qu’il faut en termes de formation, de connaissances et de compétences pour faire vivre l’église, comme disait l’apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe, « vous êtes comblés de richesses en ce qui concerne la Parole et la connaissance… Il ne vous manque aucun don… » (1 Corinthiens 1, 5-7). Mais tout cela ne sert à rien si dans notre cœur nous ne sommes pas le petit/l’enfant que Dieu forme lui-même intérieurement pour le rendre apte au service. Nos connaissances et nos compétences ne servent à rien si elles ne sont pas habitées par l’humilité/la petitesse qui fait de nous des enfants de Dieu

 

Pour discerner le choix de Dieu, il faut pouvoir sortir de notre nostalgie et de nos lamentations… Samuel pleurait et se lamentait parce que Saul n’était plus le roi qui plaît au Seigneur, et nous aussi nous nous lamentons parfois, parce que dans l’église, les choses ne se passent pas comme nous le voudrions, ceux qui ont servi pendant de longues années arrêtent leurs engagements, et nous sommes désemparés parce que nous ne savons pas qui pourra les remplacer… Mais le Seigneur a un plan merveilleux pour son peuple et pour son église, il a trouvé un roi pour remplacer celui qui ne pouvait plus être roi, il trouvera parmi nous les serviteurs dont il a besoin pour que son église vive et que la bonne nouvelle soit annoncée, partagée et répandue tout autour de nous…

L’église, c’est le lieu où l’espérance repart toujours, le lieu où la Parole de Dieu nous apprend à ne plus nous lamenter : ‘Ah… Quand untel était là, ça marchait bien, on faisait comme ceci et comme cela…’ C’est vrai, il y a des gens qu’on regrette forcément, des fidèles qui ont beaucoup apporté à l’église, des aînés dans la foi qui ont merveilleusement travaillé pour le Seigneur et participent encore activement à la vie de la paroisse, et la trace de leur engagement restera marquée dans la communauté. Mais aujourd’hui, le Seigneur nous envoie comme Samuel à qui il a dit : ‘Lève-toi et donne l’onction au petit David.’ Le Seigneur nous appelle à nous lever pour travailler avec tous : les aînés et les plus jeunes, les plus expérimentés et ceux qui n’ont pas d’expérience, ceux qui connaissent l’église et ceux qui commencent juste à la découvrir, ceux qui maîtrisent nos traditions protestantes et ceux qui n’y connaissent rien, ceux qui sont des soldats aguerris de Jésus-Christ et ceux qui commencent seulement à faire leurs armes spirituelles…

Nous sommes tous appelés à travailler ensemble, simplement, la parole de Dieu nous exhorte à ne pas mettre nos vues humaines en avant. Laissons le Seigneur nous montrer tous les David cachés dans la communauté, tous ceux qui semblent « petits » et qui sont en réalité de valeureux serviteurs du Très-haut, courageux face au danger et à la difficulté comme l’était David, persévérants dans les projets les plus ambitieux, efficaces et bien plus forts qu’on imagine, déterminés et craignant le Seigneur, comme le sera David tout au long de sa vie…

Il suffit de mettre de côté les préjugés, les schémas préétablis, les visions de la communauté qui ne sont pas forcément celles de Dieu, tout comme Samuel a dû laisser de côté la vision qu’il avait du roi parfait pour Israël…

Il suffit d’écouter le Seigneur qui nous dit de ne pas regarder à l’apparence, mais au cœur… Discerner le talent caché que Dieu met en chacun pour faire vivre son église, reconnaître chaque fidèle à sa juste valeur, sans le mépriser ou le diminuer, à l’instar du père de David qui jugeait son fils trop petit/insignifiant pour devenir roi, et pourtant c’est lui que Dieu a jugé à la hauteur de cette lourde fonction…

 

D’une certaine façon, l’onction de David rappelle l’histoire personnelle de Samuel qui était lui aussi un enfant lorsque Dieu l’a appelé pour la première fois (1 Samuel 3). Alors qu’il est devenu un vieil homme, il se fait à nouveau surprendre par le Seigneur qui l’envoie vers un enfant pour lui annoncer qu’il est choisi et appelé pour le divin service, mais cette fois-ci ce sera à la tête du pays... Laissons-nous surprendre par le Seigneur, devenons les instruments humbles et obéissants comme Samuel, des instruments par lesquels Dieu révèle la vocation de nos frères et sœurs… Et ne regrettons pas, ne nous lamentons pas lorsque le Seigneur choisit d’autres personnes pour entrer à son service, réjouissons-nous plutôt de découvrir que notre Dieu nous ajoute des collaborateurs, sans cesse il qualifie de nouvelles personnes pour le servir, et même les plus petits, les humbles, même les enfants sont pour lui des serviteurs de choix…

 

Nous sommes là parce que Dieu nous veut à son service, et il ne se laisse pas arrêter par nos arguments, nos préférences et nos prétextes, il ne se laisse même pas arrêter par notre petitesse morale… En effet, la petitesse peut aussi être comprise au sens de la faiblesse/bassesse/pauvreté morale, on est petit dans ses agissements, et pourtant Dieu nous choisit… Dans les évangiles, Jésus sait que Judas le trahira, il dit : « N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ? Et l'un de vous est un démon/diabolos (adversaire) ! » (Jean 6, 70). Mais le Seigneur ne renie pas son choix, il garde Judas comme disciple jusqu’à la fin, c’est dire tout l’amour avec lequel Dieu regarde l’homme, nous regarde...

 

Lorsque Dieu nous choisit, il ne fait pas de discrimination au sens où il va prendre les meilleurs et laisser les moins bons sur le côté. Le choix de Dieu n’est pas non plus discriminant au sens où il prend les plus petits qui sont attendrissants/les jeunes et il délaisse les plus grands/les vieux : le Seigneur ne rejette pas le vieux Samuel, malgré le fait qu’il se lamente et regrette le roi déchu, et même Saul qui est rejeté restera au pouvoir pendant de longues années encore, ce qui signifie que les choix de Dieu laissent toujours de la place pour tous, y compris pour ceux qui lui désobéissent ou ceux qui regrettent ses décisions…

Lorsque Dieu nous choisit, il fait preuve d’une miséricorde insondable, car il prend ce qui est petit/méprisé/insignifiant, et il l’élève pour en faire ce que l’apôtre Paul appelle des vases d’honneur (2 Timothée 2, 20-21). Lorsque le Seigneur nous choisit, il manifeste son amour en nous prenant avec nos défauts/manquements, notre petitesse morale et spirituelle… Il ne nous choisit pas parce que nous sommes purs/sans tâches et prêts à l’emploi, il nous choisit parce que derrière notre petitesse, derrière notre manque de hauteur et d’expérience dans la foi, il a vu notre valeur et il veut œuvrer avec nous … Derrière la faiblesse d’homme et les bassesses que parfois nous reconnaissons nous-mêmes comme des agissements qui sont vraiment « petits », le Seigneur voit, non pas une personne méprisable et sans importance, mais un serviteur qu’il veut former lui-même, un vase dont il veut façonner l’argile, un instrument de valeur qui servira dans sa maison…

Ne tombons donc pas dans le piège de croire que Dieu a ses préférences et que ce texte en donne la confirmation. Non, Dieu ne discrimine personne, il n’a pas de chouchou, il ne s’attache pas aux compétences, aux qualités, aux capacités, à la grandeur/l’excellence des gens, il ne nous choisit pas en fonction de notre grandeur morale ou spirituelle, sinon nous serions nombreux à être laissés sur le côté, rejetés comme Saul...

Le Seigneur choisit toute personne qui veut bien venir humblement à lui. Ce qui compte, c’est d’être un petit/un enfant dans notre cœur, comme David.

 

Conclusion :

La parole biblique de ce matin nous exhorte à accueillir le choix de Dieu dans nos vies, le choix de Dieu pour nous, pour l’église et pour le monde, sans se laisser aveugler par les apparences et par l’orgueil.

Le Seigneur t’appelle aujourd’hui, il te choisit dans ta petitesse, car c’est sa joie de te mettre en valeur et de t’honorer. Le Seigneur te regarde avec amour et vient à ta rencontre avec une huile d’onction et de bénédiction. « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, dit Jésus, mais moi, je vous ai choisis et je vous ai établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » (Jean 15, 16). Parole du Seigneur. Amen

Publié le 29/03/2017 @ 21:01  Prévisualiser  Imprimer l'article
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